MIGUEL MEDINA

Ferrari souligne en grande son 70e anniversaire

Ferrari fête ce week-end ses 70 ans, et le mythique cheval cabré est toujours aussi fougueux.

70e anniversaire de Ferrari

AFP

Certains de ses modèles peuvent atteindre des millions de dollars aux enchères et ses bolides sont de nouveau à l’avant-plan sur les circuits de la planète... Ferrari fête ce week-end ses 70 ans, et le mythique cheval cabré est toujours aussi fougueux.
 
Trois jours de célébrations sont prévus dans le nord de l’Italie pour marquer l’événement. D’abord à Milan, où ont convergé vendredi après-midi quelque 500 bolides venus de différents pays, puis à Modène et enfin au berceau de Maranello, avec des invités triés sur le volet.
 
Michel Lemaitre, 79 ans, possède des Ferrari depuis plus de 20 ans et est venu de Nice. «C’est une grande passion. Cela a commencé très très jeune. Mais à l’époque je n’avais pas les moyens de m’acheter une Ferrar », a-t-il expliqué à l’AFP. «C’est beaucoup de sacrifices, mais c’est tellement une passion qu’on ne regarde pas».
 

 

La Ferrari, selon lui? «C’est la liberté, un mythe», quelque chose «un peu unique» et «un joli bruit de moteur».
 
La saga débute officiellement en 1947, quand la première Ferrari, la 125 S, née de l’imagination d’Enzo Ferrari, un ancien pilote de course qui a fait ses armes chez Alfa Romeo, sort de l’usine de Maranello.
 
Elle est ornée de ce qui deviendra le symbole de la marque, le cheval cabré, hommage à Francesco Baracca, aviateur italien de l’escadrille des As tué au combat en 1918, qui l’arborait sur son avion.
 
Enzo Ferrari racontait que la mère du pilote lui avait dit de mettre le cheval cabré sur ses voitures comme porte-bonheur, et qu’il y avait ajouté un «fond jaune canari» pour rappeler les couleurs de sa ville natale de Modène.
 

 

Les Ferrari ont tôt fait de s’imposer dans l’imaginaire collectif.
 
Les bolides sont réservés à quelques «happy few», prêts à débourser de 200 000 à plus d’un million de dollars, pour des séries limitées. Et il faut se montrer patient: l’an passé, le patron de Ferrari, Sergio Marchionne, reconnaissait qu’il fallait jusqu’à trois ans d’attente pour une Ferrari 488.
 
L’enseigne, qui a pris son indépendance de Fiat Chrysler (FCA) fin 2015, est désormais cotée en Bourse à Milan et New York et affiche des résultats à faire pâlir d’envie plus d’un constructeur: 4,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2016 pour seulement 8 014 voitures livrées et un bénéfice net en hausse de 38%, à 483 millions de dollars.
 
La marque propose «un artisanat industriel d’extrême qualité, qui s’accompagne d’un dialogue extrêmement serré avec ses clients», note Carlo Alberto Carnevale Maffè, professeur de stratégie à l’Université Bocconi de Milan.
 

 

Elle a «introduit dans ses processus manufacturiers beaucoup de personnalisation: les volants, les sièges, l’intérieur...», avec les clients accueillis à l’usine pour faire part de leurs désirs, explique l’universitaire, pour qui Ferrari est «une usine à rêves».
 
Selon lui, une Ferrari «se mérite»: «Tu dois faire partie du club. Il y a tant de parvenus, de nouveaux riches qui veulent y être admis, mais ils sont regardés avec une certaine suspicion», affirme-t-il.
 
Ferrari, «sommet de l’automobile sportive», fut véritablement «une marque de passionnés: il fallait vraiment l’être car c’était tout le temps en panne, même si bien sûr les gens ne le disaient pas», rappelle l’historien de l’automobile Patrice Vergès.
 
Aujourd’hui c’est moins le cas, juge-t-il, évoquant davantage «une marque de bobos fortunés» faisant «des placements».
 

 

Car les Ferrari de collection s’arrachent à prix d’or: la voiture la plus chère jamais vendue aux enchères est ainsi une Ferrari 335 S Scaglietti de 1957, adjugée début 2016 à Paris pour 46,5 millions de dollars.
Sur les circuits, la plus ancienne écurie engagée en Formule 1 fait toujours rêver ses fans. Elle pourrait d’ailleurs s’offrir pour ses 70 ans le plus beau des cadeaux: le titre mondial des pilotes avec l’Allemand Sebastian Vettel, à la lutte avec le Britannique Lewis Hamilton sur sa Mercedes.
 
Après 68 saisons dans la discipline reine du sport automobile, la Scuderia affiche un palmarès impressionnant: 228 victoires en Grand Prix pour 721 podiums, 16 titres de champion du monde des constructeurs et 15 pour les pilotes. Le dernier remonte à 2007, avec le Finlandais Kimi Räikkönen.
70e anniversaire de Ferrari

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