De l'eau dans les moteurs turbo?

Une technologie qui a fait ses preuves depuis longtemps dans les moteurs turbocompressés, c’est l’injection d’eau dans les cylindres. Pour la première fois, une voiture de série va en être pourvue, la BMW M4 GTS, mais en série limitée.

BMW M4 GTS

WaterBoost Bosch

Le principe de vaporiser de l’eau sous pression dans des cylindres turbocompressés existe depuis très longtemps. En fait, d’aussi loin que les avions de la Seconde Guerre mondiale! Leurs moteurs à pistons surcompressés étaient injectés d’eau pendant certaines manœuvres comme le décollage.

Dans la Oldsmobile Cutlass Turbo Jetfire de 1962, au lieu d’utiliser des capteurs anticognement pour contrôler la combustion, un mélange de méthanol et d’eau était ajouté au mix air-essence.

WaterBoost

Et ce sont sans doute les écuries F1 qui ont perfectionné le système avec des équipementiers comme Bosch. C’est d’ailleurs cette compagnie qui y croit le plus, elle qui pour la première fois équipe les systèmes d’injection des BMW M4 GTS avec un dispositif appelé WaterBoost. Le coupé M4 GTS est produit en série limitée de 700 exemplaires seulement... pour la planète entière.

Avantage de l’eau

Le problème avec un tel système, c’est qu’il faut revoir toute l’alimentation, la culasse et la gestion électronique pour adapter l’injection d’eau dans les cylindres. Pire encore si le véhicule est un produit de grande série.

À l’inverse, en réduisant les températures de combustion et la propension erratique de l’explosion du mélange air-essence, l’injection d’eau permet d’augmenter le taux de compression d’un moteur et, par conséquent, son efficacité. Il suffit au propriétaire d’ajouter de l’eau distillée au réservoir prévu à cette fin dans son automobile.

Si la technologie de turbocompression a permis de donner un second souffle aux moteurs essence et diesel, les adapter avec un système d’injection d’eau prendra encore du temps – pas avant 2019 pense BMW.

Mais l’ère des moteurs à combustion interne tire à sa fin. Une vieille technologie somme toute très peu efficace par rapport aux moteurs électriques. Pour les premiers, seuls 20 à 25% de l’énergie contenue dans l’essence sert à propulser la voiture, le reste est évaporé en chaleur. Donc pour 100 $ d’essence, près de 80$ disparaissent en chaleur. Dans un moteur électrique, 94-95% de l’énergie achetée se rend aux roues, seulement 5% sont perdus en chaleur (au niveau des batteries).

Faut-il vraiment investir dans une technologie qui n'ira chercher que quelques pourcentages de rendement?

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