Recours collectif contre un possible cartel de voitures

Une demande de recours collectif a été déposée mardi à Montréal contre des constructeurs allemands qui se seraient concertés pour réduire la concurrence entre eux et ainsi faire monter les prix des voitures.

6b0da500-4f53-40e0-aeb7-3bc5e9141829

Joey Zukran, Avocat

Photo d'archives, STÉPHAN DUSSAULT

Une demande de recours collectif a été déposée mardi à Montréal contre des constructeurs allemands qui se seraient concertés pour réduire la concurrence entre eux et ainsi faire monter les prix des voitures.

« Je suis très troublé et choqué par la collusion qui a pu se faire entre les constructeurs qui fait que nous payons trop cher pour nos véhicules. En tant que consommateurs, nous devrions être indemnisés pour cette surcharge », dénonce Nick Bountounis, représentant du recours collectif déposé en Cour supérieure mardi matin.

Cette requête fait écho à l’enquête que mène présentement la Commission européenne sur un possible cartel entre les constructeurs allemands de véhicules Volkswagen, BMW, Audi, Porsche et Daimler (Mercedes-Benz).

Ces entreprises se seraient « concertées dans des groupes de travail secrets sur les techniques utilisées dans les voitures, les coûts, les sous-traitants, les marchés, les stratégies et aussi la diminution des émissions polluantes », a révélé le magazine allemand Der Spiegel la semaine dernière.

Plus de 200 employés des constructeurs formeraient une soixantaine de comités pour discuter de détails du développement des véhicules tels que les moteurs à essence ou diesel, la transmission, les freins, l’embrayage et les systèmes d’échappement, rapporte aussi le média allemand. Ces manigances diminueraient ainsi la concurrence qui permet aux consommateurs d’avoir de meilleurs prix.

 

Pas attendu

Les avocats Joey Zukran, de LPC avocats, et Michael Vathilakis, du cabinet Renno & Vathilakis, n’ont pas attendu que les autorités de la concurrence européenne finissent leur enquête pour déposer leur demande au tribunal au nom des consommateurs québécois et canadiens qui seraient lésés.

« Du moment qu’il y a des enquêtes, c’est assez sérieux. Les médias rapportent aussi qu’il y aurait eu des aveux de constructeurs. C’est la même chose qui s’est produite dans le dossier de Volkswagen sur les moteurs diesel. Il n’y a pas de fumée sans feu », soutient Me Zukran.

En effet, le magazine allemand ajoute que Volkswagen se serait elle-même dénoncée auprès de la Commission européenne afin, sans doute, d’attirer la clémence des autorités. Le constructeur Daimler aurait fait de même alors que BMW a démenti avec véhémence ces allégations dans un communiqué publié lundi.

Pas de frontières

« Je n’étais déjà pas très impressionné par la façon dont Volkswagen a géré le scandale des moteurs diesel. On s’attend à plus d’honnêteté de leur part et à payer les produits à leur juste valeur », ajoute M. Bountounis.

Les avocats au dossier sont convaincus que des pièces issues de ces ententes entre les constructeurs peuvent se retrouver dans les voitures que l’on retrouve chez nous.

Un avis que partage Alain McKenna, chroniqueur automobile et nouvelles technologies.

« Il n’y a pas de frontières à ça, les pièces sont fabriquées [partout dans le monde]. Il n’y a pas de raison de penser qu’on n’en retrouverait pas dans les véhicules chez nous », mentionne-t-il.

Un juge doit d’abord accepter la demande de recours collectif avant que les procédures judiciaires ne s’enclenchent, ce qui pourrait prendre plusieurs mois.

Volkswagen et BMW n’ont pas répondu à nos demandes d’entrevue, tandis que Daimler a préféré ne pas commenter.

Partager votre opinion

En commentant sur ce site, vous acceptez nos conditions d'utilisation et notre nétiquette.

Commentaires des lecteurs