Alain Mckenna

Six, le chiffre de la bête pour Mazda

 

Six, le chiffre de la bête pour Mazda

 

Depuis le temps que Mazda en parle, on s'attendait à une petite révolution du côté de la Mazda6, sa berline intermédiaire. Par moments, on a l'impression que le fabricant a voulu en faire un peu trop.

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À plus d'un point de vue, cette nouvelle bête dévoreuse de bitume est élégamment moderne. D'abord, la silhouette est à la fois costaude et effilée (ainsi qu’infiniment photogénique, pour tout vous dire). Voilà une japonaise qui a tout pour elle : forte en gueule, traits modernes, dimensions à l'avenant. Il en faut, pour rivaliser avec les plus récentes Altima de Nissan et Accord de Honda.

À l'intérieur, on ne manque jamais d'espace : le dégagement latéral à l'avant est généreux, tandis qu'à l'arrière, on a tout l'espace voulu pour les jambes et la tête de deux, voire trois adultes de 1,80 m. Dans les versions les plus équipées, une sellerie de cuir sombre brodée de fil rouge rehausse le caractère haut de gamme de la voiture.

Bref, le premier contact est extrêmement positif. En prime, la fiche technique place la barre à un haut niveau en matière d'économie d'énergie et du sacro-saint plaisir de conduire si cher à Mazda. Après tout, la technologie SkyActiv, une combinaison de révisions mécaniques et techniques devant minimiser la consommation, est au menu, tout comme quelques autres gadgets technologiques dernier cri.

Mentionnons au passage la surveillance d'angles morts et un système de freinage automatisé visant à éviter les collisions frontales à basse vitesse (lire : en ville).

En attendant le diesel…

Toujours sans avoir mis le pied sur l'accélérateur, quelques détails font sourciller. D'abord, l'inutile redondance des commandes du système multimédia avec navigation, qui se retrouvent à la fois en bordure du petit écran tactile et au pied de la console, sous forme d'une molette encadrée par des touches d'accès direct. Sans parler des autres commandes, au volant celles-là.

Ensuite, malgré l'acclamation quasi unanime, certains éléments de finition n'ont rien de bien spectaculaire. Le plastique noir laqué, le pommeau de la boîte de rapports automatique et, tant qu'à y être, les commandes du coffre et du réservoir d'essence semblent avoir souffert d'une certaine négligence, côté design et ergonomie.

Mais bon. Billevesées, pourrait-on arguer.

Au volant, le 4 cylindres de 2,5 litres ne révolutionne rien, mais, au moins, ses 184 chevaux remplacent adéquatement un V6. Sa consommation, entre 8 et 9 litres aux 100 km, est dans la moyenne. L'Accord et l'Altima font sensiblement la même chose, sinon un peu mieux.

Son comportement est de la même eau. Il rappelle même la Mazda6 précédente, pour le meilleur comme pour le pire : effet de couple surprenant, niveau sonore élevé, essoufflement prématuré exigeant de passer les rapports souvent et rapidement. Sans doute de bons pneus d'été amélioreront-ils sa tenue de route, déficiente dans les conditions hivernales du moment.

L'ensemble nous donne surtout envie de découvrir la version à moteur diesel, qui promet un couple de 310 livres-pieds et une consommation combinée sous les 6 l/100 km, grâce à une double turbocompression prometteuse. Au Japon, le quart des Mazda6 vendues sont à moteur diesel. Chez nous, si le prix est bon, ce pourrait être bien plus que ça…

À ce propos, à 24 500 $ pour le modèle de base, la Mazda6 s'inscrit dans la moyenne de ce marché. Ses cibles semblent clairement être Honda et Nissan. Un peu normal qu'elles jouent du coude, les japonaises : ce sont les plus populaires dans ce créneau, chez nous comme chez nos voisins du Sud. Une boîte automatique offerte sans frais additionnels, sur les versions plus équipées, intéressera plus d'un conducteur.

Bref, voilà une charmante nouvelle petite bête. Malgré quelques détails agaçants, Mazda semble avoir pigé le bon numéro.

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Fiche technique

Modèle : Mazda6 2014

Prix : 24 495 $ à 32 195 $

Modèle essayé : Mazda6 GT avec groupe Technologie (34 195 $)

Mécanique : 4 cyl. de 2,5 litres

Puissance/couple : 184 ch/185 lb-pi

Boîte : man. 6 rapports (auto. 6 rapports en option)

Consommation : 7 l/100 km (réelle : 8,4 l/100 km)

Garantie : 3 ans/80 000 km (gr. prop. : 5 ans/100 000 km)

Rivales : Chevrolet Malibu, Ford Fusion, Honda Accord, Nissan Altima, Toyota Camry

Plus

La nouvelle silhouette

L'espace utile

La consommation réduite

Moins

Le niveau sonore élevé

La redondance de certains composants