Le danger des abus de la technologie

Nos voitures modernes n’ont jamais été aussi sécuritaires, mais derrière cette rassurante proposition se cache un nouveau danger qui est celui des abus de la technologie.

Conduite semi-autonome

Nos voitures modernes n’ont jamais été aussi sécuritaires, mais derrière cette rassurante proposition se cache un nouveau danger qui est celui des abus de la technologie.

Là où les conducteurs se sentent de mieux en mieux protégés contre les accidents, un usage abusif de la panoplie d’accessoires anti ceci et anti cela risque de mener à l’effet inverse. Tout cela vient d’être remis en question par un sondage appelé «Cerveau d’abord», sous la gouverne de l’agence Nielsen et auquel 2662 personnes au Canada ont répondu.

Sous le titre très à propos «La technologie des véhicules automatisés nécessite encore un conducteur» Toyota Canada, par le biais de sa Fondation sur la sécurité routière et les blessures de la route, vient de publier les résultats de son étude. Et ils sont très révélateurs.

Ainsi, à propos des voitures dites «autonomes», un Canadien sur six croit qu’il ne sera plus nécessaire d’être attentif au volant, ni à se tenir prêt à intervenir. Dans le même esprit, 25% des automobilistes ont répondu qu’ils pourraient poursuivre le voyage sans danger en cas d’épuisement ou de somnolence. Le même sondage révèle que l’on serait prêt à prendre davantage de risques en espérant  que la technologie interviendrait en cas de danger.

Bref, le grand public ne comprend pas bien les limites de la technologie des véhicules automatisés.

Démonstration chez Toyota

De passage chez Toyota à l’occasion du lancement de la Mirai à hydrogène il y a quelques mois, j’avais pris part à une démonstration d’une berline dotée d’un système de conduite autonome. Assis à l’arrière, le trajet a été très court et les places avant étaient occupées par deux ingénieurs de Toyota qui surveillaient constamment le fonctionnement du véhicule. Il était facile de se rendre compte que l’on ne faisait pas confiance à 100% au comportement du véhicule en «mains libres».

Par la suite, le président de Toyota avait pris la parole pour révéler que l’enjeu majeur de cette technologie était d’abord et avant tout une concertation à l’échelle mondiale afin d’établir les règles et procédures qui seront édictées mondialement pour contrôler la circulation de ces véhicules.

Permettez-moi de répéter ici que je suis le conducteur d’une Tesla P85D équipée de la conduite que je qualifierais de semi-autonome. Et j’insiste ici sur le mot «semi» qui signifie que le système en est à ses balbutiements et qu’il  est très loin de la perfection.

J’irais même jusqu’à dire qu’il m’effraie plus qu’il ne me satisfait. Je l’utilise donc uniquement sur autoroute avec la main à deux centimètres du volant. Car, sur un trajet en ligne droite d’environ 100 km, le système cafouille au moins une dizaine de fois.

Cela renforce les conseils de Toyota qui prévient que cette technologie est là pour aider le conducteur et non pas LE REMPLACER.

Finalement, je reviendrai sur un autre sondage dont j’ai récemment publié les résultats et qui révélait que la très grande majorité des automobilistes ne veulent pas de la conduite autonome. Est-ce vrai ?

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