L'Audi R8 V10 au rang des Supercars

Autrefois campée dans la vocation d’une GT à usage quotidien, elle fait désormais la chasse aux Ferrari de ce monde.

Audi R8 V10 2017

Le cadran de gauche lisant le pourcentage de puissance utilisée affiche 100%, celui de droite marquant le couple maxi est également à son maximum. Derrière moi, un V10 en furie hurle toute la puissance de ses 585 chevaux par un bruit strident qui résonne dans tout le voisinage.

Au volant, j’ai l’impression de participer aux 24 Heures du Mans en me sentant enfoncé dans un siège Recaro que je croirais avoir été moulé à mes mensurations. À tel point que je me demande si l’Audi R8 V10  2017 que je suis en train d’essayer n’est pas aussi rapide que ma Tesla P85 D.

À l’instantanéité de l’électricité, elle oppose une transmission électromagnétique DSG à 7 rapports dont la vitesse d’exécution est invraisemblable.  Avec une telle boîte, il suffit d’adopter un style de conduite incisif pour que la voiture devine vos intentions et se mette en mode course,  de sorte qu’elle rétrograde et monte les vitesses sans la moindre intervention du pilote. Après tout, il n’est peut-être pas aussi difficile que ça de piloter une F1. 

Les deux cadrans auxquels je faisais allusion plus haut font partie de l’instrumentation la plus complète que j’ai vue à ce jour, et j’en ai vu des tableaux de bord. Quant à l’indicateur de vitesse, il marquait 230 km/h quand j’ai réalisé que la mauvaise qualité du revêtement causait des rebonds peu rassurants et que la limite d’adhérence se manifestait par un léger sous-virage.

Heureusement, la traction intégrale veille au grain. En s’amusant à jouer avec sa montagne de réglages, la suspension adopte un amortissement où le confort est moins présent qu’avant, mais toujours au rendez-vous pour ce qui est devenu un membre de la confrérie des «supercars» à un  prix inférieur de 100 000$ à celui d’une Ferrari.

D’une rare beauté

Dans sa dernière livrée, l’Audi R8 est on ne peut plus séduisante et en y ajoutant une couleur d’un rouge éclatant, pour ne pas dire éblouissant, vous êtes assuré d’un attroupement chaque fois que vous arrêtez quelque part. La fameuse bande aluminium qui ceinturait l’ancien modèle a été partiellement occultée pour faire place à des panneaux en fibre de carbone du plus bel effet. 

Cette fibre de carbone fait partie de l’ADN de la R8 et on en retrouve  dans le châssis avec un mélange d’aluminium, de même que dans les freins Brembo carbone/céramique. Bénéfique par leur légèreté, ces matériaux jouent un rôle majeur dans le comportement routier du porte-étendard de la marque allemande.

Le seul petit désagrément est le bruit du châssis au passage d’un revêtement en mal de réparation. Elle peut aussi se montrer rébarbative à certains moments comme lors d’accélérations sans l’antipatinage.

Autrefois campée dans la vocation d’une GT à usage quotidien, elle fait désormais la chasse aux Ferrari de ce monde, incluant sa sœur jumelle la Lamborghini Huracan avec laquelle elle partage plusieurs éléments, dont un 0-100 km/h autour de 3 secondes dépendant de votre dextérité avec les palettes de changements de rapports parfaitement ergonomiques. D’ailleurs, le volant est un tableau de bord à lui seul avec la multiplicité de commandes diverses qu’il regroupe.         

En conduite accélérée, la direction est un délice de précision alors que le freinage est d’une puissance phénoménale.

Bien que l’Audi R8 V10 paraisse t à l’abri des critiques, elle n’y échappe pas entièrement.

Ainsi, c’est une voiture dont l’espace habitable est confiné. Y monter ou en descendre n’est pas une sinécure tandis que l’on éprouve un certain enfermement une fois à l’intérieur. Et oubliez votre sac de golf puisqu’il n’y a aucun endroit pour le loger. Mais, à bien y penser, qui veut jouer au golf quand il est propriétaire d’une Audi R8 V10?

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