Marc Bouchard

Subaru BRZ 2013

La sportive en devenir

Subaru BRZ 2013

Fiche d'appréciation

Cote d'ensemble:

9/10

Forces et faiblesses:

  • Direction spectaculaire
  • Confort intérieur
  • Look dévastateur
  • Léger manque de puissance
  • Insonorisation déficiente
  • Places arrière, quelles places arrière?

Cote de l'auteur:

  • Performance: 6/10

  • Confort à l'avant: 8/10

  • Consommation: 8/10

La sportive en devenir

Quand on m’a dit que je devrais conduire la Subaru BRZ sur la piste et sur les routes de l’Oregon, j’étais enthousiaste, mais j’avais mes réticences. Après tout, depuis des années Subaru se spécialise dans la traction intégrale et dans la brusquerie sportive, n’importe qui ayant pris le volant d’une STI au cours des dernières années vous le confirmera.

La notion même d’une Subaru sportive, à propulsion, et avec 200 chevaux tout juste, me semblait un peu difficile à concevoir. Non pas que je n’ai pas confiance en la marque, loin de là, mais l’association avec Toyota dans le développement de ce petit coupé me semblait présager d’un peu trop de tranquillité… et pas nécessairement de dynamisme de conduite.

Mais voilà qu’au terme de longs kilomètres d’essais, et de dizaines de courbes sur la piste, je me corrige moi-même : la BRZ est tout ce qu’elle promettait d’être, et encore plus.. mais puissance en moins.

Les mauvaises langues diront sans aucun doute que la puissance n’a pas sa place sur nos routes, et que les méchants chroniqueurs ne devraient pas en faire la promotion, mais il devient difficile de ne pas y penser quand on s’assied derrière le volant d’un coupé ayant justement des prétentions à la conduite dynamique.

Du style et des courbes

On a (moi y compris), reproché depuis longtemps le style un peu ennuyeux de Subaru. Un de mes vétérans collègues journalistes avait l’habitude de dire que la section design de la compagnie était une boite à suggestion logée le long de la cafétéria de l’entreprise tellement le design n’avait pas cohérence.

On avait un peu amélioré les choses récemment mais pour le BRZ, on a fait appel aux collègues de Toyota, et le choix s’est avéré judicieux. La silhouette même de la voiture est spectaculaire, et donne définitivement l’impression d’une auto de grande valeur.

Le capot allongé, la grille avant plongeante et la longue ligne de toit qui se termine par un petit aileron sur les versions les plus hauts de gamme, constituent nettement une affirmation de la personnalité.

Même chose dans l’habitacle, dont le style est bien planté. Les sièges, enveloppants et de grand confort, sont enveloppants dans toutes les conditions, offrent un support digne des voitures de course, mais ne compromettent pas les longues randonnées pour autant. En fait, malgré ma taille moins mince que la moyenne, je m’y suis senti à l’aise et pas du tout courbaturé à la fin de ma longue journée. Mieux encore, sur le circuit, jamais je n’ai eu à me retenir moi-même, le siège se chargeant de tout le boulot.

Bémol d’importance évidemment pour l’espace dans l’habitacle. Les passagers avant profitent d’un grand confort, mais à moins de détester profondément vos amis, vous ne voudrez pas qu’ils prennent place à l’arrière dans ce microscopique espace trop limité.

En termes d’accessoires, la BRZ de base arrive de série avec un système multimédia de bonne qualité, et un système de navigation intégré, ce qui n’est pas le cas de tous les rivaux. Bref, une longue liste d’équipement de base qui permet à la BRZ d’être assez complète pour ne pas exiger trop d’investissement supplémentaire.

Techniquement, outre une des quatre couleurs existantes, l’acheteur aura le choix entre la boite automatique ou manuelle, et entre le groupe Sport tech (qui ajoute l’aileron, des phares antibrouillards et quelques détails) ou la version de base. Tout simplement…

En matière de motorisation, cette fois l’action est toute Subaru. ON a donc mis à profit le célèbre moteur à plat de la compagnie, un quatre cylindres de 200 chevaux placé bas dans la carcasse pour améliorer le centre de gravité.

Pour en tirer le maximum, il faut cependant aimer les hautes révolutions (la ligne rouge se situe à 7450 tours minutes) puisque le moteur se sent le plus à l’aise aux environs de 4000.

Sur la route

Évidemment, c’est sur la route que la BRZ devait faire ses preuves. Dès le départ, les longues et sinueuses routes campagnardes de l’Oregon lui ont permis de faire valoir sa maniabilité extrême. Encore une fois, la direction à assistance électrique me faisait craindre le pire, mais elle est d’une chirurgicale précision, et transmet à merveille toutes les sensations de conduite.

Il est vrai que nous aurions apprécié un peu plus de puissance (le faible 151 livres-pied de couple se fait lourdement sentir au départ), et probablement un tantinet davantage d’insonorisation. Sur certaines routes au pavage douteux, il fallait clairement hausser le ton de la conversation pour s’entendre dans l’habitacle.

En revanche, le long des canyons, la BRZ enfile les courbes avec une aisance impressionnante, même les plus serrés. Et le mode confortable (un mode sport est aussi disponible) rend les changements de vitesse de la boite automatique parfaitement bien étagés.

Quant à la boite manuelle… soyons honnête, pour une fois, Subaru a une vraie boite manuelle qui ne nage pas dans la guimauve. Cette seule amélioration vaut le détour.

Quant à notre séjour sur la piste hyper accidentée du Oregon Raceway Park, il s’est avéré fort constructif. Il nous a permis de mettre en évidence le mode sport, qui désactive en partie les systèmes embarqués de sécurité mais jamais suffisamment pour vous placer en position difficile.

Le circuit, long de 4,4 kilomètres, présente environ 16 virages, et un dénivelé de quelque 125 mètres. Véritable montage russe, il m’o obligé à repousser mes propres limites de maitrise de la voiture, mais a permis à la BRZ de prouver hors de tout doute qu’elle était à l’aise dans toutes les conditions. Il y a bien eu quelques sortis de piste de certains collègues, mais ces derniers poussaient la mécanique un peu plus fort…

Conclusion

De tous mes préjugés de départ, il ne reste que peu de choses. En fait, outre l’insonorisation un peu déficiente, je ne trouve que peu à redire sur la Subaru BRZ. Tellement d’ailleurs qu’elle est rapidement devenue le coup de cœur de plusieurs collègues. Et que si ma situation me permettait de m’acheter une voiture sport abordable (rappelons que la BRZ commence à 27 500$ environ) elle serait définitivement en haut de la liste.

Quant à la puissance, elle est suffisante amplement pour nos routes. Et ceux qui veulent davantage n’auront qu’à être patients.. même si on se refuse à toute confirmation, je parierais bien un vieux 2$ qu’une version STI fera bientôt son apparition.

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Fiche technique

  • Échelle de prix: $27,295.$ à 30 795 $
  • Véhicule d’essai: Subaru BRZ 2013
  • Garantie du groupe motopropulseur: 60 mois/100 000 km
  • Concurrence générale: Scion Fr-S
  • Garantie de base: 36 mois/60 000 km