Alain McKenna

Chevrolet Bolt 2017 : on a goûté à la révolution électrique!

Las Vegas, NV — On assiste à un nouveau lancement automobile à peu près toutes les semaines, mais rarement ces lancements ont-ils à la fois si peu, et autant, à offrir. Si on était du genre fataliste, on dirait que Chevrolet, grâce à la Bolt tout électrique, vient de monter la barre à un nouveau niveau pour l’ensemble de l’industrie automobile, qui devra désormais jouer en mode rattrapage.

La Bolt a été dévoilée en mode conceptuel en janvier dernier, à Detroit. Cette année, c’est à Las Vegas, où a lieu l’interminable Consumer Electronics Show (CES), que ça se passe, et la Bolt passe du concept au prototype. En accéléré. Car l’objectif demeure le même : lancer une citadine électrique et relativement abordable, pouvant parcourir 320 kilomètres par charge, avant la fin de l’année.

Par «abordable», on entend moins de 30 000 dollars US, la cible fixée par Mary Barra il y a un an, juste assez fraîchement nommée PDG de General Motors pour que cette déclaration soit prise au sérieux. À l’époque, ça signifiait un peu moins de 35 000 $CA, mais depuis le temps, on parle plutôt de 42 000 dollars. Après les rabais fédéraux et provinciaux, par contre. Ce qui signifie que Chevrolet pourrait lancer, d’ici Noël, une sous-compacte de 50 000 dollars!

Voilà une zone d’ombre que GM Canada devra éclaircir rapidement si elle veut générer l’engouement espéré avec ce modèle, qui placerait Chevrolet dans une classe à part, où seuls Tesla, et peut-être Nissan, sont attendus à très court terme.

Côté chargement, une borne résidentielle de 240 volts et 40 ampères devrait permettre de faire le plein en quelques heures. Les bornes express du Réseau électrique assureront une recharge accélérée. Des ingénieurs ont laissé entendre que 80 % de la charge totale pourrait être récupérée en moins de 50 minutes, soit l’équivalent de 250 kilomètres.

320 kilomètres par charge
Pour le reste, la technologie touche la cible. La Bolt promet de doubler la capacité moyenne des petites voitures électriques actuellement en marché. Avec un peu de chance, elle fera aussi tomber les nombreux préjugés et réticences qui freinent l’adoption plus massive de la propulsion électrique.

(Préjugés parfois aussi erronés que de croire qu’on doive changer la batterie de sa voiture après chaque utilisation, moyennant plusieurs milliers de dollars chaque fois. Comme le mentionnait avec justesse le collègue Jacques Duval dans un récent billet,  ces faussetés sont renforcées par des experts et des spécialistes qui ont un amour aveugle pour les grosses cylindrées, et une méconnaissance tout aussi aveugle des autres technologies automobiles qui frise la mauvaise foi)

Bref, on prend place derrière le volant de la Bolt comme on le ferait avec n’importe quelle autre voiture. Les prototypes mis à notre disposition sont loin d’être à point. On doute même que les cadrans affichant l’autonomie de 200 milles (320 kilomètres) ne sont que du tape-à-l’œil, puisqu’ils n’ont pas bougé d’un iota malgré quelques kilomètres de conduite.

Outre cela, la Bolt ne diffère pas d’une autre mini familiale plus traditionnelle. Cinq places, dont une place centrale, à l’arrière, plutôt étriquée, et un coffre offrant 480 litres de volume de rangement, assurent une utilité maximale compte tenu du format. La pile est à plat, sous le seuil de l’habitacle, maximisant l’espace utile, et abaissant le centre de gravité. La voiture se comporte donc de façon plutôt agile, et accélère promptement grâce au couple instantané de la motorisation électrique. On pare d’un chrono de 7 secondes au 0-100 km/h, soit mieux que la Volt.

Le tableau de bord, flottant, est tout de même doté d’un écran tactile de 10 pouces intégrant les systèmes CarPlay et Android Auto, d’Apple et Google. Des caméras mur à mur permettent de voir ce qui se passe autour de la voiture à même le rétroviseur. Et comme la mécanique est plutôt silencieuse, il n’en faut pas beaucoup pour générer une impression de confort et de technologie qui devrait toucher la cible, quand la voiture sera mise en vente, à la fin de 2016.

D’ici là, il faudra définitivement que GM Canada s’exprime sur le prix de vente de sa nouvelle citadine à électrons. À 50 000 dollars, ce modèle marquera la cible. Mais on le voit du côté d’autres constructeurs, le prix au Canada est moindre que le taux de change le suggérerait. La Volt coûte 33 000 $US, 40 000 $CA. On peut imaginer que la Bolt pourrait coûter 38 000 $ après rabais, ici aussi.

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Chevrolet Bolt 2017
Prix : 30 000 $US (après rabais, 40-42 000 $CA)
Motorisation : groupe électrique
Puissance : n.d. (chrono au 0-100 km/h : 7 secondes approx.)
Autonomie : 320 kilomètres (est.)
Concurrence : Nissan Leaf, Tesla Model 3

Prototype de la Chevrolet Bolt 2017

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Les ventes de ces modèles électriques et hybrides rechargeables pourraient bondir considérablement. Source (consommation et autonomie) : Guide de consommation de carburant 2015, Ressources naturelles Canada.

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