Fred Mercier

Bombardier Iltis: Un modèle unique au monde?

Un résident de Québec pourrait bien être le propriétaire d’un véhicule unique au monde: un Bombardier Iltis avec conduite à droite.

Classique_Bombardier Iltis

Martin Coulombe s’est porté acquéreur de son Iltis en novembre 2011. Trouvé à Sorel, le véhicule lui a été vendu au même prix qu’un modèle ordinaire à conduite à gauche, l’ancien conducteur ne semblant pas au courant de la rareté de son bolide.

Même M. Coulombe, qui en devenait le quatrième propriétaire, n’était pas tout à fait conscient de l’aspect unique de son Iltis quand il l’a acheté.

En plus de la conduite à droite, le véhicule Bombardier 1986 était équipé d’un moteur diesel à quatre cylindres de 1,6 litre emprunté à une Volkswagen Fox. Un Iltis «normal» était habituellement muni d’un moteur à essence de 1,7 litre. Sa transmission était manuelle, à quatre vitesses.

Un travail de Sherlock Holmes

En faisant de longues recherches au sujet de son véhicule, Martin Coulombe est finalement tombé sur un forum belge qui faisait mention du fameux Iltis avec conduite à droite.

C’est Jacques Dion, ancien ingénieur chez Bombardier à Valcourt, qui y raconte l’histoire de cet Iltis tout spécial. Selon ses dires, Bombardier a planché sur un prototype qui a ensuite été livré à l’armée de Singapour durant les années 80.

Le projet n’aurait toutefois jamais abouti, laissant l’Iltis à conduite à droite extrêmement rare, voire unique.

Après avoir lu ce récit, Martin Coulombe s’est empressé de contacter l’ingénieur, parcourant le bottin téléphonique et appelant tour à tour tous les Jacques Dion de la province!

Quand il a finalement trouvé le bon numéro, il a appris avec stupéfaction que M. Dion était décédé quelques jours auparavant dans un accident de voiture. Questionnée par M. Coulombe, la conjointe de Jacques Dion n’a malheureusement pas pu lui donner davantage d’information sur les origines de son Iltis.

Poursuivant ses recherches, Martin Coulombe a successivement appelé Volkswagen, Bombardier, des clubs spécialisés en Iltis, la Défense nationale de Singapour, de même que l’auteur d’un livre sur l’histoire des Iltis.

De toutes ces sources, pas une seule n’a été en mesure de renseigner le Québécois sur l’Iltis à conduite à droite. Personne.

Unique?

Après tant d’appels et de questionnements, Martin Coulombe en vient sérieusement à se demander si d’autres unités d’un Iltis comme le sien ont été fabriquées.

«De toutes mes recherches, rien ne me permet de croire que d’autres exemplaires sont en circulation», explique le principal intéressé. Dans son texte, Jacques Dion parle effectivement du prototype au singulier.

Sur la page Wikipedia dédiée à l’Iltis, un petit paragraphe mentionne que «quelques prototypes en conduite à droite ont été testés pour Singapour». M. Coulombe a écrit à l’auteur de la page pour avoir davantage de renseignements, mais il n’a jamais obtenu de réponse.

Le passionné n’a pas renoncé à ses recherches et espère un jour trouver des connaisseurs qui sauront l’éclairer.

Excellente condition

Contrairement à la très grande majorité des Iltis encore en circulation, celui de Martin Coulombe n’a jamais connu la vie militaire. Il est donc dans un état général plus qu’acceptable, n’affichant que quelque 26 000 kilomètres au compteur.

«La plupart des Iltis sont dans un sale état», constate-t-il, précisant que l’armée canadienne a utilisé les véhicules pendant une vingtaine d’années alors que la durée de vie militaire recommandée par le constructeur était de 15 ans.

Pour l’histoire, rappelons que l’Iltis a été officiellement présenté par le groupe Volkswagen en 1978. Le véhicule a été adopté par la Bundeswehr, l’armée nationale de la République fédérale d’Allemagne.

Au début des années 80, Volkswagen a toutefois vendu les droits de fabrication et de commercialisation de l’Iltis à Bombardier, qui a entre autres équipé l’armée canadienne avec ces véhicules.

Difficile pour Martin Coulombe d’évaluer la valeur de son Iltis. Comme il n’a jamais réussi à en trouver un autre, il est impossible pour lui de réaliser une quelconque comparaison pour établir un prix de vente.

De toute façon, qui voudrait se départir d’une pièce d’histoire bien de chez nous?

 

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