Forces et faiblesses:
- Suspension souple
- Qualité de fabrication
- Consommation d’essence
- Style ultra conservateur
- Direction endormie
- Banquette arrière non rabattable
Quand je tombe dans un sommeil profond, je dis souvent que je suis allé dans les bras de cette déesse endormie : Morphée. Reine de mes dodos, j’étais loin de me douter qu’un jour, j’aurais le même
Cote d'ensemble:
6/10
Quand je tombe dans un sommeil profond, je dis souvent que je suis allé dans les bras de cette déesse endormie : Morphée. Reine de mes dodos, j’étais loin de me douter qu’un jour, j’aurais le même sentiment des paupières lourdes et d’un engourdissement des membres au volant d’une voiture. En exagérant un peu, c’est le sentiment que j’ai presque eu quand j’ai ressenti en roulant quelques heures au volant de la plus populaire des Lexus, l’ES350.
Voir les versions disponibles de la Lexus ES350 2012
Si l’ES est la manifestation automobile de ma belle déesse, je dois admettre que je suis un peu déçu de son apparence. Dire que l’ES est générique est un euphémisme. Il est difficile de réaliser plus sobrement une voiture. Les formes vieilliront bien, mais un peu de style n’a jamais fait de mal à personne. L’assemblage se veut exceptionnel.
La présentation intérieure est moderne et l’application du langage L-Finess se fait sentir avec les appliques de chrome qui cerclent les boiseries. Du beau travail. La grande quantité donne un sentiment un peu rococo, mais elle s’adresse à la clientèle visée. La configuration des commandes fait un peu vieux jeu avec une absence totale d’originalité. Bien que tous les éléments soient en place pour que l’on ait l’impression de se trouver dans une voiture de prestige, ce n’est pourtant pas le sentiment que j’ai retenu. Au mieux, une berline au tempérament de luxe. Après tout, il ne s’agit que d’une Camry de l’ancienne génération enveloppée de cuir et de bois.
Je cogne des clous.
Je m’y attendais un peu. Même, que Marc, mon patron, m’a regardé avec un regard suspicieux quand je lui ai demandé l’ES en essai. Sa réaction a été instantanée : « Ce n’est pas de ton âge, est-ce que tu es dépressif, tu es certain que ça va? » Par souci de professionnalisme, je considère que c’est important d’essayer tous les modèles, pas juste les « chars » sport, mais aussi ceux qui sont particulièrement populaires comme l’ES. Je sais que je suis encore à quelques décennies d’être dans la clientèle visée. Après quelques heures, je me suis d’instinct demandé : « C’est quoi là? Quand on a plus de 55 ans on n’aime pas conduire ou quoi? »
Je sais que la clientèle de l’ES désire un produit sans histoire, très confortable et fiable, mais j’espérais pas au point d’être complètement déconnecter de la route. On en vient presque à se demander si on se trouve dans notre salon ou dans une voiture. Là encore, on cherche un environnement qui est reposant et c’est le cas. Le confort est superbe, les sièges n’offrent aucun support. J’admets que sur les longs trajets on ne se fatigue pas. Il est difficile de qualifier les suspensions. Dans les faits, elles sont d’une mollesse déconcertante. D’un autre côté, elles ont l’avantage d’avaler absolument toutes les imperfections de la route. On ne sent pratiquement rien et à quelque part c’est agréable et complètement en lien avec la vocation du véhicule.
Là où j’ai beau chercher à comprendre, concerne la direction. Complètement aseptisé on ne communique pas du tout avec la route, on ne sent rien. Le problème ne réside pas tant dans l’assistance que le fait d’être surassistée. Sur l’autoroute par grands vents, il faut constamment exagérer la correction que l’on apporte au volant tant il est flou. Personnellement, j’ai eu l’impression de conduire un navire; le délai d’intervention de la direction est trop long avant sa réaction. Ai-je besoin d’insister que l’agrément de conduite n’existe pas dans le vocabulaire de l’ES?
La souplesse au menu
Mécaniquement, l’ES est presque parfaite. La puissance du V6 de 3.5 litres se trouve adéquate avec ses 268 chevaux. Ici on n’a pas besoin d’un moteur surpuissant inutilement. Il offre une belle souplesse et la transmission à six rapports va dans le même sens. On ne sent rien, mais c’est conséquent avec la dynamique proposée par la voiture. Un des points positifs de cette absence de brutalité résulte en une consommation d’essence de 9 litres par 100 km. Considérant une puissance raisonnable et le poids de la voiture c’est très bon.
Conclusion
Je clarifie : l’ES n’est clairement pas pour moi. Toutefois, pour les personnes qui perçoivent l’automobile comme un long fleuve tranquille vers les bras de Morphée, j’admets que l’ES frise la perfection dans son domaine. Elle offre luxe intéressant, une finition jalouse, un confort relevé, des performances adaptées, une bonne habitabilité et surtout une apaisante fiabilité. En soi, si l’agrément de conduite n’est pas un critère, il s’agit d’une excellente voiture. Il faut juste un peu plus de café le matin pour se rendre au bureau.
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