Jacques Deshaies

Mercedes Classe B fuel cell à l'hydrogène

En contradiction avec la concurrence

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En contradiction avec la concurrence

J’étais pourtant convaincu que l’hydrogène avait disparu de l’univers automobile. Et je ne suis pas le seul. La majorité de mes collègues journalistes en ont pensé autant. Même BMW a abandonné l’immense travail accompli en la matière. Alors pourquoi le constructeur Mercedes persiste et signe quant à la motorisation à l’hydrogène? Est-ce dispendieux? À quel endroit peut-on faire le plein? Est-ce sécuritaire? Autant de questions qui ont probablement fait dire aux autres constructeurs que le coût n’en valait pas la chandelle. Alors pourquoi?

Voir "Chez Mercedes-Benz, la simulation avant tout "

Les explications sont venues le jeudi 17 mars 2011 alors que la direction canadienne du constructeur allemand était fière d’annoncer l’instauration d’une usine de fabrication d’empilement de piles à combustible à Vancouver. Destinées aux voitures à hydrogène proposées par Mercedes-Benz, ces piles seront livrables dès 2013. Une partie de la direction du département recherche et développement de Mercedes était sur place pour cette annonce saluée par la nouvelle première ministre de la Colombie-Britannique, Mme Christy Clark, qui en était à sa première sortie officielle depuis son élection. Et l’occasion était belle aussi puisque la direction de Stuttgart avait pris la décision l’an dernier de promouvoir ce mode d’énergie pour le futur par une opération d’envergure.

Un tour du monde

Trois Classe B toutes de vert vêtues et propulsées par cette énergie alternative ont entrepris un long périple sur la planète. Le tour du monde des petites Mercedes a débuté à Stuttgart bien sûr. Mais ce long trajet a débuté du côté de la Floride avant de prendre la route sur la côte ouest-américaine en passant par des régions importantes comme la Californie. Puis, direction Vancouver, la capitale d’une province à la réputation enviable de la plus verte de notre pays.

Mais le périple ne s’arrête pas là. Nos 3 voitures reprennent la route en direction de Seattle pour embarquer sur un bateau pour l’Australie. Puis ce sera la Chine, la Russie, la Finlande, la Suède, le Danemark et enfin retour à la maison à Stuttgart. Une aventure de 30 000 km dans 14 pays et sur 4 continents. Cette grande randonnée se veut tout simplement une grande opération de relation publique afin de convaincre les différents intervenants du milieu de la faisabilité de ce type de motorisation. Que ce soit les différents gouvernements ou des entreprises potentiels dans l’élaboration d’un plan de fabrication et de distribution de l’hydrogène. D’ailleurs, je me suis empressé de mentionner à un de nos hôtes que le Québec pourrait devenir un grand producteur d’hydrogène puisque le procédé demande une quantité énorme d’électricité. Mais est-ce que le gouvernement en place à cette volonté? Voilà la grande question.

Une Classe B toute propre

Mais je pourrais passer sous silence la voiture vedette de cette grande opération, la Classe B F-Cell. J’ai eu le privilège de conduire cette petite Mercedes écologique et nul besoin de mentionner que c’est un véritable charme. Sans bruit, elle offre des performances supérieures aux versions régulières. Contrairement à la voiture tout électrique, cette Mercedes propulsée par des piles à combustible dispose d’une autonomie de 400 km et peut atteindre une vitesse de pointe de 170 km/h. De plus, elle démarre en toute aisance à des températures de -25 degrés tandis que refaire le plein d’hydrogène ne demande que 3 minutes.

Quant aux autres caractéristiques, cette Classe B se présente sous la même configuration et ne demande aucune modification des habitudes de conduite de son propriétaire. Mais quelle douceur dans le plus grand silence tandis que les accélérations et les reprises sont surprenantes, un peu comme les voitures électriques conventionnelles? Avec ce mode, finis le pétrole et le moteur à explosion. Les plaquettes de la pile en contact avec l’hydrogène génèrent de l’électricité qui propulse le petit moteur de 2 litres vers une puissance délivrée de 136 ch.

En résumé, je suis revenu tout songeur de ce court voyage. La voiture est bien aboutie et prête à la production de masse. Le constructeur consolide sa présence en sol canadien avec l’installation d’une usine de fabrication d’empilement de piles à combustible. Il ne manque plus que la fabrication du fameux carburant et un réseau de distribution suffisamment efficace pour lancer les ventes de la voiture. Il ne reste qu’à espérer que cette technologie soit poussée encore plus loin et que son aboutissement soit pour bientôt.

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