Marc Bouchard

Subaru XV Crosstrek 2013

L’Impreza nouveau genre

de

Fiche d'appréciation

Cote d'ensemble:

8/10

Forces et faiblesses:

  • Rouage intégral
  • Style agréable
  • Direction précise
  • Boite manuelle
  • Habitacle bruyant
  • Accélération parfois hésitante

Cote de l'auteur:

  • Performance: 7/10

  • Confort à l'avant: 8/10

  • Consommation: 6/10

L’Impreza nouveau genre

(Kahuku, Hawaii) – Les vagues se précipitent sur les rochers, laissant derrière elles leur sillon d’éclaboussures. Les surfeurs, patients, attendent calés dans l’eau salée, le moment où la vague magique leur tombera dessus. Et les enfants, nombreux, font un incessant va et vient sur le sable chaud. Ce paysage enchanteur, sur l’Ile de Oahu à Hawaii, c’est le lieu qu’a choisi Subaru pour faire rouler les premières versions nord américaines de son nouvel utilitaire sport, le XV Crosstrek.

Le lieu peut sembler excessif. Mais pour les dirigeants de Subaru, Hawaii représente exactement ce que le XV Crosstrek veut lancer comme message : un véhicule qui a du style, du charme, mais qui ne néglige pas non plus le petit côté actif de ses conducteurs. Exactement comme les sont les centaines de surfeurs réunis sur la rive Nord de l’ile.

Mais contrairement à Hawaii qui a sa personnalité propre et son style bien à elle, le Crosstrek lui doit emprunter à sa petite sœur Impreza pour s’affirmer. Car n’en déplaise aux dirigeants de Subaru, le nouveau véhicule n’est qu’une adaptation, fort bien réussie il faut l’avouer mais une adaptation tout de même, de la petite Impreza.

Affaire de style

Précisons d’abord tout de suite que les deux véhicules partagent un nombre impressionnant de composantes. En fait, tout le châssis est exactement le même sur les deux véhicules, tout comme le sont certaines pièces extérieurs, comme les portières latérales, et la porte de hayon. En fait, le style du Crosstrek est surtout modifié par sa hauteur (environ 10 centimètres plus élevé) que la Impreza cinq portes, et par la présente de pare-chocs adaptés pour l’occasion.

On a aussi modifié les arches de roues en leur moulant de plastiques uniques, et on a apposé sur le Crosstrek des roues qui, soulignons-le, sont totalement exclusives et charmantes. Une fois ce portrait réussi, il faut savoir que l’empattement est aussi demeuré le même, et que rien d’autre n’a, du point de vue esthétique, véritablement été modifié.

Mais je ne sais si c’est la hauteur ou le style des roues, il faut avouer que le Crosstrek a définitivement plus de gueule que sa consœur cinq portes. La voiture perd son allure trop tranquille de familiale basse sur patte pour lui conférer un véritable style affirmé. La couleur orangé de mon véhicule d’essai n’était peut être pas étrangère à la chose non plus.

Quant à l’habitacle…. Rien à signaler. Il est lui aussi exactement comme l’Impreza, et n’impose rien de nouveau si ce n’est un système audio avec écran de navigation sur les versions les plus haut de gamme. Pour le reste, bonnet blanc et blanc bonnet; les espaces de chargement sont les mêmes, le dégagement pour les passagers aussi, et le confort des sièges totalement identique.

Ce qui en soit n’est pas une mauvaise chose, puisque l’Impreza, de ce point de vue, est devenue plus intéressante que jamais.

Même la mécanique demeure la même. On reprend bien sûr la traditionnelle traction intégrale de Subaru, une des plus efficaces du genre, auquel on ajoute le nouveau moteur 2,0 litres de 148 chevaux jumelée soit à une boite manuelle cinq vitesses, soit à une CVT avec palette au volant.

Évidemment, vous aurez compris que personne ne sera essoufflé des accélérations du véhicule; il propose toutefois une économie d’essence inférieure à 8 litres aux 100 km, ce qui est exceptionnel, et totalement approprié pour un véhicule du genre.

Mentionnons que le Crosstrek sera offert en trois versions, dont la liste d’accessoires variera, mais qui seront tous équipés du même moteur,

Aloha!

Sur les routes de Hawaii, le Crosstrek s’est tiré d’affaire avec aisance. Bien sûr, ses accélérations se sont avéré un peu longuettes, mais rien de tragique. Et il me faut admettre que si j’ai tendance à ne pas apprécier les boites CVT, celle de Subaru reçoit une très bonne note pour ses performances.

On ne peut en dire autant de la boite manuelle, mal adaptée, et au comportement mécanique tellement mou qu’on la dirait coulée dans du caoutchouc. Autre bémol d’importance, alors que l’habitacle de la version CVT se veut silencieux et agréable, celui de la voiture équipée de la boite manuelle était remplie de vibrations sonores du plus mauvais effet. Ce qui, je dois l’admettre, n’a pas eu que des côtés négatifs puisque cela m’a empêché d’entendre une fois de plus les histoires souvent répétées de mon copilote de la journée. Mais en famille, cela peut poser un véritable problème pour entendre fiston vous interpeller de la banquette arrière.

En revanche, la direction, assistée électriquement, même si elle n’est pas un exemple de communication agréable, répond avec efficacité aux exigences du conducteur et sa précision ne se dément pas.

À l’assaut des dinosaures

Parce qu’on veut le présenter comme un utilitaire sport, le Crosstrek profite d’une voie un peu élargie, et d’une garde au sol plus élevée que celle du Grand Cherokee. Et c’est dans le décor du film Le Parc Jurassique (et d’une trentaine d’autres films incluant Godzilla) que nous avons pu tester ses capacités hors routes.

Évidemment, pas question ici de sentiers extrêmes, mais de routes de chalet plus bosselées que la moyenne. Et en toutes circonstances, tant dans l’eau que sur les rochers plus rugueux, le Crosstrek s’est montré à la hauteur, dans tous les sens du terme.

Conclusion

Le XV Crosstrek (le nom XV est l’appellation japonaise; le mot Crosstrek a fait son apparition pour l’Amérique du nord et devrait être l’appellation familière) est étonnant. Sa parenté avec l’Impreza est indéniable, et vraiment sans surprise.

Mais alors que l’Impreza avait quelques faiblesses de style et de polyvalence, les quelques réglages (notamment des suspensions) du nouveau Crosstrek corrigent ces vilains défauts. Et la liste d’équipements plus longue favorisera aussi l’attachement d’une certaine clientèle plus exigeante.

Alors que ma Chérie a adoré sa Impreza d’ancienne génération, elle n’est pas capable de se faire à la nouvelle, et a choisi de passer son tour. Le XV Crosstrek pourrait bien être le véhicule qui la réconciliera avec la marque. Reste à voir maintenant à quel prix cette nouveauté sera offerte au Canada. Il faudra cependant attendre son arrivée en août pour en savoir davantage.

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Fiche technique

  • Véhicule d’essai: Subaru XV Crosstrek 2013
  • Consommation affichée: 7,1 /100km (route); 9,1 l /100 km (ville)
  • Garantie du groupe motopropulseur: 60 mois/100 000 km
  • Concurrence générale: Nissan Juke, Mini Countryman
  • Garantie de base: 36 mois/60 000 km