Jacques Deshaies

La Corvette a 60 ans

La voiture exotique des américains...a-t-elle mal vieillie?

de

Fiche d'appréciation

Cote d'ensemble:

7/10

Forces et faiblesses:

  • Silhouette spectaculaire
  • Performances hors du commun
  • Tenue de route de haut niveau
  • Présentation intérieure ordinaire
  • Prix d’un Boeing
  • Toit souple difficile à manipuler

Cote de l'auteur:

  • Performance: 9/10

  • Confort à l'avant: 7/10

  • Consommation: 7/10

La voiture exotique des américains...a-t-elle mal vieillie?

Elle est à peine plus vieille que moi. Et pourtant elle rajeunit à chaque fois. Dommage que ce ne soit pas mon cas. Mais a-t-elle pris autant d’expérience? Voilà la grande question. La dernière semaine m’a permis de vivre quelques moments nostalgiques à bord d’une des plus vieilles icônes de l’industrie nord-américaine. Pas qu’elle date, mais plutôt pour ce qu’elle représente pour un vieux comme moi qui a vu le jour à peine 5 ans après son introduction.

Ma voiture d’essai arborait, l’emblème 427 sur la partie centrale du capot. Un rappel aux cabriolets des années 1966 à 1969. Ces modèles sont les plus recherchés par les collectionneurs. C’est en 1966 que la première Corvette 427 est sortie de la chaîne de montage. Proposés en deux versions, les acheteurs avaient le choix entre la version L30 d’une puissance de 390 chevaux ou la version L72 qui offrait une puissance de 425 chevaux. Malheureusement pour les amateurs de performances, le début des années 70 sonnait le début d’une période austère avec la première crise du pétrole.

Spectaculaire, mais…

Elle a fait tourner bien des têtes cette Corvette toute de blanc vêtue. Elle conserve ce galbe des pourtours d’ailes et une partie arrière encore coupée au couteau. Les extracteurs d’airs latéraux s’intègrent dans les découpures de carrosserie qui se terminent tout près des roues arrière. Deux petites entrées d’air complètent l’ensemble. Une fois la capote abaissée, la partie arrière des sièges est enveloppée dans un moulage aux couleurs de la carrosserie. Il faut signaler que cette version 60e anniversaire est assemblée dans des matériaux de pointes. Entre autres, le capot, les ailes avant et les panneaux de plancher sont fabriqués en fibre de carbone. Ces éléments sont empruntés de la Z06.

Pour ce qui est de la présentation intérieure, je suis passablement déçu. Le volant gainé de simili-suède offre une bonne prise, mais pour le reste, pas très étoffée pour une voiture de ce prix. L’ergonomie est au rendez-vous, mais les plastiques de piètre qualité. Il faut tout de même souligner que le tableau de bord est enveloppé de cuir. Pas mal! Mais soulignons aussi que les vitres à descente automatique sont absentes. Et que dire du toit souple qui s’avère peu efficace? Vous devrez tirer le frein à main et manipuler une poignée au centre de la partie supérieure du pare-brise. Rien de bien compliqué, mais plutôt simpliste pour une voiture de ce calibre.

J’aurais aussi aimé avoir des sièges plus enveloppants offrant un meilleur support latéral. Avec toute la puissance de cette bête, c’est essentiel.

De la puissance à revendre

Mais sous sa partie, avant ultra légère loge un fabuleux moteur V8 de 7,0 L de 7008 cm3. Pour les plus vieux d’entre vous, un bon 427 pouces cube. Cette motorisation livre plus de 505 chevaux à plus de 6300 tr/min. Et il s’accompagne d’un couple de 470 lb-pi. Je ne vous parle pas de la consommation, car à ce point, ça n’a aucune importance. Ce groupe motopropulseur est complété par une boîte manuelle à six rapports. C’est d’ailleurs la seule offerte dans cette version.

L’ensemble est bien équilibré, mais attention à l’embrayage. Dans la circulation lourde, c’est l’outil idéal pour la musculation du mollet. Les rapports sont bien étagés et permettent de bien exploiter la puissance du V8. Mais attention au train arrière en accélération et en virage. Je me permets de vous conseiller un cours de conduite avancé avant de pousser cette Corvette au-delà de vos limites. Autre caractéristique intéressante, la sonorité du moteur. À partir du 2e rapport et en accélération au-dessus d’un régime de 3500 tr/min, le système d’échappement offre un son du tonnerre. C’est à ce moment que l’on découvre tout le potentiel de la voiture.

Côté suspension, la Corvette 60e anniversaire dispose de la fameuse suspension active magnétique à commande sélective. Avec cet ajout, vous pourrez opter pour le mode confort ou le mode sport plus dynamique. Mais attention aux dos sensibles dans ce dernier cas.

En résumé, la Corvette GS 60e anniversaire offre beaucoup sur le plan performance. Son moteur de 7.0 L, une partie avant en fibre de carbone et une suspension sophistiquée lui confère le titre de l’une des belles réussites de GM. Mais, et avec les commentaires de mes amis passionnés de voiture haute performance, cette Corvette est démesurément cher. Je comprends que la fibre de carbone fait grimper la facture, mais pour 113 000 $, la concurrence est féroce. De plus, impossible de rendre justice à cette bête sur nos routes au Québec. Sauf pour les délinquants qui sont toujours dangereux. C’est probablement la principale raison pour laquelle elles se font rares sur nos routes. À vous de juger!

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Fiche technique

  • Échelle de prix: 76 600 $ à 128 895 $
  • Véhicule d’essai: Chevrolet Corvette GS 60e anniversaire 2013
  • Prix du modèle à l'essai: 113 415 $
  • Garantie du groupe motopropulseur: 60 mois/160 000 km
  • Concurrence générale: Porsche 911, Jaguar XK, BMW Serie 6
  • Garantie de base: 36 mois/60 000 km