Forces et faiblesses:
- Prestige
- Performance
- Confort
- Style extérieur
- Détails d’ergonomie
- Coût de possession
Toujours aussi digne
de
Cote d'ensemble:
8/10
Toujours aussi digne
Marbella, Espagne. On dit souvent que la SL de Mercedes-Benz est la reine des cabriolets. À Hollywood, avec les stars à son volant, elle ne détonne jamais, même si des Bentley et Rolls-Royce l’accompagnent dans les rues de Beverly Hills. Chez nous, elle devient célèbre à cause d’une personne en particulier qui, chaque fois qu’il fut pris en photo avec sa SL, affichait un sourire comme lui seul pouvait le faire, Pierre Elliot Trudeau. Symbole de son arrogance et de sa joie de vivre en même temps, il avait certainement tout ce que qu’il fallait pour être à sa place derrière le volant d’une telle voiture.
Aujourd’hui, c’est au tour de la sixième génération de se pointer le nez avec l’une des plus lourdes traditions automobiles. Est-ce que la nouvelle SL est digne de ses aïeules? À la lumière de mon essai dans les collines espagnoles, elle a certainement les qualités fondamentales à sa lignée : prestige, outrageusement luxueuse, performante, boulevardière, confortable et surtout chère.
L’héritage d’un style de vie
Le style est la première carte de visite de la SL. Il est indéniable que les premières générations ont marqué l’histoire avec des lignes qui font encore légion aujourd’hui. La nouvelle est à la hauteur? Si j’ai un bémol sur cette SL c’est à ce niveau. La partie avant avec ses phares en œil poisson chat, lui donnent des airs simplistes. La structure interne est un spectacle le soir venu avec sa ligne de DEL qui affirme son tempérament, le jour je pense que les designers de Mercedes-Benz auraient certainement faire mieux.
Le propriétaire de la génération précédente sera heureux de voir la nouvelle : de l’extérieur les proportions sont les mêmes. L’arrière est pratiquement identique aux versions de 2003. Le style, une déception en ce qui me concerne. Cela ne veut pas dire que cette SL n’est pas belle loin de là, mais un plus d’audace aurait été appréciée. On retrouve des éléments propres à la SL avec sa barre transversale unique flanquée de l’étoile au centre et les ouïes sur le capot et les ailes avant.
À l’intérieur, encore une fois un manque d’inspiration. Pratiquement calqué sur les roadsters SLK et SLS, on s’y retrouve avec les mêmes buses d’aération circulaires inspirées de l’aviation. Une chose est certaine, l’ensemble est magnifiquement exécuté. Je mets au défi qui que ce soit de trouver un détail qui n’est pas à sa place ou bien de prendre en défaut la qualité de la fabrication. La quantité de détails impressionne comme l’embossement du SL au pommeau de transmission ou encore la délicate écriture de Mercedes-Benz au pied du volant. L’ensemble est recouvert de cuir, de boiseries fines et d’aluminium. L’espace est ample, et ce, même avec le toit levé. Un accessoire particulièrement agréable est le Magic Sky qui laisse entrer ou interdit la lumière à bord au toucher d’un bouton.
Évidemment, l’équipement est outrageux. Étant un amateur de musique, j’ai découvert avec beaucoup de plaisir le système FrontBass qui intègre les haut-parleurs à la structure même de la voiture. Le résultat est probant avec une qualité sonore exemplaire grâce au système Harman/Kardon.
Les routes espagnoles
Un parcours parsemé de courbes et des brefs segments d’autoroute m’a permis de mettre à l’épreuve la voiture et ses quelque 12 systèmes d’assistance. Véritable machine de haute voltige, la SL se laisse porter par les virages avec aisance. Grâce à l’ABC, le mode sport ou confort fait une différence dans la conduite. En sport, les suspensions se raffermissent à l’extérieur pour maintenir l’assiette de la voiture très stable. Les sièges jouissent aussi d’un support automatique en virage, on ne bouge pas du tout, et ce, même à des vitesses que je dirais… soutenues.
En mode confort, c’est toutes les qualités d’une boulevardière que l’on retrouve. C’est plus souple et plus confortable. Pour améliorer l’aérodynamisme, la voiture se s’abaisse d’elle-même à une certaine vitesse.
Comme la température du sud de l’Espagne était aux environs de 20 degrés, inutile de dire que la majorité de l’essai s’est fait les cheveux au vent. Ce que l’on remarque est la discrétion de la sonorité du V8. Considérant qu’il s’agit de 429 étalons qui nous propulsent, un peu moins de retenue aurait été plaisante de la part des ingénieurs. Une chose est certaine, la puissance est au rendez-vous avec ce 4.6 litres. Évidemment à ce niveau dans la hiérarchie automobile, il est difficile de lui trouver une critique sur le plan technique. C’est voluptueux, puissant et ferme. La rigidité du châssis n’a jamais failli à sa tâche.
On retrouve la transmission automatique à sept rapports qui est d’une discrétion incroyable. Le mode manuel est moins heureux, la voiture nous laisse entendre assez vite qu’elle préfère avoir le contrôle sur son destin en étant peu coopérative avec les montées de régime. Selon Mercedes-Benz, la nouvelle SL est 30 % plus économe en carburant.
La version canadienne
Au Canada une seule version est actuellement disponible avec le modèle SL550. Il faut savoir qu’au pays toutes auront l’ensemble d’apparence AMG qui intègre un pare-chocs sportif et des jantes de 19 pouces. Pour les collectionneurs, l’Édition1 sera offerte en seulement 10 unités. Celle-ci vient avec une peinture argentée cristal et un intérieur en cuir rouge, une beauté. En matière d’équipement, on arrive avec l’ABC de série et les freins sport de diamètre plus généreux. Pour l’instant, les tarifs officiels ne sont pas encore divulgués. Mercedes-Benz Canada nous confirme que le prix sera vraisemblablement similaire au modèle précédent, environ 130 000 $. La version SL550 est déjà disponible pour les commandes avec livraison prévue en mai. Pour ceux qui ont suivi l’actualité automobile, la SL63 AMG est aussi dévoilée avec une disponibilité en août. La version V12 SL600 n’est pas reconduite pour 2013 et la monstrueuse SL65 AMG n’est toujours pas officiellement confirmée.
Conclusion
Cette nouvelle SL s’inscrit à la perfection dans la lignée qui l’a précédé. Elle demeure une voiture exceptionnelle avec toutes les qualités qui ont fait de la SL la SL. Connue et reconnue depuis 1954, on voit bien que Mercedes-Benz y accorde un soi particulier. Le seul bémol que j’ai par rapport à ce futur classique est son style nettement trop conservateur.
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