Chevrolet Bolt EV: l'auto électrique qui mène loin

La Bolt EV, la nouvelle voiture électrique de Chevrolet, fait miroiter un automobilisme nouveau, sans émission polluante.

Chevrolet Bolt EV 2017

La Bolt EV, la nouvelle voiture électrique de Chevrolet, fait miroiter un automobilisme nouveau, sans émission polluante, avec des frais de déplacement considérablement moins élevés, tout en amenuisant la redoutable crainte de la «panne sèche»!

Voici la vedette de l’heure au rayon des voitures « vertes » : le Chevrolet Bolt EV. Cette auto électrique, offerte à un prix que certains considèrent comme abordable, bénéficie d’une autonomie suffisamment grande pour rassurer les incrédules et ravir les acheteurs convaincus.

Plus que les Tesla S et X, qui demeurent hors de prix pour le commun des mortels, la Bolt met enfin l’électromobilité (sans moteur thermique d’appoint) à la portée d’un plus grand nombre d’automobilistes sous la forme d’une voiture compacte à hayon, le format idéal pour l’environnement urbain qu’elle sillonnera généralement.

Dans un créneau où l’autonomie constitue un des principaux critères de sélection, la Bolt se distingue par les 383 km promis par le constructeur. Lors de l’essai que nous avons réalisé, cet été, nous avons même dépassé 400 km. Pour ce qui est de la conduite hivernale par grand froid, nous verrons dans quelques mois quelle sera la performance.

Quoi qu’il en soit, une autonomie pareille place la Bolt loin devant ses rivales — les Nissan LEAF, Hyundai Ioniq EV, Volkswagen e-Golf, etc. — qui offrent en moyenne 200 km d’autonomie. Une autonomie qui suffirait cependant amplement à bien des familles propriétaires de deux (ou trois) véhicules, dont un qui ne sert généralement qu’à réaliser des trajets aller-retour quotidiens de quelques dizaines de kilomètres.

Oubliez la panne sèche

GM a néanmoins choisi d’offrir une petite voiture électrique capable de dissiper cette crainte de la « panne sèche », qui inquiète tant les automobilistes. La Bolt dispose aussi d’un groupe motopropulseur légèrement plus puissant que ses rivales. Son moteur électrique de 150 kW transmet 266 lb-pi de couple aux roues avant, soit 30 de plus que le moteur de la nouvelle LEAF. Avec autant de couple, l’accélération est étonnamment rapide : la Bolt passe de 0 à 100 km/h en tout juste 7 s. C’est une seconde plus vite qu’une Chevrolet Cruze munie du 4-cylindre turbo à essence. Ironiquement, le silence de fonctionnement du moteur rend le bruit de frottement des pneus plus audible, petit irritant auquel l’automobiliste doit s’habituer.

Son moteur est alimenté par une batterie au lithium-ion de 60 kWh, l’élément crucial qui singularise la Bolt... et qui explique en partie son prix élevé. Ses rivales sont munies de batteries de plus faible capacité : l’Ioniq, par exemple, a une batterie de 28 kWh, alors que les LEAF 2017 et 2018 ont respectivement des batteries de 30 et 40 kWh.

 

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La capacité de la batterie détermine largement l’autonomie de la voiture. Cela dit, la manière de conduire influence aussi l’autonomie. Pour optimiser la consommation d’électricité, la Bolt dispose donc, comme ses rivales, d’un système de récupération d’énergie, puisque le moteur électrique sert à la fois à faire avancer le véhicule, mais aussi à récupérer l’énergie cinétique produite en décélération et au freinage pour la convertir en électricité pour la batterie.

Conduire avec une pédale

Cette petite Chevrolet offre toutefois un moyen plus poussé de récupérer de l’énergie. En mode « D » (Drive), la Bolt régénère une faible quantité d’énergie lorsqu’on cesse d’appuyer sur l’accélérateur ou qu’on actionne les freins. En sélectionnant le mode « L » (Low), le conducteur augmente le taux de régénération, en plus d’activer un mode de conduite à une pédale. La pédale de l’accélérateur sert alors à accélérer, à déceler et même à immobiliser la Bolt ! L’usage d’une seule pédale pour conduire se maîtrise rapidement parce que ce système, qui est modulable, se révèle très souple. La Bolt dispose même d’une palette fixée au volant qui permet aussi de moduler la décélération — et la récupération — en utilisant les modes « D » et « L ».

La Bolt a une carrosserie d’allure moderne, qui n’est pas sans rappeler celle de la BMW i3. Plus volumineuse que cette dernière, elle est toutefois plus courte que ses rivales les plus populaires : l’Ioniq mesure 4470 mm et la LEAF 2018, 4 481 mm, alors que la Bolt ne mesure que 4 l57 mm. Elle est donc plus longue qu’une Chevrolet Sonic à hayon (4 039 mm), mais plus courte qu’un Trax (4 280 mm), ce qui ne l’empêche pas d’être assez spacieuse pour quatre adultes, en plus d’offrir un coffre transformable plus volumineux que celui d’une Cruze à hayon (1 602 L contre 1 336), bien que cette dernière soit plus longue (4 453 mm).

Deux versions figurent au catalogue : les Bolt LT et Premier. Cette dernière bénéficie d’une dotation un peu plus sophistiquée comprenant, entre autres, certains dispositifs d’aide à la conduite. Ces équipements ne réduisent pas l’autonomie, pas plus que le temps maximal de recharge estimé à 9 heures par le constructeur, lorsqu’on utilise une borne de niveau 2 (240 v). Avec une borne de niveau 3, toutefois, permettrait de recharger la batterie à 80 % en l’espace de 30 minutes.

Abordable... pour certains

Certains réclament les autos électriques pour éliminer les émissions de particules polluantes, alors que d’autres souhaitent simplement profiter de leur faible coût d’utilisation au kilomètre, qui équivaut environ au quart du coût d’utilisation d’une auto à moteur à thermique.

Mais le prix d’achat de la Bolt a de quoi rebuter certains consommateurs. Offerte à partir de 43 095 $, la version LT d’entrée de gamme est aussi chère, à quelques dollars près, qu’une Mercedes-Benz C 300 4Matic 2018 (44 700 $), alors que le prix de la Bolt Premier frise les 50 000 $.

Or, le rabais incitatif de 8 000 $ offert par le gouvernement de la province permet d’éponger grosso modo la valeur des taxes exigées pour cette voiture. L’acheteur devra donc pouvoir financer l’achat ou la location d’un joujou valant au moins de 40 000 $ à 50 000 $, ce qui limite le nombre d’acheteurs potentiel. On est donc loin de l’auto électrique pour tous.

Certains acheteurs seront peut-être aussi chatouillés par certains petits à côté qui gonflent la facture. Je pense, par exemple, aux couleurs du nuancier de la Bolt qui, mis à part le Blanc sommet, gonflent de 495 à 595 $ le prix. Le même constructeur offre pourtant trois couleurs sans frais pour son humble Spark de 11 595 $ !

Et puis, il y a ce montant qu’il faut verser pour le transport, la taxe de climatisation et les frais de concessionnaire ». En consultant le site Internet du constructeur, on constate qu’il se chiffre à 2 050 $ au Québec, alors qu’ailleurs au pays, ce montant est de 1 800 $, et ce qu’on habite à Toronto en Ontario, à St. John’s à Terre-Neuve ou à Iqaluit au Nunavut. Sans doute une autre spécificité québécoise...

 

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