Lexus RX450h
En 1999, un nouveau véhicule se démarquait. Lexus venait de dévoiler le RX300, un VUS alliant un rouage intégral qui améliore la motricité en hiver au confort d'une berline. Le créneau des multisegments était né. En 2006, le RX innovait encore en devenant le premier multisegment de luxe à proposer une motorisation hybride avec son RX400h.
En 2010, le réputé RX de Lexus est redessiné. Si la version régulière, le RX350, conserve la même dénomination que précédemment, l'hybride, lui, connaît une hausse de sa puissance et devient le RX450h. Cependant, le raffinement demeure toujours la priorité! Et même si la version 350 est la plus vendue, c'est l'hybride qui attire le plus l'attention. Et ne comptez pas sur Lexus (c'est la même chose pour tous les manufacturiers, remarquez) pour y changer quelque chose. L'hybride, c'est la bonne conscience. Pendant qu'on parle des hybrides, on oublie les immenses VUS, genre GX460 et LX570!
Sur le plan esthétique, le 450h n'est pas très différent du 350, ce qui revient à dire qu'il s'agit d'un véhicule fort esthétique, moderne et aux dimensions juste correctes. L'habitacle est du même acabit. Le confort est omniprésent. Les matériaux sont de bonne qualité et leur assemblage ne fait pas défaut.
De quessé, organique?
On peut certes ne pas apprécier le tableau de bord aux formes bien peu conventionnelles, mais on ne peut nier que les différents boutons et commandes tombent sous la main. Le levier de la transmission aussi tombe sous la main, mais pourquoi fallait-il qu'on lui dessine une grille en zigzag? Les jauges sont regroupées devant le conducteur et leur affichage se fait au moyen d'un éclairage DEL organique. Lors du lancement, personne chez Lexus n'a pu nous expliquer ce que voulait dire « organique » et, pour être bien franc, je n'ai pas poussé davantage l'enquête. L'important, c'est que ces jauges sont faciles à consulter, de jour comme de nuit. Notre véhicule d'essai, équipé du groupe Ultra Premium, était doté du Remote Touch, une souris adaptée pour l'automobile. Lors de mes premières prises en main, je détestais cette câline (le « n » était quelquefois remplacé par une autre lettre ) de souris. Mais à la longue, son utilisation est devenue beaucoup moins ardue et je dirais même que j'ai fini par l'apprécier! Elle permet de se déplacer dans les divers menus de l'écran central. Parlant d'écran central, je dois mentionner que le graphique permettant de voir comment le véhicule gère la puissance entre les moteurs et la batterie est très bien fait.
Les sièges de cuir s'avèrent très confortables, autant à l'avant qu'à l'arrière, mais la visibilité vers l'arrière n'est assurément pas le point fort du RX, hybride ou pas. Le hayon, à ouverture électrique, dévoile un espace de chargement assez grand et recouvert de matériaux de qualité. Le dossier des sièges arrière s'abaisse au moyen d'une clenche, mais il faut le relever manuellement, ce qui demande un certain effort. Fait intéressant, les dossiers sont de type 40-20-40, c'est-à-dire que la partie centrale s'abaisse indépendamment des deux autres, permettant de transporter des objets longs et deux personnes en tout confort.
Mécanique originale
Côté mécanique, le RX hybride se distingue de la masse, autant par son originalité que par son modernisme. Le moteur à essence est un V6 de 3,5 litres à cycle Atkinson (la course du piston est plus longue en détente qu'en admission) et est associé à des moteurs électriques, un à l'avant et l'autre à l'arrière. Le 450h est donc un véhicule à quatre roues motrices, mais pas dans le sens où on l'entend habituellement. Les roues avant sont mues par un moteur électrique et celles d'en arrière par un autre. Les Américains ont droit à une version traction du 450h, mais puisqu'elle ne connaîtrait pas beaucoup de succès chez nous, Lexus a eu la bonne idée de ne pas l'importer.
Si la puissance totale de tous ces moteurs est de 295 chevaux, le moteur à essence en fournit 245 à lui seul. On parle de deux moteurs électriques, mais en fait, on en retrouve trois qui sont aussi des générateurs. En gros, le premier (MG1 pour les intimes) est conçu pour charger la batterie et peut alimenter d'autres moteurs électriques. MG2 (123 kW), de connivence avec le moteur à essence par l'entremise d'une transmission de type CVT, entraîne les roues avant et MGR (pour Rear) s'occupe des roues arrière, éliminant ainsi l'arbre de transmission. Tout ça, c'est bien beau, mais le fait que cet ensemble exige de l'essence super uniquement vient couper un peu d'oxygène au feu vert qui habite en chacun de nous... La batterie de 288 volts à hydrure métallique de nickel (Ni-MH) est placée sous le siège arrière. Un convertisseur-survolteur hausse la tension à 650 volts.
Le passage entre les moteurs électriques et à essence est généralement transparent sauf, à l'occasion, lorsque la mécanique n'est pas réchauffée. Même s'il est possible de rouler sur le seul mode électrique, il faut vraiment que les astres soient alignés pour ce faire. La transmission le fait rapidement mettre de côté.
Comme de la politique réactive
Toute cette débauche de technologies fait saliver l'amateur de conduite sportive mais ledit amateur risque de tomber de haut Tout d'abord, malgré une puissance accrue de 20 chevaux par rapport au RX350, les performances sont moins reluisantes, sans doute à cause des 300 livres (137 kilos) supplémentaires du système hybride. Cependant, la très grande majorité des gens ne s'offusque pas de faire le 0-100 en 8,0 secondes plutôt qu'en 7,7. Mais la direction aussi déconnectée qu'un premier ministre, les suspensions qui affichent une mollesse de crème glacée abandonnée à un soleil de canicule et la transmission CVT dotée d'un mode manuel à six rapports qui manque d'enthousiasme sont autant d'incitatifs qui font pencher pour le modèle régulier qui, déjà, ne pêche pas par un excès de sportivité.
Durant notre semaine d'essai, nous avons obtenu une moyenne de 9,4 litres/100 km, ce qui n'est pas mauvais même si on est loin des 6,6 en ville et des 7,2 sur la route promis par Lexus. Quelques semaines avant de conduire le RX450h, nous avions eu le RX350 et notre moyenne avait été de 12,2. Une amélioration d'environ 3 litres aux cent kilomètres, c'est bien mais ce n'est assurément pas cela qui ajoute à la valeur d'un hybride. Calculez, en plus, une valeur de revente moins élevée et des coûts d'entretien généralement plus dispendieux. Il faut toutefois avouer que le RX450h est le seul de sa catégorie à offrir un système hybride et que, malgré quelques réserves, ce système est l'un des plus évolués à l'heure actuelle. Et il faut aussi avouer que notre kilométrage a surtout été effectué sur des routes et des autoroutes alors que le système hybride de Lexus est surtout efficace en ville.
Malgré tout, je persiste à croire qu'à moins de céder aux pressions sociales de plus en plus fortes pour un comportement plus écologique, il n'y a pas de raisons de se procurer un Lexus RX450h. Mais si vous avez les moyens de vous payer une image vertueuse et que la conduite ne vous intéresse pas, le RX450h est sans doute le meilleur choix...
Sommaire:
Pour
Contre
- - Lignes agréables
- - Habitacle infiniment confortable
- - Prestige assuré
- - Consommation retenue
- - Dimensions correctes
- - Comportement routier peu dynamique
- - Essence super seulement
- - Prix de certains groupes d'options exorbitant
- - Poids important
Fiche d'appréciation:
Dernières nouvelles
- 1.
- 2.
- 3.
- 4.
- 5.
- 6.
- 7.
- 8.
- 9.
- 10.
