Alain Morin

Ford Expedition, un péché mignon

Comme nous l’expliquait un des directeurs du marketing de Ford, le marché de l’utilitaire sport de grand format rétrécit comme une peau de chagrin. Entre 1999 et 2005, les ventes aux particuliers ont

Ford Expedition, un péché mignon

Comme nous l’expliquait un des directeurs du marketing de Ford, le marché de l’utilitaire sport de grand format rétrécit comme une peau de chagrin. Entre 1999 et 2005, les ventes aux particuliers ont baissé d’environ 66%. Pourtant, les ventes du gros et vieillissant Ford Expedition continuaient à très bien se porter. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’Expedition 2007 n’est pas entièrement nouveau. La plupart des panneaux de la carrosserie, l’habitacle, les suspensions, la transmission à six rapports et le châssis sont tout neufs. Mais on a conservé certains éléments qui fonctionnaient correctement dans l’édition précédente. Le look, est de ceux-là.

Il a été considérablement rajeuni et on lui a installé, sous son capot relevé, une “in your face grill” (une calandre qui en impose, si on peut dire) et des pneus de 20 pouces. Deux configurations sont au menu. L’Expedition ordinaire et le MAX qui, comme son nom l’indique, offre un maximum d’espace intérieur grâce à 38 cm supplémentaires. Aux États-Unis, cette version se nomme EL mais comme Acura détient les droits sur ce nom au Canada, Ford a dû trouver une solution de rechange. Mais ce n’est pas la seule chose qui nous différencie des Américains. Eux ont droit aux modèles à propulsion ou 4x4 alors que nous devons nous contenter du 4x4, la demande étant, paraît-il, bien moindre pour la propulsion dans notre nordique contrée.

Ça passe ou ça casse
Quoi qu’il en soit, le Ford Expedition et, aussi, le Lincoln Navigator, son luxueux partenaire que nous n’avons pu conduire lors du lancement de l’Expedition à la fin du mois de juillet, sont là, et pour rester semble-t-il. Ces véhicules sont gros, très gros. Avec un MAX, il faut tourner un coin de rue un peu comme on le ferait avec un autobus. Les rails posés sur le toit, les énormes rétroviseurs, les vitres arrière teintées, l’énorme sigle Ford sur la grille avant et les roues optionnelles de 20 pouces qui ne paraissent pas si grosses que ça vu la carrure du véhicule, tout est mis en place pour montrer à tout le monde que l’Expedition passera ou ça cassera.

Dans l’habitacle, on a repris plusieurs éléments du F-150, ce qui est tout à son honneur. Les cadrans se consultent facilement et le cercle de chrome qui les entoure doit sans doute imiter un engrenage. Moi, ils me font penser à un cendrier ! Les plastiques affichent une belle qualité, la console centrale peut contenir beaucoup, contrairement au coffre à gants, d’une ridicule petitesse, compte tenu du gabarit de l’Expedition.

Curieusement, malgré la hauteur et probablement à cause des larges marchepieds, l’accès à bord n’est pas pénible. Les sièges avant font preuve de confort et peuvent accueillir, selon Ford, des gens de 4’11’’ jusqu’à 6’4’’. Même les sièges de la deuxième rangée se montrent hospitaliers. Quant à ceux de la troisième rangée, l’espace qu’ils proposent, autant pour les jambes que pour la tête est tout simplement fantastique, même sur la livrée ordinaire. Notre véhicule d’essai possédait le DVD pour les places arrière mais, comme dans la plupart des autres véhicules nantis d’un tel accessoire, il bloque la vue arrière du conducteur. Le silence des enfants contre un peu de sécurité…

Au travail !
Côté mécanique, Ford a retenu le V8 5,4 litres. Comme l’an dernier, il développe 300 chevaux et 365 livres-pied de couple. Obligatoirement associé à une nouvelle transmission automatique à six rapports, qui fait de l’excellent boulot, ce moteur semble meilleur pour tirer une remorque que pour offrir des accélérations à l’emporte-pièce. Nous n’avons pas eu l’occasion de mettre le châssis de l’Expedition à l’épreuve dans un sentier très difficile, mais les gros crochets installés à l’avant prouvent qu’il peut s’enliser d’aplomb, mais loin ! Une virée de quelques kilomètres avec une remorque de 5 000 livres attachée à l’arrière nous a convaincus des compétences du véhicule quand vient le temps de travailler. Le premier rapport étant très bas (4.17 :1), l’accélération initiale se déroule comme si de rien n’était. L’Expedition qui a servi à cet exercice était toutefois équipé de l’ensemble de remorquage service intense.

La direction se montre beaucoup plus précise, plus rapide et offre un meilleur feedback que l’ancien Expedition. Le silence de roulement étonne, tout comme la douceur. Les freins se sont très bien acquittés de leur tâche dans les nombreux virages que la nature avait parsemés sur notre route. Même si les suspensions sont très confortables, on ne sent pas vraiment les mouvements de la caisse en virage rapide. L’Expedition affiche un certain roulis qui n’a rien de dangereux, mais on sent que ce véhicule n’a aucune envie de jouer les Corvette et j’ai l’intime conviction qu’il vaut mieux respecter ce choix !

Offert à des prix plus bas que l’an dernier, l’Expedition nouveau sera bientôt rejoint par son luxueux frère, le Lincoln Navigator. Une version Heavy Duty sera prochainement proposée ainsi qu’une version commerciale. De plus, la version Police de l’Expedition s’apprête à prendre la route. Et, il y a fort à parier que les fabricants de limousines n’hésiteront pas à donner au MAX ses lettres de noblesse !