Mazda MX-5 RF : un go-kart qui coûte trop cher

On a essayé la Mazda MX-5 RF pendant une semaine. Voici ce qu’on a aimé, mais aussi ce qui nous a déplu.

Mazda MX-5 RF 2017

Mazda

Les classiques roadsters anglais avaient bien des qualités, mais aussi un grand défaut: la fiabilité. En 1989, Mazda a donc eu l’idée de génie de lancer une voiture qui aurait les mêmes atouts que ses consœurs britanniques sans en avoir les problèmes mécaniques. Là, Mazda vient de nous arriver avec une version RF de sa MX-5. C’est une version à toit rigide rétractable. Un peu comme un targa, si vous voulez. 
 
On a essayé la Mazda MX-5 RF pendant une semaine. Voici ce qu’on a aimé, mais aussi ce qui nous a déplu. 
 

 

Ce qu’on a aimé : 
Go-kart 
Avez-vous déjà piloté un go-kart? Et bien, la MX-5 se conduit de la même façon. Mais sans casque. Sans blague, la MX-5 donne une seule envie quand il fait beau: prendre un congé de «maladie» et aller rouler le toit baissé. Sous son capot, on retrouve un quatre cylindres atmosphérique de 2,0 L tout à fait ordinaire. Ce dernier ne développe que 155 chevaux-vapeur et 148 livres-pied. 
 
Vous l’aurez deviné, sur une ligne, ce n’est pas là qu’elle se démarque. Par contre, une fois le premier virage arrivé, elle sera loin derrière les grosses pantoufles munies d’un V8 maintes fois plus puissant. Avec la MX-5, on a le sourire fendu jusqu’aux cheveux (ça, c’est une coche de plus que jusqu’aux oreilles) même si on ne roule pas à des vitesses ahurissantes. 
 
Sièges, suspensions, jantes et freins 
Notre modèle d’essai était équipé de sièges Recaro, de suspensions Bilstein, de jantes BBS et de freins Brembo. Cet ensemble n’a pas comme simple vertu d’être joli. Il est efficace, aussi. Or, prenez garde, si vous circulez sur une route comptant plus de nids-de-poule que de voitures, vous pourriez ressentir un désagrément car le confort est minime. Tout est orienté afin d’offrir une conduite optimisée. Si vous aimez conduire, vous l’adorerez. 
 
Consommation d’essence 
Même en roulant de manière, disons, vigoureuse pour l’ensemble de mes déplacements, il n’y avait rien à faire : la consommation d’essence demeurait excessivement basse. Pour une distance d’un peu plus de 750 kilomètres, le tableau de bord affichait une consommation moyenne de 7,9 L/100 km. Pour un bolide aussi sportif, c’est du génie! 
 
 
Ce qui nous a déplu : 
Quand même bruyante 
La diminution du bruit dans l’habitacle une fois le toit monté est l’un des buts principaux buts recherchés avec cette version RF. Or, la différence est à peine perceptible. On pourrait aussi être porté à croire qu’étant donné qu’elle est munie d’un toit rigide, elle pourrait rouler toute l’année. N’oublions pas qu’elle n’a que les roues motrices arrière, qu’elle est basse et surtout très légère.  Je serais bien curieux de la voir sur l’autoroute 10 en pleine tempête en janvier prochain... 
 
Transmission 
La boîte manuelle à six rapports est indéniable plaisante. Pour une conduite relevée sur des routes sinueuses, on ne pourrait demander mieux. Enfin, presque. Lorsqu’on roule à la vitesse tolérée sur l’autoroute, le moteur révolutionne à près de 3500 tours-minute. C’est énorme. 
 
On aurait apprécié que Mazda conçoive différemment sa transmission afin de diminuer le régime du moteur une fois la sixième vitesse engagée et, par le fait même, réduire le bruit à bord de l’habitacle et la consommation d’essence. Certes, c’est pratique pour dépasser, mais rétrograder d’une vitesse n’est pas sorcier non plus. 
 
 
Le petit kick du turbo de la Fiat 124 
Plus tôt cette saison, j’ai conduit le clone de la MX-5 : la Fiat 124 Spider. Je l’avais bien aimée malgré ses défauts. Certes, elle est légèrement moins compacte que la japonaise, mais la différence est à peine perceptible. La grande différence se trouve sous le capot. Alors que la puissance de la MX-5 est sans contredit très linéaire, c’est tout le contraire pour la 124 avec laquelle le plaisir est directement proportionnel à nombre de tours/minutes du moteur. 
 
Ce petit aplomb qu’on avait avec la 124 après 4000 tours/minute, on ne le retrouve pas sans la MX-5. En revanche, si j’avais à miser sur la fiabilité à long terme de l’une ou l’autre, je n’hésiterais pas à gager toutes mes économies sur la Mazda. 
 
 
Bref 
Ironiquement, la caractéristique la plus importante de la MX-5 RF est aussi son plus gros défaut, c’est-à-dire, son toit rigide rétractable. En plus d’être terriblement cher (8000$), la valeur ajoutée de la version RF est minime. 
Le toit souple de la MX-5 conventionnel est tellement simple et efficace, que j’en étais renversé lorsque je l’ai vu en opération pour la première fois. Il suffit d’une main pour le baisser ou le rabattre. Aussi, le mécanisme du toit souple est éprouvé depuis des lunes. Je me permets de me garder une petite réserve quant à son évolution dans le temps, mais surtout en ce qui a trait à son coût de remplacement. 
 
Fiche technique
Nom: Mazda MX-5 RF 2017
Prix de base : 38 800$
Prix du modèle à l’essai: 43 200$ 
Configuration : Véhicule à roues motrices arrière avec motorisation à l’avant 
Mécanique : Moteur à quatre cylindres de 2,0 litres 
Puissance/couple: 155 ch/ 148 lb-pi
Transmission : Manuelle à 6 rapports ou automatique à 6 rapports
Consommation d’essence annoncée (manuelle): 8,9 L/100 km (ville) 7,1 L/100 km (route)
Garantie de base : 4 ans/80 000 km
Concurrence: Subaru BRZ/Toyota 86, Mini Cooper, Nissan 370Z 
 
Appréciation (sur 10)
Consommation d’essence : 8
Équipements : 7
Prix : 5
Style : 9
Confort (à l’avant) : 6
Confort (à l’arrière) : n/a 
Tenue de route : 9
Performance : 8
Espace de rangement : 4
Note globale : 7 
Mazda MX-5 RF 2017

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