Antoine Joubert

Chevrolet Malibu hybride 2008 (vidéo)

155,15 litres pour 1 825 km = 8,5 litres aux 100 km!

Chevrolet Malibu hybride 2008 (vidéo)

Fiche d'appréciation

Cote d'ensemble:

6/10

Forces et faiblesses:

  • Ligne intéressante
  • Habitacle élégant et spacieux
  • Assemblage honorable
  • Comportement routier équilibré
  • Prix compétitif
  • Système hybride désuet
  • Boîte automatique dépassée
  • Coffre mal conçu Économie de carburant décevante
  • Direction à revoir

Cote de l'auteur:

  • Prix: 9/10

  • Performance: 7/10

  • Confort à l'avant: 8/10

  • Consommation: 5/10

  • Apparence: 9/10

155,15 litres pour 1 825 km = 8,5 litres aux 100 km!

Vous trouvez ce résultat impressionnant? Eh bien, pas moi. En fait, on peut être agréablement surpris lorsqu'on constate que cette intermédiaire ne requiert que 8,5 litres par 100 kilomètres pour se déplacer, mais il est désolant de savoir que pour atteindre un tel résultat, GM utilise un système hybride essence/électricité. Chez Nissan et Toyota, par exemple, les modèles Altima et Camry habituels offrent des résultats similaires.

En fait, ce qu'il faut savoir, c'est que le système de la Malibu (aussi utilisé sur les modèles Saturn Aura et VUE) n'est pas de type bimode, ce qui en d'autres termes, signifie que le moteur à essence est toujours en fonction. Le moteur électrique de la Malibu ne fait qu'assister le moteur à essence pour que l'effort nécessitant du pétrole soit moins grand. La Malibu utilise également un système de régénération d'énergie qui s'accumule lors de la décélération et du freinage. On parvient ainsi à stocker de l'énergie dans le bloc de batterie de façon à ce que l'assistance soit constante.

Autre observation, on remarque que le moteur à essence de la Malibu se met hors fonction lors d'un arrêt, notamment à un feu rouge. Cela permet d'économiser du carburant lors des périodes de ralenti. Toutefois, si le climatiseur ou le dégivreur de lunette arrière fonctionne, le moteur ne peut s'éteindre. C'est aberrant.

N'empêche qu'après avoir parcouru 1 825 kilomètres au volant de cette Chevrolet, je ne peux qu'applaudir une fois de plus le travail des ingénieurs de GM. Bien sûr, non pas pour le système hybride qui n'est certes pas au point, mais bien pour l'ensemble de la voiture. Après des années de vache maigre dans le segment des intermédiaires, Chevrolet réussit à s'implanter comme l'un des meneurs de la catégorie avec une voiture qui possède de nombreux attributs convaincants.

Un style vendeur
Durant notre périple, des gens de tous âges et de toutes origines nous ont fait d'élogieux commentaires sur la voiture que nous conduisions. On la trouvait élégante, raffinée et audacieuse, et on était surpris de constater qu'il ne s'agissait que d'une simple Malibu. Les logos plutôt discrets de la voiture ont cependant fait en sorte que tous sont passés à côté du fait qu'il s'agissait d'une voiture hybride.

Pour ma part, je dois dire qu'elle fait belle figure en la plaçant à côté de ses rivales, mais elle ne se démarque pas à ce point. C'est surtout lorsqu'on la compare avec sa devancière que l'on est le plus surpris. De banale, maigrichonne et sans saveur, la Malibu est passée au rang des plus belles voitures de ce segment.

Vient ensuite son pouvoir de séduction que l'on remarque dès l'ouverture des portières, grâce au souci du détail et à la beauté de l'aménagement. Les contrastes de couleurs sont chaleureux, le design de la planche de bord est séduisant et les petites touches décoratives mettent du piquant. Ajoutons que l'éclairage ambiant est de très bon goût, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce type de voiture.

Côté espace, conducteur et passagers ne peuvent que se réjouir. Certes, l'occupant de la place centrale de la banquette est gêné par cette bosse au plancher, mais pour le reste, on ne trouve rien à redire. Le dégagement est généreux partout, les sièges sont confortables et les rangements et autres commodités sont nombreux. L'élément à revoir demeure cependant la soute à bagages qui, par son seuil élevé et sa faible ouverture rend impossible le chargement de gros objets. Ajoutons à cela le fait que sur l'hybride, le dossier ne soit pas rabattable et que le bloc de batterie diminue grandement le volume, et on constate que le côté pratique prend une méchante débarque.

Une belle routière
Sur la route, la Malibu impressionne par sa rigidité structurelle, par l'efficacité de sa suspension et par la rigueur de son assemblage. Celle qui autrefois se décrivait comme un festival de bruits de caisse et de craquements est aujourd'hui muette comme une carpe. Qui plus est, son niveau d'insonorisation a été grandement amélioré pour atteindre certainement l'un des meilleurs du segment. Prendre la route avec la Malibu signifie donc un beau moment de quiétude.

Sur une note moins positive, la Malibu hybride compose avec une direction à assistance électrique qui est loin d'être impressionnante. En fait, mis à part le fait qu'elle permette des virages serrés grâce à son faible rayon de braquage, elle déçoit énormément. Elle est lente, imprécise et transmet un sentiment d'élasticité peu agréable. Dommage…

Côté motorisation, la Malibu hybride utilise un moteur quatre cylindres Ecotec de 2,4 litres, lequel produit 164 chevaux et 159 lb-pi de couple. Ce dernier offre des performances honnêtes et une certaine souplesse, mais n'affiche pas le raffinement des moteurs offerts notamment chez Honda et Toyota. Ce qui est toutefois dommage, c'est qu'il est très mal servi par une boîte automatique à quatre rapports qui n'est pas surmultipliée. Celle-ci nuit non seulement aux performances et au rendement général, mais aussi à la consommation d'essence. L'adoption de la boîte automatique à six rapports, que l'on retrouve désormais sur plusieurs modèles de la gamme, serait à mon sens essentielle pour que l'on puisse profiter au maximum de l'efficacité de ce moteur et du système hybride. Hélas, aucun changement n'est prévu pour 2009, et ce, même si GM semble vouloir incorporer la boîte à six rapports à un nombre grandissant de modèles.

C'est vrai, la Malibu hybride est sensiblement moins chère que sa principale rivale, la Toyota Camry hybride. Plus ou moins 4 000$ séparent les deux voitures, qui proposent à peu de choses près un équipement comparable. En considérant que la Malibu consomme 2,5 litres aux 100 kilomètres de plus que la Toyota, que l'essence se vend à 1,50$ le litre et que vous parcourez 20 000 kilomètres par an, il vous faudra rouler pendant six ans et huit mois pour rentabiliser le surplus déboursé chez Toyota. Et attention, je ne fais nullement mention des taux d'intérêt et autres incitatifs financiers proposés par GM que Toyota n'offre pas. Il peut donc être alléchant d'opter pour une Malibu hybride, si on observe la chose de cette façon.

Aubaine de la semaine!
Pourtant, les concessionnaires Toyota ont du mal à répondre à la demande de la clientèle qui désire faire l'achat d'une Camry hybride, alors que les concessionnaires Chevrolet collent avec des stocks qui pourtant, se font plutôt rares. J'ai d'ailleurs pu constater lors de notre périple qu'un concessionnaire de la région du Saguenay-Lac St-Jean proposait une Malibu hybride identique à celle que nous avions à l'essai, comme "aubaine de la semaine". Sachant que la Malibu est très demandée et que les véhicules à faible consommation d'essence ont doublement la cote par les temps qui courent, on ne peut que trouver cette aubaine très curieuse.

Je conclurai en stipulant simplement que la Malibu est une voiture alléchante si l'on se fie à son prix et globalement très intéressante, mais que la version hybride tire de la patte d'un point de vue technologique. À moins que vous ne puissiez profiter de "l'aubaine de la semaine", je vous recommande fortement l'achat d'une Malibu régulière à moteur quatre cylindres et boîte à six rapports. Vous consommerez à peine un litre de plus par tranche de 100 kilomètres et vous aurez droit à un rendement plus intéressant. Et si vous tenez mordicus à consommer et par le fait même, à polluer le moins possible, optez pour la Camry hybride. Car 6,0 litres aux 100 kilomètres pour une intermédiaire, c'est à ce jour le meilleur résultat qui soit.

Fiche technique

  • Véhicule d’essai: Chevrolet Malibu 2008
  • Prix du modèle à l'essai: 27 375 $
  • Version à l'essai: Hybrid
  • Échelle de prix: 26 995 $
  • Frais transport: 1 250 $
  • Options: Supplément pour peinture (380 $)
  • Mensualité approx. à l'achat (60 mois, 0$ comptant, taxes incluses): 587 $ (3,3%)
  • Mensualité approx. à la location / valeur résiduelle (48 mois, 0$ comptant, taxes incluses): 457 $ (2,75%) / 11 490 $
  • Consommation affichée: 8,5 l / 6,2 l aux 100 kilomètres
  • Consommation rapportée: 8,5 l aux 100 kilomètres
  • Garantie de base: 3 ans / 60 000 km
  • Garantie du groupe motopropulseur: 5 ans / 160 000 km
  • Concurrence générale: Hybrides: Ford Fusion, Nissan Altima, Toyota Camry, Toyota Prius