Une semaine en Nissan Leaf

Une semaine en Nissan Leaf

Plus de photos

Photos par -Autonet.ca
MARC BOUCHARD
Publié: 29 11 2011

Il faut le dire, j'ai un peu triché. Pas beaucoup en fait, et surtout pas par ma faute, mais j'ai triché. Car l'essai de la Nissan Leaf est tellement populaire que les dirigeants de Nissan ne la laisse normalement que deux ou trois jours à un même journaliste. Mais dans mon cas, j'avais la belle excuse : je devais partager avec mes collègues journalistes chez Autonet.

Malheureusement, le sort en a décidé autrement. Car pour conduire la Nissan Leaf, il faut aussi avoir quelques conditions préliminaires, conditions auxquelles mes collègues ne souscrivaient pas : un demeure à Trois-Rivières, nettement trop loin pour la pauvre Leaf au kilométrage limité, et les deux autres, urbains jusqu'aux yeux, doivent malheureusement composer avec l'absence de stationnement et, du fait même, de prise de courant.

Me voilà donc au volant de la Leaf pour quelques jours avec, je dois le dire, un enthousiasme juvénile. Car mon premier essai de la petite voiture toute électrique m'avait enchanté (Le choc de l'électrique) et j'attendais avec impatience un test un peu plus prolongé…

Mon impatience a cependant rapidement trouvé chaussure à son pied, et je vous avouerai que finalement, mes cinq journées m'ont paru une éternité.

Une voiture, une vraie

Je l'ai dit et je le répète, conduire une voiture électrique est un petit plaisir dont je ne me lasse pas. Il y a quelque chose de jouissif à rouler tout en sachant que vous ne devrez jamais faire d'arrêt à la station service du coin.

Un petit plaisir intense aussi d'accélérer avec vivacité, et dans le plus grand silence. Car c'est bien là toute la beauté de la Leaf.

Ça, et le fait que la voiture se conduit réellement comme un charme. Relativement spacieuse et confortable, elle propose beaucoup de dégagement pour la tête et les jambes, offre un confort plus qu'élémentaire, et offre une gamme d'accessoires sophistiqués et ergonomiques.

Même l'espace de chargement, limité par la présence de batteries et du module qui permet la recharge, est tout de même bien suffisant pour faire l'épicerie de la petite famille sans jamais se questionner sur l'espace restant.

La direction est précise, bien que peu bavarde sur véritables conditions routières, et le freinage puissant et sans hésitation. Presque trop parfois d'ailleurs, gracieuseté du système de regénération de la puissance qui permet de recharger un tantinet la batterie mais qui provoque un ralentissement parfois plus hâtif que souhaité, du moins jusqu'à ce que l'on soit habitué au toucher tout à fait spécial de la pédale de frein.

Et l'angoisse…

Toutes ces belles qualités ne font cependant pas oublier le seul, et majeur, problème de la Leaf : son autonomie. Car à l'instar de toutes les voitures électriques, la petite Nissan est capable de réaliser 160 kilomètres sans recharge…. Du moins en théorie.

Car la pratique est toute autre. Quand j'ai pris possession de la Leaf par exemple, le cadran indiquait une autonomie normale de 160 km. Mais le petit froid du début de l'hiver me glaçant le dos, j'appuyais sur le contrôle de chauffage : température 21, mais autonomie 131 km… sans que je n'ai même bougé de la cour.

Parti de l'Ouest de l'Ile de Montréal, après une petite virée brève au centre-ville, me voilà parti en direction de la maison. Et c'est avec anxiété que je regardais baisser le chiffre indiquant mon autonomie. Les derniers kilomètres, j'avoue humblement les avoir franchis avec mon téléphone cellulaire sur les genoux, juste au cas. Je me suis finalement rendu à mon domicile, le cœur battant, en sueur d'angoisse, et avec un total de 4 kilomètres restant au compteur!

Toute ma semaine s'est donc déroulé à calculer à l'avance mes itinéraires… et à emprunter la voiture de ma femme pour me rendre au travail puisque la Leaf ne me permettait pas l'aller-retour! Google Map ou le GPS intégré de la voiture sont soudainement devenus mes meilleurs amis, moi qui ai pris l'habitude d'entrer toutes les adresses dans le système de navigation qui m'indiquait clairement si je m'y rendais ou non!

Et j'avoue avoir, par ignorance, empiré encore la situation en roulant abondamment sur l'autoroute. Les freinages fréquents des routes de campagne permettent au moins aux batteries de se regénérer… à défaut il sera plus facile de trouver un endroit pour se brancher. Et comme l'algorithme embarqué évalue que je roulerai toujours sur l'autoroute, il me donnera une distance maximale de 100 kilomètres à franchir!

Mais là encore, il faudra faire preuve de patience : sur le 110v, branché à ma prise extérieure, il m'a fallu 20 heures pour atteindre la pleine charge, et espérer atteindre 160 km!

Conclusion

J'aime la Leaf, comme j'aime toutes les voitures électriques. Et sans aucun doute, pour un très faible pourcentage de résidants urbains (ou pour ceux qui ne souffrent pas d'ulcères d'estomac), elle est idéale. Mais pour les autres, armez-vous de patience... la voiture électrique n'est pas encore la bonne solution !

Sommaire:

Véhicule d'essai
Nissan Leaf 2011
Prix du modèle à l'essai
38 395 $
Consommation rapportée
0 émission
Concurrence générale
Mitsubishi i-Miev, Chevrolet Volt

Pour

Contre

  • - Moteur zéro émission
  • - beaucoup d'équipement
  • - Contrôle dynamique agréable
  • - Prix élevé
  • - direction peu communicative
  • - angoisse de l'autonomie

Fiche d'appréciation:

Consommation d'essence
Valeur subjective
Confort
Performance
Appréciation générale

Plus de nouvelles

Essais routiers

Mercedes-Benz: La belle ou la bête

Essais routiers

Tout simplement S-H-O

Essais routiers

Le parfait petit entrepreneur

Essais routiers

Performance et virage vert combiné

Essais routiers

Quand les extrêmes attirent

S'INSCRIRE ou Se désinscrire