Luc-Olivier Chamberland

Jaguar XJ L Supercharge 2012

Lady XJ

de

Fiche d'appréciation

Cote d'ensemble:

9/10

Forces et faiblesses:

  • Performance
  • Design extérieur/intérieur
  • Consommation d’essence
  • Fiabilité?
  • Coffre petit
  • Suspensions sèches

Cote de l'auteur:

  • Prix: 9/10

  • Performance: 10/10

  • Confort à l'avant: 10/10

  • Consommation: 8/10

Lady XJ

Lady XJ est née en 1968. Sa carrière fut marquée par un conservatisme consommé qui lui allait à merveille comme servante accomplie de la royauté britannique. Cette réserve changea du tout au tout lorsque l’Anglaise rencontra l’homme de sa nouvelle vie, un certain Ian Callum. Ce dernier considérait que la dame devait changer, passer au siècle auquel elle appartient. Le résultat : elle adopta une robe qui l’a distingue comme étant l’une des plus belles voitures du genre grand luxe de prestige.

Le souffle offert par son Ian lui donne des airs félins comme jamais auparavant. Élancées, ses courbes la font paraitre encore plus longue qu’elle ne l’est vraiment. Il faut admettre que dame XJ peut bien se permettre d’être monumentale, sa conception en aluminium la rend passablement plus légère, un régime amaigrissant des plus efficaces. Même si elle renie pratiquement son passé, elle est toujours reconnaissable. Même devant l’audace de son dessinateur, on sait que c’est une Jaguar de famille. La grande calandre en grillage de chrome et le regard perçant sont des attributs qu’elle conserve. On peut dire que l’arrière lui va un peu moins bien. Les feux sont sous-dimensionnés considérant sa grosseur et ces affreuses bandes noires qui cerclent la lunette gâchent le profil. Sa silhouette l’a fait passer à quelques reprises pour une simple prolétaire suédoise de nom Volvo. Je ne suis pas certain que son dessinateur ne crierait au lèse-majesté en entendant cela. Il faut admettre que je peux comprendre une certaine logique derrière le commentaire, surtout en ce qui concerne la ligne de toit.

Bien que l’on puisse parler des heures de sa rupture avec ses aïeules, c’est à l’intérieur que selon moi, elle se transforme le mieux. On ne retrouve toujours que des matériaux de factures supérieures comme le cuir qui recouvre l’ensemble des surfaces à l’exception de celles qui sont faites de boiseries (pas moins de six choix sont offerts par la maison) ou de chrome. La finition se veut sans reproche avec un bon sentiment de solidité. En matière de design, c’est à la fois élégant et avant-gardiste. Les grandes buses d’aération qui chapeautent la planche de bord assurent la rupture. La configuration est enveloppante à souhait avec la bande de bois de rose et la console centrale qui coule vers l’arrière. On se sent vite intime avec Dame XJ. Et que dire de l’éclairage ambiant bleuté le soir!

Malheureusement, elle éprouve de la difficulté avec les gadgets technologiques. Son lecteur CD refuse une fois sur deux ne nous rendre le disque alors que son régulateur de vitesse décide de manière aléatoire notre rapidité. Je me suis retrouvé à quelques reprises avec une vitesse programmée de 190 km/h! (ne vous inquiétez pas, j’ai désactivé le système!).

Le dernier point que j’admets ne pas avoir particulièrement apprécié sont les présentations par écran de la nacelle d’instrumentation. Ce n’est pas l’idée que je n’aime pas tant que le style retenu. Il ne cadre tout simplement pas avec l’élégance du reste de la voiture. L’expression qui m’est venue en tête est : bas de gamme. Toujours au chapitre des critiques, l’accès à l’arrière se veut difficile pour les personnes de taille normale. La ligne de toit est un obstacle. Finalement, considérant le volume de la grande XJ, le coffre est vraiment petit.

Féline, mais avec du chien

La vocation de la XJ est d’être voluptueuse; elle l’est. Mécaniquement, je ne peux rien lui reprocher. Son moteur V8 de 5.0 litres arrive avec une puissance plus qu’adéquate de 470 chevaux bien suralimentés. Les accélérations sont vives et en conséquence de l’image de prestige de la voiture. En plus d’être une bête, elle est somme toute très économique considérant le poids, la puissance, les performances et la cylindrée avec une moyenne observée de 10.6 litres par 100 km. La transmission pourrait avoir un ou deux rapports de plus que seulement six. Dans l’ensemble, elle s’acquitte bien de sa tâche.

Pour les personnes qui désirent considérablement augmenter leur consommation, il y a une lettre magique : S. Cette simple lettre transforme du tout au tout cette gracieuse berline en une véritable dominatrice. Les changements se font partout. De la gestion du moteur à la transmission en passant par la direction plus directe jusqu’au débattement des suspensions, tout y passe. On se retrouve avec une voiture qui propose un tempérament très dynamique. On se plait à conduire, le sacrifice à la pompe déplait proportionnellement.

Il faut que je mentionne que les suspensions que l’on adopte ou pas le S sont généralement assez sèches ce qui altère un peu la qualité de roulement. Il est certain que les jantes de 20 pouces n’aident pas. Considérant que c’est une Jaguar, on s’attend à un meilleur confort.

Conclusion

Je l’avoue : j’aime cette grande dame de la route. Oui, elle possède des défauts qui font fuir les acheteurs comme sa fiabilité encore douteuse. Il reste que pour moi, elle a un gros quelques choses que les autres berlines du genre n’offrent pas. Elle est plus distinctive, vient avec de multiples personnalités et le tout offert dans un style sublime. Je n’ai pas dormi avec elle la nuit, mais il en aurait de peu pour que j’aille veiller avec elle. Une grande routière, performante, exclusive, mais infidèle.

Suivez-nous sur Twitter @AutonetFR

Fiche technique

  • Échelle de prix: 88 000 – 135 500 $
  • Véhicule d’essai: 2012 Jaguar XJ L Supercharge
  • Prix du modèle à l'essai: 118 550 $
  • Consommation rapportée: 10,6 l./100km (observée)
  • Concurrence générale: Audi A8L, BMW Série 7L, Lexus LS460L, Maserati Quattroporte, Mercedes-Benz Classe S, Porsche Panamera
  • Frais transport: 1 350 $