Jacques Duval: La ELR 2014, une Cadillac doublement branchée

Non, ce n’est pas une figure de style. La Cadillac ELR est véritablement une voiture branchée au sens propre comme au figuré.

Duval-Cadillac ELR

Non, ce n’est pas une figure de style. La Cadillac ELR est véritablement une voiture branchée, au sens propre comme au figuré. Conformément à sa nature, elle doit occasionnellement être branchée à une source d’énergie électrique. Mais elle est aussi parfaitement apte à séduire une clientèle d’avant-garde qui, il y a 20 ans, n’aurait pas, pour tout l’or du monde, mis les pieds chez un concessionnaire Cadillac. Comptez-moi dans le lot, car j’ai été instantanément séduit par ce petit coupé 2+2 qui vient de faire son entrée sur le marché.

 

Le coup de foudre survient dès le premier regard grâce à une silhouette effilée dont les flancs ne sont pas sans rappeler le coupé Mercedes de classe E. Chose certaine, personne ne saurait dire que cette Cadillac doit son existence à la Chevrolet Volt dont elle est la riche héritière.

 

Elle lui doit son châssis, mais avant tout, sa technologie de voiture électrique à prolongateur d’autonomie. Ce qui signifie que, lorsque vous avez épuisé les 70 km d’autonomie électrique, un petit moteur thermique de 1,4 litre se met en marche pour vous permettre de rouler en toute tranquillité. Hybride rechargeable en 5 heures sur une prise 220 volts, le coupé ELR se prévaut d’une puissance de 181 ch, assortie d’un couple de 295 lb/pi, ce qui lui donne des ailes en accélération aussi bien qu’en reprises.

 

Sur la route, seuls les pneus viennent perturber la quiétude de l’habitacle. L’agrément de conduite est bien présent avec une légère dose de survirage qui souligne une vocation modérément sportive, ce qui est rare chez une traction. Seul le freinage devient difficile à moduler à certains moments. Quant aux palettes sous le volant, leur rôle n’est pas de changer les rapports de la transmission (ils sont inexistants), mais bien d’enclencher le système de régénération du freinage qui vient prêter secours aux batteries par l'entremise d’une génératrice, comme dans la Volt.

 

LE PRIX: AYOYE

 

À l’intérieur, Cadillac a appliqué sa touche de luxe avec une finition où la fibre de carbone, le cuir et l’alcantara font bon ménage. Le confort est sans reproche et l’équipement exhaustif. Malgré la présence de sièges arrière, la voiture est strictement une 2 places pouvant accueillir des enfants à l’occasion. L’espace est mieux utilisé comme complément d’un coffre à bagages au volume restreint.

 

Le bémol, le hic, le choc, appelez cela comme vous voulez, survient à l’annonce du prix. Avec une facture tout à fait irréaliste qui n’est rien de moins que le double du prix d’achat d’une Volt, le caractère économique du coupé ELR devient un véritable oxymoron. Pour avoir droit à une consommation aussi frugale d’environ 2 litres aux 100 km(114 mpg avec la version américaine mise à l’essai), vous devrez investir la rondelette somme de 85 000 $, ce qui fait de ce modèle la plus chère des Cadillac sur le marché. Même une Tesla de base s’achète à meilleur prix. Je ne comprends pas la logique de GM de vouloir récupérer l’argent qu’elle perd avec chaque Volt sur le dos des acheteurs de ELR. Des peccadilles comme l’absence d’un support hydraulique pour le capot avant prennent alors une autre signification.

 

De tels détails ne m’empêcheraient pas de satisfaire mon engouement pour cette petite Cadillac, mais son prix exorbitant devient alors un sérieux dissuasif. GM a réussi à remettre l’image de sa marque de prestige sur les rails au cours des dernières années avec des voitures dont le comportement et le plaisir de conduire sont à des années-lumière de ce que ce constructeur nous a réservé pendant trop d’années. Pourquoi saboter une telle réussite avec une auto que j’adorerais voir dans mon garage, mais au grand dam de mon banquier?

 

LES VOITURES ÉLECTRIQUES TROP SILENCIEUSES?

 

À quand une application pouvant reproduire divers sons de moteurs hautes performances pour ensuite les intégrer à la chaîne stéréo de votre voiture électrique?

 

Il ne faut pas se le cacher, de nombreux acheteurs d'une Model S de Tesla sont d’anciens propriétaires de voitures exotiques qui adorent leur voiture, avec un petit bémol: l’absence de cette sonorité exquise qui s’échappe de modèles sophistiqués, que ce soit une Ferrari 458, une Lamborghini Gallardo, une Maserati Gran Turismo ou toute autre création dont le pot d’échappement est une boîte à musique.

 

En effet, j’ai souvent entendu cette critique de la part de plusieurs propriétaires actuels ou futurs. Le dernier en lice n’est autre que mon ami et collègue Michel Barrette, dont l’enchantement pour la Tesla Model S a emprunté à peu près le même chemin que moi. Alors qu’il s’attendait à se retrouver au volant d’une voiture plate et nonchalante, il a été conquis par les performances foudroyantes de l’auto, alors qu’il se croyait marié à tout jamais au moteur thermique, particulièrement les gros V8 de son enfance. Le seul hic, il lui faut du «son» au volant d’une auto et je partage son avis là-dessus. Quel gourou de l’électronique deviendra le futur millionnaire des applications internet en inventant ce gadget?

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