Où sont passées les voitures anglaises?

«Les pièces tombant de cette voiture sont des échantillons du savoir-faire britannique».

Musée LeMay - Les anglaises

“Pieces falling from this car are of true British craftsmanship” 
(Les pièces tombant de cette voiture sont des échantillons du savoir-faire britannique).

La phrase qui précède, un exemple hilarant du sens de l’humour britannique, provient d’une de ces plaques d’immatriculation que l’on retrouve souvent fixée au pare-chocs tantôt d’une vieille Jaguar, tantôt d’une Austin-Healey ou de toute autre création de l’industrie automobile de l’Empire britannique. S’il est une chose que possèdent les Anglais, c’est bien le sens de la dérision ou cette propension à se moquer de leurs infortunes.

Bref, vaut mieux en rire comme disait un humoriste dont le nom m’échappe.

Cela dit, si vous croyez que la débâcle qu’a connue l’industrie américaine de l’automobile vers la fin de la dernière décennie fut désastreuse et inquiétante, laissez-moi vous raconter un peu le destin qui fut celui de la même industrie dans les Terres de la fière Albion. 

Les marques défuntes

En premier lieu, il faut savoir qu’il y a une cinquantaine d’années, le marché mondial (y compris le Québec) était submergé de créations britanniques.

À tel point, que n’importe quelle petite voiture importée était considérée comme « un p’tit char anglais ». Il y avait pas moins de 20 marques très connues et une cinquantaine d’autres qui alimentaient les petites niches du marché.

Au nombre des constructeurs les plus notoires de ces voitures jetables, les moins jeunes se souviendront des Austin, MG, Hillman, Rover, Sunbeam, Vauxhall (GM Angleterre), Anglia (Ford Angleterre) ou Triumph tandis que les plus riches convoitaient les Daimler, Lotus, Ogle, TVR, Allard, Arnolt Bristol, AC ou Morgan sans oublier Marcos, le pionnier de la voiture dotée d’un châssis en bois.

J’allais oublier que je fus moi-même emporté par la vague et que ma première compagne à 4 roues fut une Morris tout ce qu’il y a de plus anglais. Elle fut même suivie d’une reluisante Vauxhall fraichement sortie des usines de GM England.

Propriété étrangère

De cette industrie autrefois dominante, il ne reste aujourd’hui que des cendres. Pour sauver la face, les anglophiles vous diront que les Bentley ou Rolls-Royce ainsi que les Jaguar et les Aston Martin émanent toujours des usines anglaises. Or, c’est justement là que le bât blesse comme le résume la cinglante remarque d’un Lord anglais récemment... « Ne pas posséder de voiture britannique, c’est ne pas connaitre de problème ». 

Ce qui semble paradoxal dans cette situation et qui restaure d’une certaine façon le savoir-faire britannique, c’est qu’ils sont passés maîtres dans la conception des voitures recelant la plus haute technologie au monde.

Je fais allusion ici aux voitures de Formule 1 qui, à quelques exceptions, émanent de petits constructeurs anglais. Les McLaren, Williams, Lotus, Red Bull et bien d’autres aux échelons moins élevés de la compétition automobile portent toutes la mention «made in England».

De ces quelques prestigieux blasons, deux seulement ont suivi l’exemple de Ferrari en construisant au compte-gouttes des voitures de sport très sophistiquées. Mais, ce ne sont pas ces rares spécimens qui vont ramener les beaux jours de l’industrie britannique.

Tout compte fait, on peut conclure que l’industrie automobile britannique ne joue plus un rôle important dans le marché mondial et que ses créations sont peu exportables.

Plusieurs marques ont déjà leur épitaphe alors que celles dont les noms ont survécu sont de propriété étrangère. Pensez seulement à Jaguar et à Land Rover qui sont la propriété d’un oligopole Indien tandis que Rolls-Royce et Bentley sont entre des mains allemandes (BMW et Volkswagen). Voilà qui est douloureux pour l’égo.

C’est le prix à payer pour le manque de vision et le laisser-aller des anciens responsables de l’industrie automobile anglaise. Les États-Unis ont failli connaitre le même sort, mais ils se sont réveillés à temps.

Jaguar F-Type 2015

Land Rover LR4 2016

essai routier du Land Rover lr4 2016

Land Rover Discovery 2015

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