Quand la conduite est virtuelle

Quand la conduite est virtuelle
Photos par -Autonet.ca
MARC BOUCHARD
Publié: 01 08 2010

Expérience de simulation

Quand on apprend à conduire, on le fait d’abord dans une salle de classe, pendant quelques heures d’enseignement théorique. Puis, une fois les principes de base bien compris, il faut prendre le volant. Malheureusement, cette simulation pratique se déroule souvent en plein trafic, rendant l’apprentissage un peu plus difficile en raison de la nervosité qui nous habitue. Et surtout, de la présence de nombreux autres véhicules qui nous entourent et qui n’ont pas nécessairement la patience d’attendre la fin de notre apprentissage.

C’est pourquoi certaines écoles de conduite ont choisi d’offrir un peu de plus-value à leurs élèves, et moyennant quelques dollars supplémentaires, de leur offrir l’occasion d'apprendre à conduire de façon virtuelle avant de se lancer vraiment à l'assaut du tarmac.

C'est exactement ce qu'a choisi de faire l'école de conduite Jasmil, de St-Hyacinthe, précurseure et presque seule au Québec dans cette position. Mais François Lafortune, un des dirigeants, souhaite bien que d'autres emboitent le pas. « On ne parle pas ici d'un jeu vidéo, mais bien d'une situation d'apprentissage. Nous établissons une liste de scénarios, et nous installons l'élève derrière le volant. Il utilise alors toutes ses ressources pour apprendre comment réagir, et comment se comporter, sans risque pour lui ou pour les autres. Une fois cette étape facultative terminée, il est plus expérimenté et encore plus préparé à commencer sa formation pratique » a-t-il expliqué.

Car il convient de le préciser, la formation sur simulateur est facultative, et n'est, du moins pour le système Faros dont Jasmil est devenu le distributeur canadien, pas encore reconnue par la Société de l'assurance automobile du Québec et les heures au volant virtuel ne sont donc pas calculées dans le total obligatoire des heures de formation exigées. « C'est un service supplémentaire, un petit plus. Mais je suis persuadé que les élèves en profitent.»

Et la simulation n'est pas seulement automobile. L'école s'est aussi dotée d'un simulateur, haut de gamme cette fois, pour la moto, et un autre pour les autobus et les poids lourds. Le principe est le même, mais la qualité de simulation exceptionnelle rend la conduite sur route presque enfantine une fois la formation terminée.


Au volant

Un petit test de réalisme devenait donc nécessaire. Premier constat: les scénarios proposés sont génériques, mais rejoignent les plus grandes connaissances nécessaires pour la conduite automobile.

Imaginez,  le simulateur protestera même si vous n'attachez pas votre ceinture, et refusera de démarrer si vous omettez de retirer le frein à main. Et une fois sur la route, le programme préparé pour vous vous fera rencontrer piéton, trafic ou autres véhicules, toujours dans des conditions moins qu'idéales afin de vous apprendre à tout maitriser. Un guide vocal vous accompagne, vous guide... et souligne à voix haute vos erreurs. Ce qui, je l'admet, s'avère parfois difficile pour l’orgueil du conducteur expérimenté que je suis.

Petit défaut cependant, même si la simulation permet de ressentir dans le volant les accidents de la route, le simulateur lui-même n'a aucun mouvement. Et comme la conduite se fait aussi bien avec les mains, les yeux qu'avec le corps, il manque un petit quelque chose au réalisme de la chose.

« Nous utilisons le simulateur pour vous permettre d'acquérir des connaissances. Ce n'est que sur la route que vous les mettrez réellement à l'épreuve. Vous n'aurez peut-être pas toute l'émotion, mais même s'il en manque peu, mais vous saurez au moins comment réagir dans chaque situation», souligne François Lafortune.

Détail intéressant, le simulateur offre trois écrans à l'avant, et deux à l'arrière de façon à permettre la pratique des surveillances latérales et des angles mort. Comme on devrait tous le faire, tous les jours et en toute circonstances.... n'est-ce pas?


Et derrière le guidon

Deuxième exercice, cette fois sérieusement plus périlleux pour mon honneur, j'ai pris place aux commandes du simulateur de moto, formé d'un véritable squelette de motocyclettes installés devant 3 écrans de grand format. Premier avertissement: je n'ai pas de permis de moto, et je n’y ai pas posé les fesses depuis plusieurs décennies. Ma dernière expérience remonte à l'âge tendre de 18 ans, ce qui augure bien mal.

Second avertissement: je n'ai plus non plus la taille de guêpe de mes 18 ans. Me hisser sur la moto me semblait donc un important défi.

Mais je l'avoue, dans les deux cas, le défi n'a pas été si complexe. Je me suis rapidement senti à l'aise sur la moto, et la simulation m'a permis de me rendre compte que je pourrais sans doute apprendre rapidement. Mais l'expérience est impressionnante.

La moto, contrairement à l'auto, dispose d'un système de rétroaction qui fait ressentir chaque mouvement de la route. Les connaisseurs l'apprécieront aussi, le simulateur propose même le contre braquage, une expérience que l'on connait uniquement quand on roule à plus haute vitesse sur ces bolides.

Bref, il m'a fallu moins de quelques secondes pour démarrer, quelques minutes pour apprendre le slalom. Mais il m'a aussi fallu quelques dixièmes de seconde d'inattention pour faire une chute, virtuelle heureusement, qui s'est soldé sans blessure et sans dégât.

« Vous venez de vivre exactement ce qu'est la réalité: on conduit sans dommage. Mais une fois assis sur une vraie moto, les phénomènes physiques sont similaires, et la conduite devient un jeu d'enfant», explique François Lafortune.

Encore une fois, la simulation est une option que l'on propose, mais qui n'est pas obligatoire. « Nous savons que la simulation ne remplacera jamais totalement la pratique sur route. Mais je suis persuadé qu'elle agit comme un complément essentiel, et surtout fort réaliste», conclut François Lafortune.

Actuellement, au Québec, peu d'écoles de conduite possèdent ce genre d'installation, un équipement de plusieurs dizaines de milliers de dollars importés d'Europe.  Ce qui explique l’enthousiasme de monsieur Lafortune pour Faros.

Notez qu'un troisième type de simulateur, destiné aux chauffeurs de camion lourd, est aussi disponible. Mais après avoir fait quelques kilomètres à moto, je trouvais mon expérience bien suffisante.... pour le moment.

Plus de nouvelles

Essais routiers

Volkswagen Up!: l'européenne qu'on rêve d'adopter

Essais routiers

Fiabilité, commodités… pourquoi pas les deux pour...

Essais routiers

Une Hyundai...mais qui suis-je?

Essais routiers

Expérience hivernale

Essais routiers

Celle qu'on connait, mais maintenant intégrale

Essais routiers

Le courant passe jusqu'au compte

S'INSCRIRE ou Se désinscrire