Qui vole les emplois américains, les Mexicains ou les robots?

Pendant la campagne électorale américaine, le candidat Trump a beaucoup parlé des constructeurs automobiles, non pas pour les féliciter, mais pour décrier leurs investissements au Mexique qui délocalisent les emplois locaux. Mais, est-ce bien le cas? Ne serait-ce pas à cause de la robotisation intensive des usines?

Robots

industrie automobile

Dans la campagne américaine, le candidat élu Trump a beaucoup parlé d’emplois dans le secteur automobile, il est allé jusqu’à dénoncer, et plusieurs fois au Michigan, la baisse du niveau d’emplois chez GM, FCA et surtout Ford qui a d’importants investissements à faire au Mexique.

Il n’a cessé de comparer la situation actuelle avec le niveau d’emploi de la fin des années 70 où plus de 7 millions de travailleurs s’affairaient à l’assemblage des voitures américaines. Par exemple, GM n’utilise plus que le tiers de la main-d’œuvre qu’elle employait dans les années 70, alors qu’elle produit nettement plus de véhicules qu’à cette l’époque.

Les récessions économiques, les flambées des prix du pétrole, la concurrence et sans doute les pressions des puissants syndicats ont poussé les constructeurs à rentabiliser davantage leurs moyens de production. Rappelons que les États-Unis ont perdu leur titre de premier constructeur mondial, maintenant derrière la Chine qui a joint l’Organisation mondiale du commerce en 2001, ce qui lui a ouvert un peu plus les portes du marché américain.

À grand renfort de robots

Si Trump avait visité les entrailles d’une usine de voitures, il aurait vu des robots, beaucoup de robots, et peu d’ouvriers, aux lignes d’assemblage. En fait, même en Chine, en Europe, la robotisation des chaînes d’assemblage s’est imposée.

Chez Tesla, on se targue, foi d’Elon Musk, de «construire la machine qui construit la machine». La célèbre californienne des voitures électriques vient même de mettre la main sur une firme allemande spécialisée en processus d’automatisation et de robotisation, Grohmann Engineering.

Robots ou concurrence?

Une étude économique du centre universitaire Ball a évalué que seulement 13% des pertes d’emplois américaines en général étaient dus à la concurrence. La vaste majorité des emplois – 88% – ont été perdus aux «mains» des robots et autres facteurs locaux, rapporte cnbc.com sur son site.

Et cette robotisation ne va pas ralentir, c’est un secteur économique en pleine croissance qui va croître de 10% par année d’ici 2025 dans les 25 nations exportatrices.

Mercedes à contre-courant

Chez le constructeur de voitures de luxe Mercedes, ce sont les humains qui remplacent les robots! Surprenant, mais vrai.

Si Trump veut davantage de travailleurs dans les usines automobiles, il devra s’inspirer et faire un tour chez Daimler.

Pour faire un parallèle, pourquoi les immenses usines Foxconn qui produisent des millions de téléphones intelligents Apple pour la planète n’utilisent-elles essentiellement que des travailleurs en chair et en os? La réponse en un mot : adaptation.

Si la chaîne de production était robotisée, cela prendrait trop de temps pour reprogrammer et tester les robots à chaque nouvelle génération de téléphone. Les travailleurs, eux, s’adaptent instantanément au rythme rapide des évolutions.

Même constat chez Mercedes. Le marché évolue trop rapidement et pour s’y adapter, reprogrammer et tester les robots à la perfection prendrait trop de temps.

La multiplication des modèles, la variété et les options offertes aux clients sont telles qu’il faudrait des semaines aux robots pour être prêt dit le chef de production Markus Schaefer, chez Mercedes, à Bloomberg. Les travailleurs, eux, deux jours suffisent.

Le constructeur voit plutôt un système de production où les travailleurs sont aidés de petits robots pour plus de souplesse et d’efficacité. De plus, les transitions coûtent moins cher. En 2005, il leur fallait 61 h pour produire une voiture, l’usine de Sindelfingen espère réduire ce temps de moitié.

Partager votre opinion

En commentant sur ce site, vous acceptez nos conditions d'utilisation et notre nétiquette.

Commentaires des lecteurs