Luc-Olivier Chamberland

Volkswagen Passat TDI Trendline + 2012

Quatre chums, un chalet, les Laurentides et une Passat

de

Fiche d'appréciation

Cote d'ensemble:

8/10

Forces et faiblesses:

  • Motorisation/transmission
  • Économie de carburant
  • Espace intérieur
  • Style très conservateur
  • Trop américaine
  • Traction intégrale pas disponible

Cote de l'auteur:

  • Prix: 8/10

  • Performance: 7/10

  • Confort à l'avant: 7/10

  • Consommation: 10/10

Quatre chums, un chalet, les Laurentides et une Passat

Quoi de mieux qu’une fin de semaine au chalet avec trois amis et une tempête de neige pour mettre à l’épreuve une voiture? C’est exactement ce que j’ai fait pour tester ma Passat Tdi cette semaine. Le plan : on quitte pour le chalet dans les Laurentides, chargé à bloc avec tout ce qu’il faut pour trop manger et bien arroser les fins d’après-midi et les soirées. La Passat ne peut techniquement plus rien avaler. Évidemment pour lui rendre la tâche encore plus exigeante : 25 centimètres de neige sur les routes 15 et 117 en direction de Tremblant, le tout accompagné d’un festival de la sortie de route par des automobilistes peu habiles ou carrément négligents dans ces conditions. Nous voilà partis pour un périple qui prend normalement 1 heure et 30 minutes, mais impossible à faire cette fois sous la barre des 3 heures.

Inquiet du confort de mes passagers arrière qui incluent un chaton, ils me disent tous, à l’exception du chat qui ne parle pas, que l’espace est plus qu’ample pour les jambes et que le dégagement est digne des plus confortables grosses Américaines… Grosse Américaine? Humm… voilà un terrain qui est propice à la nouvelle Passat. Il faut dire que depuis cette année, notre belle Européenne n’en est plus vraiment une. Construite au Tennessee, cette Germano-Américaine est conçue sur mesure pour la clientèle du pays de l’Oncle Sam.

Personnellement, je la trouve trop américanisée. Maintenant énorme, je considère le style générique, bien qu’efficace. Il est certain qu’elle a tout pour séduire la clientèle visée qui autrement cherche dans la cour de Toyota pour une Camry. Pour les anciens propriétaires de la Passat qui aiment le mot « Allemande » qui vient avec, ils risquent d’être déçus. Moi, je l’ai été.

Même son de cloche avec un habitacle qui pèche par un manque d’originalité flagrant. Rien de nouveau autre qu’une ergonomie exemplaire. La finition est bonne, mais j’ai vaguement l’impression que le syndrome de la Jetta est présent. On retrouve toujours des matériaux souples, mais en moins grande quantité qu’avant. Le plastique dur prend de plus en plus de place à bord. Le seul avantage que je vois à cette américanisation est le gain substantiel d’espace intérieur. Parler de caverne est un euphémisme. Le coffre a de quoi rendre jalouses les soutes d’un Airbus A380. Trois valises, de la bouffe pour les fous et les fins, des bottes pour quatre avec tous les ensembles d’hiver et tout ce qui vient avec un week-end hivernal, plus une litière sans problème, tout entre en jouant un peu à Tétris avec la cargaison.

Presque parfait pour l’hiver

Le point que j’ai le plus aimé avec cette Passat: son moteur diesel de 2.0 litres de 140 chevaux. Il est certain que la puissance parait faible considérant la taille de la voiture; le secret est dans le couple de 236 lb-pi qui catapulte l’auto avec une aisance déconcertante, même à quatre et un chat. Ce qui est d’autant plus plaisant, c’est au moment de passer à la pompe. On réalise qu’une consommation moyenne de 6 litres par 100km est fort agréable en ces temps de fluctuation du prix du gazole.

Le comportement routier de la Passat est comme un fleuve tranquille. La conduite est plus dynamique que la majorité de ses pendants américains, mais moins qu’avant, sur les précédentes générations. Un juste milieu intéressant. J’aurais bien aimé que la direction soit plus précise, mais la transmission DSG compense en agrément. Chaque fois que j’essaie cette transmission, je me dis toujours : « Bon sang que je l’aime ». Encore une fois, sur la Passat mon amour de la DSG s’est confirmé.

Là où j’ai été surpris par la Passat est au moment d’escalader les quelques côtes plus ou moins abruptes près du chalet. Après 2 heures de 30 de conduite exigeant un niveau de concentration extrême, j’admets que ma patience était au bord de ses limites. Ma surprise : la Passat refuse obstinément de monter les pentes. Pris en plein milieu du bois avec trois personnes et le chat, j’ai été contraint de mettre tout ce beau monde dehors et d’y aller de reculons pour une meilleure adhérence. J’ai eu beau chercher le bouton pour désactiver l’ESP, il est introuvable. Volkswagen est tellement convaincu de l’efficacité de son système qu’il nous enlève la liberté de le gérer nous-mêmes… Heureusement, la DSG propose un mode manuel qui m’a permis de contrôler le couple aux roues avant maintenant situées à l’arrière!

Conclusion

Même si je considère que la nouvelle Passat est nettement trop américaine en matière de configuration et de style, il faut dire que l’on jouit toujours de la technologie allemande avec le Tdi et la DSG. Le mélange des deux est l’un des très efficaces sur le marché et c’est tant mieux pour nous. Cela permet de donner un peu plus de piment à une voiture qui autrement aurait toutes les chances d’être un peu pâle en émotions.

Fiche technique

  • Échelle de prix: 25 440 - 33 775 $
  • Véhicule d’essai: 2012 Volkswagen Passat Tdi TrendLine +
  • Prix du modèle à l'essai: 27 475 $