Repose en paix, transmission manuelle

Sérieusement atteinte, la boîte de vitesses manuelle est à l’agonie et en annonçant son décès proche, on annoncera du même coup la fin de l’agrément de conduite.

Transmission manuelle

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Sérieusement atteinte, la boîte de vitesses manuelle est à l’agonie et en annonçant son décès proche, on annoncera du même coup la fin de l’agrément de conduite. Pourquoi en est-on rendu à ce triste constat?

Quand j’ai commencé à conduire, il y a de ça trop longtemps pour que ce ne soit pas gênant de l’inscrire en chiffres, la transmission dite automatique était un luxe et une rareté. Les écoles de conduite mettaient l’accent sur la conduite avec une boîte mécanique parce qu’elle dominait le marché et que bien des constructeurs n’affichaient pas de transmission automatique à leur catalogue.

Ma première voiture neuve était une Ford Mainline 1955, une berline 2 portes à boîte manuelle à trois rapports avec un levier sur la colonne de direction. Il n’y avait rien de très plaisant à manier un tel outil dont la commande était souvent récalcitrante au point de nous faire grincer des dents quand les engrenages n’étaient pas parfaitement synchronisés.

Pour cela, bien des gens payaient le supplément requis  pour une transmission automatique parce qu’ils étaient incapables de conduire «manuel», selon l’expression du temps.

 

Un plaisir européen

Avec l’accroissement des voitures étrangères, majoritairement de provenance européenne, les transmissions manuelles sont devenues plus fréquentes et plus sophistiquées. Le nec plus ultra, c’était une boîte manuelle à 4 rapports avec levier au plancher. Et c’est là que l’agrément de conduite a pris toute sa signification.

En effet, il n’y a rien de plus agréable que de conduire avec ce type de mécanique, de façon un peu brouillonne au début pour finir par atteindre le parfait mariage de la boîte manuelle avec le moteur. Répété à l’infini sur une petite route tortueuse, c’est une joie intense. 

De la boîte primitive à 3 rapports, on est passé aux embrayages à 4, 5, 6 rapports et on se demande où cela va s’arrêter avec l’électronique qui s’est mise au service des embrayages multiples et atteignant 8, 9 et bientôt 10 rapports. D’autant plus que leur fonctionnement n’implique maintenant qu’un seul petit bouton ou palette qu’il suffit de presser pour monter ou descendre la gamme des rapports à des vitesses foudroyantes.

 

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Certains adorent la vivacité de ces transmissions robotisées, mais il n’en demeure pas moins que l’on n’en retire aucune satisfaction particulière, bien qu’elles soient hyper-performantes. Bref, l’un des points forts de l’agrément de conduite est sur le point de déclarer forfait.

Il ne reste que la négociation des virages ou le mordant du freinage pour s’offrir un plaisir dilué. Et encore, avec nos routes complètement saccagées monsieur le ministre des transports, dites-moi où je peux bénéficier des milliers de dollars en taxes que je vous ai payé à l’achat de ma voiture.

Un jour pas tellement lointain, j’en suis catégorique, il faudra fréquenter des centres de conduite sportive pour pouvoir jouir de sa voiture à l’ombre des véhicules autonomes et des contraintes qui ne cesseront de se multiplier. On s’y rendra comme on se rend au club de tennis ou au club de golf. L’agrément de conduite sur nos routes sera «In memoriam».     

Mazdaspeed6, simplement surprenante! 5

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