Forces et faiblesses:
- Moteur puissant
- Design explosif
- Suspensions adaptées
- Visibilité
- Accès et ergonomie
- Prix d’achat
Mi moto, mi auto, une étrange bibitte
Mi moto, mi auto, une étrange bibitte
Le T-Rex de la compagnie Campagna Motors est une invention québécoise, et continue d’être assemblé, à raison de 150 unités par année, à Boucherville, non loin de chez nous. La petite machine au style explosif connait un certain succès au Québec, mais a réussi à se tailler une forte réputation dans les états du sud des États-Unis, notamment la Californie et le Nevada où même le magicien Criss Angel en conduit un.
Ceci étant dit, ça n’empêche pas le T-Rex d’être une bien étrange bibitte, surtout dans le vert fluo qui équipait mon véhicule d’essai. Sa forme, son style et son usage plutôt limité est en soi une véritable marque de commerce.
Il faut dire que le T-Rex est extrême. Mélange soigné entre la moto et l’auto, il propose un véritable carénage de voiture de formule un à l’avant, avec son nez affilé et ses roues avec une portée élargie.
Au centre, le cockpit reprend les éléments d’une moto, cadran et boutons, abrité derrière un minuscule pare-brise, mais offre deux places côte à côte avec une position de conduite rien de moins que spectaculaire. En fait, le conducteur et son passager sont littéralement allongé sur le dos, mais fort bien soutenu pour avoir un confort ma foi remarquable.
Enfin, à l’arrière, un très large pneu transmet toute la puissant du moteur 1400 cc de Kawasaki à la bête. On lui a jumelé la traditionnelle boite de vitesse séquentielle de moto, mais cette fois munie d’un levier logé entre les deux sièges.
Et bien entendu, c’est un volant et non un guidon qui sert à diriger la bête. Détail intéressant, parce que ses particularités physiques sont tellement uniques, le T-Rex profite d’une exemption en matière de loi sur la sécurité routière : identifié comme véhicule trois roues, il nécessite un simple permis de conduire classe 5, comme votre voiture de tous les jours, de la part de son pilote.
Sur la route
Assis avec les fesses presque au sol, j’enfile la bretelle d’accès à l’autoroute à bonne vitesse. J’accélère, j’atteins la vitesse permise de 100 kilomètres à l’heure, et je me faufile dans le trafic avec un petit frisson d’anxiété, faut-il le préciser. Car il y a bien longtemps que je n’ai conduit un T-Rex, et ma position de conduite fort basse me rend un peu insécure en ces premiers mètres de conduite.
Voilà que je m’habitue rapidement. Il est vrai que de rouler à basse vitesse en pleine heure de pointe montréalaise, en traversant le tunnel Louis-Hyppolite Lafontaine n’est pas exactement l’expérience d’une vie. Mais les quelques minutes qu’il me faut pour m’en sortir sont rapidement oubliées lorsque je peux enfin reprendre la vitesse de croisière, et circuler librement dans mon petit bolide.
Et dans les rues de la ville, comme au centre-ville de Montréal, c’est par dizaine que les curieux observent la bête, m’envoyant un signal d’appréciation de la main plus souvent qu’à mon tour. Et je suis certain que cette appréciation n’avait rien de personnelle, puisque mon look était plutôt incertain affublé que je l’étais de mon casque de moto obligatoire!
Contorsion à gogo
Impossible, quand on a ma taille fine (ou qui l’a déjà été…) de se glisser à l’intérieur du T-Rex sans de multiples contorsions. La technique requiert un peu de pratique, et exige pour être plus simple que vous retiriez le volant, ce qui se fait heureusement sur simple pression d’un bouton!
Mais une fois que l’on s’est laissé tomber en place (c’est le meilleur qualificatif que j’ai pu trouver), la position est confortable. Il faut bien se contorsionner encore un peu pour enlever le frein à main caché sous la planche de bord, ou encore pour attacher sa ceinture de sécurité (identique à celle de votre voiture), mais c’est une simple question d’habitude.
En ressortir demande aussi quelques efforts, et pas beaucoup d’orgueil surtout les premières fois. Heureusement, les regards sont tellement attirés par la machine que le conducteur s’en sort sans trop attirer l’attention!
Mais sur la route, le T-Rex impressionne. Ses accélérations sont vives, et loe sentiment de sécurité est étonnant. Il faut dire qu’une cage de sécurité soudée entoure pilote et passager, donnant l’impression d’un cocon de sécurité.
Et bien que la visibilité soit parfois difficile (et l’inquiétude un peu grande que les autres ne vous voit pas non plus en raison de votre petite taille), la T-Rex se diriger avec aisance dans toutes les situations.
Même une conduite plus sportive est pardonnée par la machine dont les suspensions avant absorbent les hasards de la route sans trop de dommage. Bémol cependant, la proximité du moteur derrière les passagers (et la présence d’un casque) limite considérablement la conversation.
Bien sûr, il faut compter quelques dizaines de milliers de dollars pour obtenir un T-Rex. Mais pour ceux qui aiment le plaisir, et qui ont envie d’une expérience tout à fait unique, ce produit québécois est un must. Vivement la suite de l’été…. On m’a promis un essai de la V13, une autre version plus modérée du T-Rex. J’ai déjà hâte…