Volkswagen Jetta TDI 2009

Volkswagen Jetta TDI 2009

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Photos par -Autonet.ca
Marc Lachapelle
Publié: 13 02 2009

L'express écolo pour Détroit

Le principe est simple: Je suis journaliste automobile et mon métier est d’essayer des voitures. Mon premier réflexe, lorsque je dois me déplacer pour assister à un lancement ou tout autre événement, est de vouloir m’y rendre au volant du véhicule d’essai du moment. Pour un lancement en Europe ou en Californie l’avion offre des avantages évidents mais si l’endroit est le moindrement accessible, je n’hésite pas une seconde à prendre le volant. Ce qui m’a valu de boucler bon nombre de trajets de quelques centaines de kilomètres, parfois même de quelques milliers, au fil des années. Je n’en jamais regretté une seule seconde.

Un road trip annuel à Détroit
Lorsque le salon de Détroit s’est hissé au rang des grands salons internationaux en recevant la sanction de la prestigieuse OICA (Organisation internationale des constructeurs d’automobiles) en 1989, j’avoue l’avoir boudé. C’était franchement trop tôt, immédiatement après le Jour de l’an, avec de jeunes enfants à la maison. Mais ce salon est trop gros et trop important pour un journaliste. J’y suis donc allé l’année suivante et à chaque année depuis, toujours sur quatre roues.

Pour mon 20e pèlerinage annuel au Salon de Détroit, j’ai immédiatement songé à la Volkswagen Jetta et au nouveau moteur diesel dont on peut l’équiper depuis l’automne dernier. Ce nouveau TDI (pour turbocompressé à injection directe mais en anglais) produit 140 chevaux à 4 000 tr/min et surtout un généreux 236 lb-pi de couple à seulement 1 750 tr/min. Contrairement aux nouveaux diesels ‘propres’ des autres constructeurs allemands, le TDI élimine environ 90 % de l’oxyde d’azote (NOx) sans injection d’urée, à l’aide surtout d’un filtre sans entretien qui est placé à la sortie du catalyseur et d’un filtre à particules.

Ayant déjà essayé une paire de berlines TDI avec la boîte manuelle et la boîte séquentielle mécanique à double embrayage automatisé (DSG), en plus d’une familiale avec le moteur à essence, j’espérais partir pour Détroit avec la familiale à moteur TDI. Hélas, c’était la seule voiture disponible et elle était attendue au salon de Montréal.

Je n’ai pas hésité à prendre la route avec une des berlines TDI déjà essayées, surtout que son coffre immense et bien fini offre une sécurité accrue. On y trouve aussi un compartiment ouvert parfait pour le bidon de lave-glace. J’ai préféré le modèle équipé de la boîte séquentielle DSG à six rapports, même s’il concède 1 L/100 km sur papier à la manuelle. Le levier de celle-ci est assez agréable et précis mais son embrayage est léger et peu progressif.

Du souffle et de l’aplomb
De toute manière, la boîte DSG est superbement adaptée aux caractéristiques du moteur TDI. Je ne suis pas le seul journaliste qui l’ait abord prise pour une boîte automatique conventionnelle tellement les rapports passent en douceur. Elle se trahit seulement au démarrage: plus on donne d’accélérateur et plus la secousse est forte lorsqu’elle embraye sur le premier rapport.

Sur l’autoroute, le couple du moteur TDI et la DSG font merveille. Certaines sections de la 401 sont tout sauf plates lorsqu’elle serpente en ondulant sur l’épine du bouclier laurentien. Or, en vingt ans, aucune des voitures à boîte automatique que j’ai conduites vers Détroit ne pouvait grimper ces longues pentes sans rétrograder sec d’un ou deux rapports si le régulateur de vitesse était enclenché. Avec la Jetta TDI, aucun problème. Elle grimpe allègrement sans que le régime du moteur – qui tourne à un peu moins de 2 500 tr/min à 120 km/h – ne varie d’un iota. La conduite en est d’autant plus relaxe.

La précision de la direction et la qualité de la tenue de cap ajoutent au plaisir de la conduite au long cours. Il n’y a ni jeu, ni flou en position centrale et l’effort de la servodirection est juste assez ferme. Les réactions de la berline TDI sont toutefois différentes sur chaussée enneigée. Le train avant incisif qu’on apprécie en amorçant un virage sur le sec provoque plutôt un bon sous-virage quand on fait la même chose sur un virage glissant, malgré les pneus d’hiver Pirelli Snowsport Winter 210 de taille 205/55 R16 qui étaient montés sur la voiture d’essai. Une fois prévenu, on laisse l’avant mordre et la Jetta pivote aussitôt mais là il faut gérer un début de survirage.

La réaction est semblable sur une route enneigée ou glacée, où il faut prendre garde de faire décrocher l’arrière en changeant de voie, par exemple, même si la voiture est dotée de l’antidérapage ESP. Cette sensibilité est sans doute due en partie au profil et au centre de gravité relativement hauts de la berline. Je m’y suis cependant vite habitué et j’ai pu facilement maintenir un très bon rythme en traversant la tempête de neige qui a sévi des abords de Toronto jusqu’à Windsor. Suffit d’y aller mollo du volant. Je me suis malgré tout demandé pourquoi Volkswagen n’offrirait pas une TDI à quatre roues motrices, même au prix d’une consommation un peu plus forte. Le moteur a certainement tout le couple qu’il faut pour l’entraîner.

Le poste de commande
Le volant sport à trois branches a juste la bonne taille et la texture de sa jante gainée de cuir est fort agréable. La position de conduite est très correcte, avec un volant inclinable et télescopique, un siège facilement réglable et un grand repose-pied. Comme c’est souvent le cas dans une Volkswagen ou une Audi, par contre, la console centrale est large vers l’avant et le conducteur s’y frotte facilement le genou droit.

L’ergonomie des contrôles et des commandes est par ailleurs très réussie en général. Pas de fioriture inutile; tout est simple, clair et efficace, des trois molettes classiques de la climatisation aux grands boutons de la radio. Les cadrans sont grands, clairs et parfaitement lisibles le jour. Ça se gâte cependant en conduite de nuit puisque Volkswagen s’entête effectivement à utiliser un éclairage bleu trop faible pour les cadrans. Le truc était sympathique lorsque la New Beetle a été lancée, il y a plus de dix ans, mais y’en a un peu marre maintenant.

Autre irritant: les commandes du régulateur de vitesse sont plaquées sur le levier des clignotants à gauche du volant, une technique que même les Américains ont abandonnée depuis belle lurette. De plus, elles sont rudimentaires et peu conviviales. Volks peut certainement faire mieux.

La moins assoiffée
Depuis quelques années, j’effectue le trajet entier vers Détroit et au retour à exactement 118 km/h pour obtenir des chiffres de consommation réalistes et comparables d’une année à l’autre. J’utilise systématiquement le régulateur de vitesse en vérifiant la vitesse réelle au moyen de mon fidèle appareil GPS. J’ai choisi cette vitesse à l’origine parce qu’elle respecte la supposée zone de tolérance de la force constabulaire tout en permettant de voyager à bon rythme, en toute sécurité.

Mais les temps changent et avec eux le prix du carburant et nos habitudes de conduite. Je songe maintenant à réduire ma vitesse à 110 km/h, ou peut-être encore moins. Le confort des sièges et la qualité de la sono seraient alors encore plus importants. Or, les baquets avant chauffants drapés de cuir de la version Highline essayée sont corrects mais j’ai connu mieux. Quant à la chaîne audio à dix haut-parleurs et avec changeur de CD à 6 disques de ce modèle, sa belle sonorité fut longuement appréciée sur ce trajet de près de dix heures.

J’aurais pu me rendre à Détroit d’un seul trait, avec le réservoir de 55 litres et la frugalité assez exceptionnelle de la Jetta. Mais le corps humain a des limites qu’elle ne connaît pas et j’ai préféré faire le plein au cœur de la tempête, par simple précaution. Tous calculs faits, la TDI a inscrit une moyenne de 6,17 litres aux 100 km pour cette virée d’un peu moins de 2 000 kilomètres bouclée en plein mois de janvier, par des températures d’environ -20oC, sur des pneus d’hiver et en pleine tempête sur quelques centaines de kilomètres ce qui n’aide vraiment pas la moyenne. C’est un peu mieux que les 6,25 L/100 km enregistrés précédemment sur le même trajet, avec une Civic Hybride.

Mission accomplie, donc, pour cette berline Jetta TDI qui est presque la voiture idéale pour un automobiliste québécois: Élégante, confortable, pratique, remarquablement frugale et plutôt agréable à conduire, il ne lui reste qu’à confirmer les progrès récents des Volkswagen en fiabilité. Et je soupçonne encore la familiale TDI d’être meilleure que la berline.

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Sommaire:

Véhicule d'essai
Volkswagen Jetta 2009
Prix du modèle à l'essai
33 435 $
échelle de prix
24 275 $ à 31 275 $
Frais transport
1 360 $
Options
Antidérapage ESP (450 $) Coussins gonflables latéraux arrière (450 $)
Mensualité approx. à l'achat (60 mois, 0$ comptant, taxes incluses)
695 $ (3.9 %)
Mensualité approx. à la location / valeur résiduelle (48 mois, 0$ comptant, taxes incluses)
593 $ / n.d. (3.9 %)
Consommation rapportée
6,17 l/100km
Garantie de base
4 ans ou 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
5 ans ou 100 000 km
Concurrence générale
Honda Civic Hybride, Honda Insight, Toyota Camry Hybride, Toyota Prius

Pour

Contre

  • - Moteur TDI et boîte DSG superbes
  • - Bonne position de conduite
  • - Consommation très faible
  • - Très bonne routière
  • - Coffre immense et bien fini
  • - Éclairage bleu des cadrans
  • - Console centrale large
  • - Régulateur de vitesse archaïque
  • - Conduite délicate en virage sur neige
  • - Fiabilité et durabilité à démontrer

Fiche d'appréciation:

Consommation d'essence
On ne trouve pas mieux actuellement
Valeur subjective
Amalgame unique d'espace, d'économie et d'aplomb
Esthétique
Plus ronde et anonyme, sauvée par le gros écusson VW
Confort
Bon équilibre entre confort et tenue de route vive
Performance
Moteur remarquablement souple et boîte DSG géniale
Appréciation générale
Serait pratiquement idéale avec un rouage intégral

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