L'indésirable «mini-fourgonnette»

Il m’arrive souvent d’être dépassé par des fourgonnettes roulant à 150 km/h sur l’autoroute comme s’il s’agissait d’un bolide de course.

Minivan

Kalinovskiy - Fotolia

D’abord, corrigeons une faute majeure de la littérature automobile, c’est-à-dire l’appellation de mini-fourgonnette qui n’est rien de moins qu’un pléonasme.

Les linguistes vous diront que de marier deux mots similaires dans leur désignation est fautive, le mot «mini» étant déjà un diminutif tout comme «fourgonnette» qui décrit un mini-fourgon. Voyons ce qu’en dit le correcteur Antidote dans la description de la fourgonnette: «Petit véhicule utilitaire dont l’arrière est couvert et muni d’un hayon. • QUÉB. Véhicule à carrosserie monocorps et à espace intérieur spacieux, permettant le transport de sept passagers ou de marchandises».

On ne peut être plus clair.   

Je soupçonne que c’est la connotation morbide de «mini-fourgon» qui a forcé les constructeurs automobiles à inventer le terme de «mini-fourgonnette».

À l’époque de leur apparition sur le marché au début des années 80, seule la compagnie Ford avait affiché le nom de mini-fourgon dans ses brochures décrivant la pauvre Aérostar. Bravo à Ford. 

7 passagers, non merci

Mais nous n’en sommes pas au premier faux pas du jargon automobile du Québec dont on nous rabâche les oreilles régulièrement avec des fautes comme «7 passagers» en parlant d’un véhicule spacieux pouvant accueillir 6 personnes et un conducteur tant il est vrai que ce dernier n’est pas un passager. L’expression correcte est donc un véhicule 7 places.

Mon but premier avec ce billet était cependant tout autre, soit de fustiger les conducteurs de fourgonnettes.  

Fi à la «mini-fourgonnette»

Malgré un comportement routier qui incite fort peu à la vitesse, je n’en reviens pas de la façon dont ces véhicules sont conduits, sans égard à leur grosseur, leur piètre freinage, leur maniabilité déficiente et leur tenue de route approximative.

Il m’arrive souvent d’être dépassé par des fourgonnettes roulant à 150 km/h sur l’autoroute comme s’il s’agissait d’un bolide de course. Il faut être rudement téméraire pour lancer ces grosses brouettes à des vitesses aussi dangereuses.

Et ces excès de vitesse sont souvent pratiqués quand les véhicules sont occupés par des enfants. Beaucoup de femmes (des mamans la plupart du temps) conduisent aussi ces utilitaires comme s’il s’agissait de vraies voitures de course et sans aucun respect pour la précarité de leurs engins.        

On a l’impression en les voyant rouler à tombeau ouvert qu’ils sont enragés d’avoir à rouler dans le véhicule le moins plaisant de la planète. Condamnés à conduire ce mélange plus ou moins réussi de familiale et de VUS, de jeunes pères de famille donnent l’impression de vouloir se venger de cette punition du ciel quand ils voient leur voisin partir de la maison au volant de son cabriolet Mustang.

Voilà ce que j’avais à dire sur les indésirables mini-fourgonnettes... pardon, les mini-fourgons.  

Dodge Caravan 1984

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