Fred Mercier

Cellulaire au volant: Un danger public

Le fléau du XXIe siècle sur nos routes.

Astuces_cellulaire

Courtoisie

Alors que les conducteurs québécois semblent tranquillement délaisser la vitesse et l’alcool au volant, l’utilisation du téléphone cellulaire sur nos routes demeure une problématique bien vivante.

Les téléphones intelligents se vendent maintenant comme des petits pains chauds. Leurs utilisateurs, obnubilés par les mille et une applications qu’ils peuvent y télécharger, passent de nombreuses heures devant ce petit écran.

Même à bord de leur véhicule, les conducteurs ne semblent pas tentés de laisser leur téléphone de côté, et c’est là que l’utilisation du cellulaire peut devenir dangereuse.

Portrait d’une tendance dangereuse difficile à enrayer.

Des chiffres éloquents

Les dangers liés à l’utilisation du cellulaire au volant ne sont plus à prouver. Selon le Virginia Tech Transportation Institute, l’habitude de «texter» au volant serait six fois plus propice à causer un accident que la conduite avec les facultés affaiblies. Ce serait 23 fois plus dangereux que de conduire en état normal.

La Société de l’Assurance automobile du Québec (SAAQ) a aussi fait ses petites recherches sur le sujet.

Selon un sondage réalisé en novembre 2012, la SAAQ estime que «99 % des Québécois considèrent qu’écrire ou lire un message texte en conduisant est assez ou très dangereux». Toutefois, selon le même sondage, 18 % des conducteurs usagers d’un téléphone cellulaire avouent qu’il leur arrive de parler au téléphone cellulaire en conduisant. Petite ironie?

Pas moins de la moitié des conducteurs québécois propriétaires d’un téléphone cellulaire admettent s’en servir au volant de leur véhicule. 56 % d’entre eux se servent toutefois d’un système mains libres, ce qui rend la pratique légale. Reste tout de même que beaucoup de ces usagers utilisent leur téléphone illégalement, en toute connaissance de cause.

Une habitude illégale

Au Québec, l’utilisation d’un téléphone cellulaire au volant est illégale depuis le 1er juillet 2008. Mais l’implantation d’un tel règlement ne semble pas décourager les utilisateurs.

Les arrestations pour une telle infraction n’ont cessé d’augmenter année après année, passant de 42 617 en 2009 à 63 945 en 2012. Pour 2013, la SAAQ n’a pas encore publié les données complètes sur son site internet. En date du 30 septembre, le cumulatif était toutefois déjà à 47 359, ce qui ne laisse rien présager de bon pour les trois derniers mois de l’année.

Des conséquences

Partout en province, l'utilisation d’un téléphone cellulaire en conduisant une voiture est passible d’une amende de 80 $ à 100 $, en plus de l’ajout de trois points d’inaptitude au dossier de conduite de la personne fautive.

En plus du téléphone cellulaire, la loi stipule que les appareils électroniques permettant la navigation sur le web et l’envoi de courriels sont aussi prohibés pour toute personne qui prend le volant.

Autres options

L’utilisation de son téléphone peut être très tentante, même derrière le volant. Des systèmes mains libres peuvent permettre une utilisation légale de son cellulaire au volant.

Les nombreux systèmes technologiques développés par les constructeurs automobiles au cours des dernières années permettent aussi une synchronisation entre une voiture et un téléphone intelligent qui permet de rester connecté tout en gardant les deux yeux sur la route.

La SAAQ a aussi lancé une application mobile qui permet de mettre son téléphone en «mode conduite». De cette façon, tous les appels et messages texte entrants sont bloqués et empêchent toute tentation chez le conducteur.

Un message automatique explique alors à la personne au bout du fil que l’utilisateur est derrière le volant et qu’il la recontactera une fois arrivé à destination.

Sensibilisation

Comme pour l’alcool et la vitesse, entre autres, la SAAQ mise sur plusieurs messages de sensibilisation pour faire passer son message. La dernière campagne télé était d’ailleurs particulièrement amusante.

Comme pour les autres problématiques de la route, c’est le temps qui fera évoluer les mentalités et réaliser aux gens le danger de leurs actions. Pour le moment, disons que le gros du travail reste encore à faire.

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