Duval: où s'arrêtera la course à la puissance?

C’est de la pure folie. Au moment même où l’on devrait se soucier d’environnement et de voitures vertes, on assiste actuellement à ce qui ressemble à une véritable guerre des chevaux-vapeur chez les constructeurs automobiles.

Voitures sexy

Méfiez-vous... ces véhicules enivrants pourraient vous faire perdre la carte!

C’est de la pure folie. Au moment même où l’on devrait se soucier d’environnement et de voitures vertes, on assiste actuellement à ce qui ressemble à une véritable guerre des chevaux-vapeur chez les constructeurs automobiles de ce monde. Et je ne parle pas seulement de ce que l’on appelle désormais les «hypercars» (le dernier terme à la mode) issus de ces marques de voitures d’exception qui s’arrachent une clientèle cossue et infatuée en quête du modèle rare, qu’importe le prix à payer.

 

Vous voulez des exemples? Que diriez-vous de la Ferrari LaFerrari de 963 chevaux, de la McLaren P1 de 916 chevaux, de la Lamborghini Veneno de 750 chevaux, ou encore de la Porsche 918 de 887 chevaux? Et je vous fais grâce du prix de ces monstres de puissance, qui se situe loin dans les sept chiffres. Non seulement de tels chiffres dépassent ceux d’une Formule 1, mais ils dépassent surtout l’entendement. Si ce n’était que cela....

Le problème est qu’il existe des voitures pas mal plus prosaïques et vendues à des prix accessibles qui viennent se mêler à ces excès de chevaux-vapeur, et cela à une époque où il serait plus souhaitable de s’occuper des méfaits des gaz à effet de serre. Parmi ces voitures que l’on peut acheter sans se ruiner et qui offensent toute logique, on peut mentionner la Corvette ZR 1 de 647 chevaux ou, mieux encore, une Ford Mustang GT 500 Shelby de 662 chevaux. Impressionnant, c’est certain, mais à quoi ça sert, à part aller faire crisser les pneus sur une piste d’accélération.

Une Corvette de 165 chevaux

Il n’y a pas si longtemps, la présence de 300 chevaux sous le capot d’une voiture de série était considérée comme une puissance largement suffisante, surtout si l’on se reporte aux années tristes de la crise du pétrole et des mesures antipollution, alors qu’une sportive comme la Chevrolet Corvette de 1976 devait se satisfaire de 165 ch., la pitance de n’importe quelle sous-compacte de nos jours. De 165 à 647 chevaux, disons que c’est un peu disproportionné, sinon absurde.

Le fait que ces 300 chevaux aient aujourd’hui plus que doublé, voir triplé, dans un grand nombre de voitures de sport très pointues, m’apparaît comme une escalade de la puissance qui est à la fois alarmante et déplorable. A-t-on vraiment besoin d’une Bugatti Veyron Supersport de 1200 chevaux consommant 80 litres aux 100 km, rejetant 539 g/km de CO2 dans l’atmosphère et qui peut atteindre 415 km/h, alors qu’il n’existe aucun endroit sur cette planète (à part les 260 km des sables de Bonneville de l’Utah) où de telles performances sont réalisables.

Une automobile n’a absolument pas besoin d’une telle déferlante de chevaux, quand on sait que ces engins sont de véritables bombes prêtes à exploser au moindre faux pas. Qu’il suffise de mentionner les nombreux accidents survenus aux gens de McLaren avec les premières versions de leur voiture Grand Tourisme appelée F1, qui pouvait atteindre 391 km/h avec la poussée de ses 627 ch. Et que dire de la Porsche Carrera GT qui a récemment entraîné dans la mort le populaire acteur Paul Walker. Quand on a de telles puissances entre les mains, il faut plus qu’un simple permis de conduire pour s’installer au volant. Or, n’importe quel loustic pouvant acquitter la facture peut se transformer en un assassin de la route mettant sa vie et celle des autres en danger. On légifère de nos jours pour débarrasser les routes de conducteurs dangereux, sans pour autant exiger d’aptitudes spéciales pour le premier venu au volant d’une voiture de 600 chevaux.

Il serait temps que l’on se penche sur la question.

 

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
  • 11
  • 12

À lire aussi

Partager votre opinion

En commentant sur ce site, vous acceptez nos conditions d'utilisation et notre nétiquette.

Commentaires des lecteurs