Fred Mercier

L’hydrogène, l’avenir de l’automobile au Québec?

Quand vient le temps de parler d’avenir dans le monde automobile, c’est la voiture électrique qui prend toute la place.

Hydrogene

Quand vient le temps de parler d’avenir dans le monde automobile, c’est la voiture électrique qui prend toute la place.

Toutefois, de plus en plus de constructeurs automobiles mettent l’emphase sur une autre alternative: l’hydrogène. Hyundai, Honda et Toyota n’en sont que quelques exemples.

Sans renier les technologies hybride et électrique, ces constructeurs semblent persuadés que le futur de l’automobile passe aussi par l’hydrogène.

Chez Toyota, par exemple, on a pris l’audacieuse décision de développer un véhicule à hydrogène avant même la commercialisation d’une première voiture entièrement électrique. Parce qu’au risque de vous surprendre, Toyota n’a toujours pas de voiture 100% électrique sur sa flotte.

La Mirai, un véhicule fonctionnant à l’hydrogène, est déjà disponible dans certaines régions des États-Unis. Au Québec, faute de stations de ravitaillement, le véhicule n’est pas offert. Même chose pour la Honda Clarity et le Hyundai Tucson FCEV.

Sauf que ça pourrait bien changer.

 

Opération séduction au Québec

Les représentants de plusieurs constructeurs automobiles ont récemment rencontré certaines têtes dirigeantes du gouvernement du Québec dans l’espoir de faire avancer le développement de l’hydrogène dans la Belle Province. Le Premier ministre, Philippe Couillard, et le Ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, ont notamment fait partie des discussions.

 

À lire aussi: Philippe Couillard discute de voitures à hydrogène

 

Même si un véhicule à hydrogène n’émet aucune autre émission que quelques gouttes d’eau, la production de l’hydrogène qui sert à son fonctionnement n’est pas toujours verte. Encore aujourd’hui, la majorité se fait par extraction chimique d’hydrocarbures fossiles.

 

Toutefois, il est aussi possible d’obtenir l’hydrogène par électrolyse, un procédé beaucoup plus propre qui se résume à l’envoi d’un simple courant électrique dans l’eau pour isoler l’hydrogène. «Si l’électricité est produite par une source d’énergie renouvelable [...], l’hydrogène qui en résulte sera aussi considérée renouvelable», explique le U.S » Department of Energy.

«Le Québec pourrait être à l’hydrogène ce que l’Alberta a été au pétrole», martèle Stephen Beatty, vice-président et secrétaire général chez Toyota Canada. Avec ses grandes ressources d’eau, sa production quasi totale d’énergie via l’hydroélectricité et sa proximité géographique avec le Nord-Est des États-Unis, le Québec pourrait, aux yeux de M. Beatty, devenir un grand producteur et exportateur d’hydrogène.

 

Problème d’infrastructure

Malgré les pourparlers, l’avènement de la voiture à hydrogène au Québec semble encore bien lointain. Encore aucune station de ravitaillement n’a été mise en place. On n’en compte que quatre au pays, et elles sont toutes en Colombie-Britannique.

«L’hydrogène a un retard de quelques années sur la voiture électrique», convient Stephen Beatty. Selon lui, le développement du réseau d’hydrogène s’entamera par les flottes de véhicules commerciaux. Un projet est déjà en place dans le port de Los Angeles pour tenter de remplacer les camions au diesel par des camions à l’hydrogène.

Puis, avec le temps, la disponibilité grandissante des stations de recharge rendra possible la commercialisation à grande échelle de véhicules fonctionnant à l’hydrogène.

«Notre objectif est de voir une première station de ravitaillement au Québec dès l’année prochaine», explique-t-il, rappelant que la Californie et le Japon sont déjà plus avancés, comptant déjà respectivement une centaine de stations.

 

Des avantages indéniables

Alors, pourquoi pousser vers le développement de l’hydrogène au lieu de simplement se concentrer sur les voitures électriques à batterie?

«Les voitures électriques sont logiques, mais principalement pour les déplacements urbains et pour les plus courtes distances», croit Stephen Beatty. Leur autonomie et le temps de recharge, selon lui, rendent leur adoption plus difficile pour le public.

Une recharge d’hydrogène, par contre, prend à peu près le même temps qu’un plein d’essence et permet une autonomie dépassant les 500 kilomètres. Son utilisation peut aussi être associée à des plus gros véhicules comme des camions ou des autobus sans trop nuire à l’autonomie, un autre défi de taille pour les véhicules à batteries.

Toutefois, ce n’est pas avec l’aspect financier que les consommateurs seront charmés par l’hydrogène. Du moins, pas pour le moment.

En Californie, le coût de l’hydrogène est à peu près identique à celui de l’essence. Et comme la technologie est encore récente, les véhicules sont plutôt dispendieux. La Mirai, par exemple, est offerte à partir de 57 500$ US aux États-Unis.
 

 

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