Ford Fusion Hybride 2010

Ford Fusion Hybride 2010
Photos par -Autonet.ca
Jacques Bienvenue
Publié: 15 11 2009

Les voitures à groupe motopropulseur hybride se multiplient, et Ford y contribue. Avec la berline Fusion hybride, ce fabricant américain offre désormais une alternative à la Camry hybride. Dans l'esprit des consommateurs, "la" voiture hybride par excellence demeure la Toyota Prius. Et ce, même si Honda a été la première marque à commercialiser une voiture hybride (la biplace Insight en 2001). Le marketing efficace de Toyota et l'attrait de son modèle, qui en est maintenant à sa troisième génération, ont vite relégué à l'oubli la petite Insight de première génération. En marge de ces modèles, qui ont indubitablement marqué l'histoire de l'automobile, il existe désormais de plus en plus de voitures hybrides. Toyota, entre autres, en propose une qui garde assez discrètement le secret de son mode de propulsion. Il s'agit de la Camry hybride. Sans rien laisser paraître, elle procure à son utilisateur un habitacle très spacieux et une faible consommation, tout en ressemblant à n'importe quelle autre Camry. Il existe maintenant une berline de marque américaine capable de rivaliser avec les meilleures hybrides, Camry et Prius incluses. Il s'agit de la Ford Fusion hybride.

La nouvelle rivale

La Ford Fusion est une berline spacieuse capable d'accueillir confortablement quatre adultes pour de longs trajets. Le modèle actuel est proposé avec divers groupes motopropulseurs : un 4-cylindres et deux V6, mais aussi un groupe motopropulseur hybride. Ce dernier, dont nous avons fait l'essai de nouveau récemment, est le second qui est commercialisé par Ford. Le premier groupe hybride, celui de l'utilitaire Escape hybride, a été lancé en 2004. Or, la construction de cette Fusion inspire la solidité. Une balade sur les routes cahoteuses de la ZEC Batiscan-Nelson, qui servent au transport du bois, nous a démontré que son châssis offre une rigidité rassurante, franche de bruits de caisse parasites. On est loin des voitures américaines de ma jeunesse...

Grande transparence

Son groupe motopropulseur hybride fait preuve d'une grande transparence. Le passage d'un mode de fonctionnement à l'autre (100 % thermique, mixte thermique/électrique ou 100 % électrique) reste parfaitement imperceptible. Rien ne laisse croire qu'il y a une mécanique si inhabituelle sous le capot. Cette Fusion dispose d'un 4-cylindres de 2,5 litres, la même cylindrée que le moteur de la Fusion de base, une voiture "ordinaire". Comme le moteur de l'Escape hybride, le moteur de la Fusion hybride utilise toutefois un cycle thermique Atkinson, plutôt que le cycle Otto commun à presque tous les moteurs qui animent les voitures qu'on voit sur nos routes. Jumelé à un moteur électrique, ce groupe motopropulseur a une puissance globale de 191 chevaux, qui animent les roues avant par le biais d'une boîte automatique à variationcontinue (CVT). Cette Fusion dispose aussi d'une batterie d'accumulateurs nickel hydrure conçue pour fonctionner à des températures élevées, un point sensible des batteries. En fait, l'air ambiant de l'habitacle suffit à la refroidir. Elle est également munie de systèmes de chauffage et de climatisation "intelligents", qui mesurent la température ambiante dans l'habitacle et n'entrent en action qu'au besoin. Ces systèmes comportent aussi un compresseur électrique de climatisation, qui a l'avantage de réduire davantage l'utilisation du moteur et, donc, la consommation de carburant.

Parfaite pour une conduite urbaine

Les performances dont cette Fusion est capable conviennent à une conduite urbaine. Avec une accélération de 0 à 100 km/h qui prend un peu plus de 9 secondes, la Fusion hybride s'avère très comparable à la Fusion de base, équipée d'un 4-cylindres ordinaire. En somme, le fabricant offre un duo thermique/électrique dont la puissance combinée est inférieure à celle d'un moteur thermique ordinaire (qui développe 175 chevaux). Ce déséquilibre de puissance semble toutefois être le prix à payer pour tirer une meilleure consommation de ce type de berline. Car, pour l'essentiel des consommateurs, c'est là l'intérêt premier de cette Fusion "verte" : sa faible consommation en conduite urbaine. Parce que c'est dans cet environnement qu'on profite le plus du mode 100 % électrique de la Fusion, par exemple, dans un trafic dense. Dans ce genre de conditions, avec un bon entraînement et une dose d'humilité, il est possible de rouler sans enclencher le moteur thermique sur de courtes distances et sans trop gêner le flot de circulation.

Intérieur moderne

À l'intérieur, on découvre un aménagement aux allures moderne, mais sans excès. On apprécie la finition soignée, mais pas autant la qualité des matériaux. Le plastique du tableau de bord, avec sa texture grossière et rigide, par exemple, ne concorde pas avec l'impression de qualité que transmet la conduite de la voiture. En revanche, la position de conduite est satisfaisante et le siège du conducteur, particulièrement confortable. Derrière, la banquette convient à des adultes de taille normale. On y trouve un dégagement généreux pour la tête, les épaules et les genoux. La Fusion hybride bénéficie d'un équipement très complet, qui est facile à utiliser. De plus, le conducteur dispose d'un écran d'affichage sophistiqué derrière le volant, qui l'aide à suivre le fonctionnement du groupe motopropulseur hybride et d'en exploiter pleinement les possibilités en temps réel. Surnommé "Smart Gauge", cet écran modulaire propose quatre modes d'affichage, qui donnent plus ou moins d'informations. Un de ces modes, par exemple, fait apparaître un témoin "EV" dès que seul le moteur électrique fonctionne. Dans ce cas, un petit ruban à longueur variable, qui apparaît à gauche de l'indicateur de vitesse, indique dans quelle mesure on peut accélérer sans faire démarrer le moteur thermique. Pendant ce temps, à droite de l'indicateur de vitesse, on aperçoit l'image d'une vigne dont les branches et les feuilles se multiplient, lorsqu'on optimise la consommation de carburant, ou disparaissent, lorsqu'on conduit trop hardiment. Ces écrans multiples, qu'on imagine empruntés au monde de l'informatique, constituent un joujou stimulant pour le conducteur. Ils peuvent aussi devenir gênants, lorsqu'on leur porte trop attention pour tenter d'économiser un ou deux litres de "précieux" carburant. Après tout, il ne faut jamais oublier que la conduite d'une automobile est avant tout une affaire d'attention, pas de consommation.

Moins de coffre

La batterie qui alimente le moteur électrique occupe beaucoup d'espace dans le coffre. Le volume utile est d'ailleurs 30 % inférieur à celui du coffre d'une Fusion ordinaire (334 litres contre 467). De plus, puisque la batterie est logée derrière le dossier de la banquette arrière, celui-ci n'est pas rabattable, comme c'est le cas dans la Fusion la plus humble de la gamme. On doit y penser à deux fois avant de charger un objet long dans le coffre de cette voiture hybride. Par ailleurs, afin d'optimiser la consommation, on a muni la Fusion hybride de pneus à plus faible résistance à la friction. Ces pneus, qui ont tendance à offrir moins d'adhérence, sont plus coûteux à remplacer.

Pourquoi pas des diesels?

Au terme de nos essais réalisés sur un circuit mixte de ville et de campagne (dans le vrai monde et avec une conduite normale), la consommation moyenne de notre Fusion hybride a frôlé les 7 litres aux 100 kilomètres. C'est bien, mais ça n'a rien d'extraordinaire. Une Fusion 4-cylindres ordinaire peut consommer à peine plus de carburant, lorsqu'on la conduit de façon raisonnée. Bien entendu, si l'on n'avait conduit cette voiture qu'en ville, principalement aux heures de pointe, sa consommation moyenne aurait été inférieure. Mais voilà, M. Toutlemonde n'est pas obligatoirement chauffeur de taxi... Et puis, si la consommation constitue la principale préoccupation des automobilistes (parce que ça concerne leur portemonnaie), pourquoi Ford et les autres fabricants n'offrent-ils pas des moteurs diesel "propres", comme on en trouve sur le marché européen ? Simplement parce que nos voisins américains n'aiment pas ça? D'ici à ce que ces derniers changent d'opinion sur le diesel, à tout le moins, certains consommateurs pourront justifier l'achat d'une Fusion hybride pour un usage urbain, à cause de sa faible consommation et de l'agrément de conduite qu'elle procure.

Sommaire:

Concurrence générale
Chevrolet Malibu hybride, Honda Insight, Lexus HS 250h, Nissan Altima hybride, Saturn Aura Green Line, Subaru Legacy PZEV, Toyota Camry hybride, Toyota Prius

Pour

Contre

  • - Consommation remarquable
  • - Grande autonomie en mode électrique
  • - Intérieur bien aménagé
  • - Volume réduit du coffre
  • - Texture granuleuse du tableau de bord
  • - Visibilité arrière réduite

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