Luc-Olivier Chamberland

Ford Fairlane Victoria 1955-1956

Les années 50 ont marqué un enchaînement pour Ford. Déjà, à la fin de la décennie précédente, on avait introduit la légendaire Ford Custom, puis venait en 1952 la mythique Crestline. Ce fut l’un des modèles qui servirent le plus les intérêts du constructeur dans sa bataille contre Chevrolet.

Ford Fairlane Victoria 1955-1956

 

 

Bien que la série de voitures Crestline sous toutes ses formes ait connu un succès notable, elle cédait le pas dès 1955 à une nouvelle génération de produits, les Fairlane.

Après l’année record de 1953, Ford était sur une lancée. Toute l’attention était alors concentrée sur deux automobiles en particulier, la division Fairlane et un cabriolet anti-Corvette, le Thunderbird. Les ventes étaient bonnes en 1955, mais diminuaient en 1956. Ce recul ne résultait pas du manque d’innovation de la Fairlane. Ford se targuait d’être à l’avant-garde en matière de sécurité avec le groupe Lifeguard Design. Petite révolution en-soi, on introduisait pour l’une des premières fois de l’histoire, en Amérique, un ensemble d’options visant a augmenter la protection des passagers, notamment les ceintures à 9 $. De plus, on proposait un volant au centre creux, supposément moins dangereux en cas d’impact frontal. L’enclenchement des portières à double serrure était possible, tout comme une planche de bord et des pare-soleil recouverts de matériaux souples «confortables». On parlait  d’une tarification supplémentaire de 16 $. Comme la sécurité n’était pas encore au cœur des préoccupations des consommateurs, seulement 20 % des véhicules vendus en furent équipés en 1956.  

1956 est aussi l’année de l’introduction de la quatre portes «hard-top» de la Fairlane. Tout comme les autres versions, elle témoignait d'un grand souci du détail. La large et stylisée bande de chrome insistait sur la présence des deux coloris.

Avec le succès et la naissance de la légende Thunderbird, nous ne sommes pas surpris de voir que Ford a beaucoup utilisé le nom. C’est cette même année qu’on a proposé pour la Fairlane le moteur V8 de 292 pouces cubes (4,8 litres) Thunderbird. Ce dernier, avec ses quatre barils, conférait une puissance de 202 chevaux aux roues arrière, transmise par une automatique à trois rapports. C’est la motorisation de la voiture titre de cette chronique. Bien cette version ait été satisfaisante, on en a présenté une autre, également équipée d'un V8, mais cette fois de 312 pouces cubes (5,1 litres). 

Cette Ford Fairlane Victoria 1956

On peut dire que le détenteur de cette voiture est vraiment un gars de Ford. Toujours passionné par l’automobile, M. Doyon travaille sur sa première restauration dès l’âge de 15 ans. C’est en 1999 qu’il se procure SA Fairlane Victoria, un modèle qu’il désirait entre tous depuis sa jeunesse. Bien qu’il n’en soit que le troisième propriétaire (il possède fièrement tous les documents originaux), il a fallu la refaire de a à z. Comme c’est souvent le cas pour les perles rares, elle a été complètement démontée. Chacune des composantes a subi un traitement spécial pour retrouver son état d’origine. On peut dire que M. Doyon sait comment s'y prendre avec les classiques. Son périple de restauration n'a pas duré plus de trois ans et demi. Aujourd’hui, la voiture et son heureux propriétaire vont de balade en exposition. Cette Victoria a été une championne de Granby en 2008: elle a remporté la première place dans sa catégorie, celle des «hard-tops» de 1955 à 1961.

Amoureux de Ford, il vient tout juste d’envoyer à la peinture sa dernière «création», une autre Fairlane, mais Town Sedan, toujours de 1956. Devant la fin imminente de ce projet, pas question de ranger les outils. Le travail est déjà commencé. Cette fois, il n’entend pas qu’abaisser les vitres pour prendre l’air; il roulera les cheveux au vent avec une Galaxie Skyliner 1959.

Conclusion

La Ford Fairlane est devenue une voiture mythique dans l’histoire de la marque, ainsi que dans la vie de M. Doyon. Les amateurs de belles d’époque particulièrement bien restaurées pourront apercevoir cette authentique des années 50 dans les différentes expositions qui auront lieu au cours de l’été. Une chose est évidente, M. Doyon est fier de montrer sa Victoria au public. Pendant la saison chaude, il aura l’embarras du choix puisque deux Fairlane l’attendent!     

 

Partager votre opinion

En commentant sur ce site, vous acceptez nos conditions d'utilisation et notre nétiquette.

Commentaires des lecteurs