Une Jaguar F-Type R ronronne en ville

L’ABC ou plutôt le CDEF des voitures sport chez Jaguar

F-Type ronronne en ville

Il aura fallu attendre près de 40 ans pour que Jaguar désigne une descendante à la mythique Type E. Avec la F-Type, la marque anglaise renoue avec la performance sportive. Ce n’est pas qu’elles étaient en froid, mais Jaguar nous a plutôt habitué à considérer ses voitures comme confortables plutôt que sportives. Voici l'ABC, ou plutôt le CDE, des modèles sports de Jaguar.

La révélation de la Type C

Forte des performances du modèle XK 120 aux 24h du Mans en 1950, Jaguar modifie ce roadster sport pour être encore plus compétitif. La XK 120 appelée C (pour compétition) est complètement faite d’aluminium et le moteur, constamment amélioré entre 1951 et 1953, développe entre 205 et 220 chevaux. Elle est rendue célèbre par ses nombreuses victoires, dont la 1ère place aux 24h du Mans dès sa première apparition en 1951, et par la réputation de ses pilotes, dont Sir Stirling Moss.

Des 53 exemplaires produits, seules quelques “survivantes” sont encore sur les routes ou dans les expositions de voitures anciennes. De ce fait, sa valeur actuelle est très élevée. À titre d'exemple, en mai 2016, un exemplaire préservé dans sa forme originale a été vendu à l’encan Bonhams “Les grandes marques à Monaco” pour plus de 10,7 millions de dollars.

Les années fastes de la Type D

La remplaçante de la C, logiquement appelée D, est aussi l’œuvre du designer en aérodynamique Malcom Sayer. Cette monocoque est facilement reconnaissable par son aileron de requin décentré, placé derrière le pilote. Jaguar en fera 2 versions : une à petit nez (short nose) et l’autre à long nez (long nose).

Produite de 1954 à 1957, la Jaguar D-Type domina la course du 24h du Mans en remportant l’épreuve 3 années de suite de 1955 à 1957.

De nos jours, les D-Type sont rares et le prix moyen évalué par la firme Hagerty est de 4,4 millions de dollars US. Par contre, l’histoire d’un exemplaire en particulier peut rapidement faire grimper le prix. Ainsi, la première D-Type produite pour les équipes de course, la XKD-501 de 1955, c’est vendue plus de 21 millions de dollars US à l’encan RM/Sotheby’s de Monterey en août 2016.

L’iconique Type E

De par son nom, on pense naturellement que la E est, comme la C et la D, une voiture de course. Bien que quelques modèles légers aient été conçus pour la course, la réputation de la Type E lui vient d’abord de ses formes élégantes et de sa popularité comme coupé et roadster “abordables” (comparés aux Ferrari et autres voitures sport de l’époque).

La main heureuse de Malcom Sayer est encore une fois derrière le design de “la plus belle voiture au monde” (selon Enzo Ferrari lui-même). Produite à plus de 70 000 exemplaires de 1961 à 1975, cette Jaguar a subi les contraintes imposées par les Américains principalement au niveau des phares et du moteur. Autre modification inusitée trouvée dans le livre Les voitures anglaises de collection, “la capote est désormais réalisée en vinyle et non plus en mohair.1” Il y a vraiment juste les Anglais pour penser à faire un toit de voiture en laine !

Les premières versions étaient équipées du même moteur 3,8 litres à 6 cylindres en ligne qui avait fait la gloire de la Type C aux 24h du Mans. Bien sûr, il avait été amélioré avec le temps pour développer 268 ch et d’atteindre 241 km/h, faisant de la Type E la voiture de production la plus rapide de son époque. En fin de carrière, elle reçut le nouveau moteur V12 de 5,3 litres développé par Jaguar. Ce dernier anima par la suite avec succès les modèles berlines et Grand Tourisme de Jaguar.

La suite logique avec la F-Type

La F-Type reprend plusieurs des éléments de design de la E. La descente de la partie arrière, les phares en apostrophe horizontal et la constitution en aluminium. Par contre, concurrence et prix obligent, elle se décline maintenant en beaucoup (trop) de variations : coupé ou décapotable; propulsion ou traction intégrale; manuelle à 6 vitesses ou automatique à 8 vitesses; V6 ou V8; 340, 380, 550 ou 575 chevaux; S, R ou SVR. Ceci dit, mes collègues l’ont beaucoup appréciée.

Quant au ronronnement, il s’agit plutôt d’un rugissement, grâce à clapets au niveau de l’échappement contrôlés électroniquement (Active Exhaust) pour “créer” un bruit progressivement aussi grisant que les performances de la voiture. L’autre jour, j’étais à une intersection. En entendant ce magnifique son s’approcher, je me suis fermée les yeux pour deviner de quel modèle il s’agissait (et apprécier), puis tout à coup, plus rien. La magnifique F-Type s’était subitement tue. Quel “turn-off” cette fonction stop-start !

 

Pour en savoir plus :

1. Collectif (2011). Les voitures anglaises de collection. Paris : Éditions du Chêne E/P/A, 254 pages. (pages 171 pour la référence)

 

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