Une Porsche 911 électrique, ça existe.

De toutes les voitures que l’on trouve sur le marché de l’automobile, il semble que celle qui se prête le mieux à une conversion à l’électricité soit la Porsche 911.

Porsche 911 électrique

De toutes les voitures que l’on trouve sur le marché de l’automobile, il semble que celle qui se prête le mieux à une conversion à l’électricité soit la Porsche 911, en raison principalement de son moteur arrière.

Pour en avoir aperçu quelques-unes sur la route et pour en avoir entendu parler, il en existe au moins trois actuellement dans nos parages, à divers stades de mise au point et d’adaptabilité.

Cadeau d’anniversaire

Après un essai révélateur, je dirais que la plus achevée est une 911 blanche type 996 du millésime 1998. C’est l’œuvre d’un jeune ingénieur en mécanique de 31 ans de Montréal, Jonathan Mortreux, qui a fait ses études à Polytechnique.

Celui-ci a accepté de nous entretenir de cette transformation et de me laisser conduire ce qui était à l’origine un cadeau que son père voulait offrir à son épouse pour un important anniversaire.

Jonathan est issu d’une famille très portée sur l’écologie et il a bénéficié de l’aide financière de son père pour entreprendre une telle tâche. À l’emploi de Bathum, une filiale de Bolloré, il ne lui restait qu’à retrousser ses manches et à se mettre à l’ouvrage.

Travaillant à temps partiel, il a mis 5 ans à parfaire sa création et à en assumer l’évolution. Il a même obtenu toutes les certifications bureaucratiques que requiert la Loi sur les véhicules automobiles admis sur nos routes par la SAAQ.

L’équipement électrique de la 911 comprend évidemment le moteur dont Jonathan chiffre la puissance à 234 chevaux avec un couple maximal de 295 lb-pi. Celui-ci, toujours installé à l’arrière, laisse suffisamment d’espace pour une partie des 13 modules dans lesquels sont insérées des cellules de 3 à 4 volts pour former un bloc de batteries lithium-acier-phosphate de fer.

C’est, selon notre ingénieur, une solution plus sécuritaire que le simple lithium-ion et, surtout, non toxique. Dans ce qui est normalement le coffre avant de la Porsche 911, on peut loger d’autres blocs de batteries A123 et diverses installations de prévention propres aux autos électriques. Rien n’a été négligé pour réaliser un produit sûr et performant avec l’utilisation de composantes de qualité maximale.

Le test ultime

Mais le test le plus sévère, pour une voiture ainsi dépersonnalisée, est celui d’un essai sur route, ce que le concepteur de cette 911 survoltée a accepté sans la moindre appréhension.

Il a d’abord pris le volant, direction le circuit Gilles-Villeneuve à l’île Notre-Dame. La raideur de la suspension et les divers bruits de caisse ont tendance à créer une mauvaise impression chez le passager, mais celle-ci s’envole dès que l’on assume le rôle de conducteur. Les impressions premières s’effacent littéralement, et la facilité de la conduite en est sans doute la cause.

Malgré un léger surpoids, la voiture affiche une maniabilité étonnante. Sans obtenir les performances attribuées à la version normale, notre Porsche à batteries bénéficie de l’instantanéité du moteur électrique pour se propulser à 100 km/h en 8 secondes et des poussières. Jonathan estime l’autonomie actuelle à environ 120 km avec un temps de recharge de 8 heures.

Le freinage, inchangé, ne paraît pas diminué par rapport au système d’origine. La transmission manuelle a un fonctionnement qui exige une certaine habitude, que l’on acquiert sans problème. Le seul hic a trait à un bogue qui cause une sorte de hoquet à l’accélération, un problème dont Jonathan est conscient et qui sera réglé bientôt.

Une telle transformation, dont le coût est estimé à 75 000 $ (incluant la voiture), est évidemment fonction de l’engouement actuel pour l’électrification des transports, et la famille Mortreux n’envisage pas d’entreprendre une production commerciale.

D’ailleurs, le milieu automobile semble convaincu que Porsche planche en ce moment sur la motorisation électrique pour l’un de ses modèles. Sauf que des 911 électriques, ça existe déjà, et deux fois plutôt qu’une.

 

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