Fred Mercier

Pour en finir avec l’autonomie des voitures électriques

L’électrification du monde automobile semble désormais inévitable.

Voiture électrique

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L’électrification du monde automobile semble désormais inévitable.

Déjà, plus d’une dizaine de modèles entièrement électriques sont disponibles au Québec, sans compter les nombreux véhicules à motorisation hybride rechargeable.  C’est long, mais on voit la progression.

Le véhicule entièrement électrique (VE) le plus vendu au Québec au cours des dernières années, c’est incontestablement la Nissan Leaf. En fait, avec plus de 280 000 unités vendues depuis ses débuts en 2010, la Leaf est le VE le plus vendu au monde.

Les attentes étaient donc très hautes quand Nissan a annoncé l’arrivée d’une deuxième génération du modèle, un peu plus tôt cette année. Et à son lancement, l’autonomie annoncée de 241 kilomètres en a laissé quelques-uns sur leur appétit.

Dans un contexte où Chevrolet vient de lancer un modèle à 383 kilomètres d’autonomie, Nissan vient-elle de manquer le bateau?

 

À lire aussi: Notre essai routier complet de la Nissan Leaf 2018

 

Changer les mentalités

Pour François Lefevre, directeur marketing pour les véhicules électriques chez Nissan Canada, l’autonomie de la Leaf n’est pas un problème. 

«Pour la grande majorité des Canadiens, c’est plus que suffisant pour rouler toute la journée sans avoir besoin de recharger avant de rentrer à la maison le soir», analyse-t-il. Selon lui, l’utilisation quotidienne d’un véhicule électrique ne requiert pas nécessairement une plus grande autonomie que ce que les VE actuels proposent.

 

Pourtant, une récente étude publiée par le site américain Autolist.com révélait que l’autonomie restreinte des batteries demeurait le principal argument des automobilistes pour continuer de rouler en voiture à essence. Bien avant le prix, le temps de recharge ou la disponibilité des bornes.

Une majorité de répondants y indiquaient qu’ils n’hésiteraient pas à remplacer leur modèle à essence par un VE proposant une autonomie de 300 miles, soit l’équivalent de 480 kilomètres.

«Je crois qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire, estime M. Lefevre. . «Moi-même, je roule avec une autonomie de 172 kilomètres [Leaf de première génération] et je peux faire l’aller-retour au travail, aller porter les enfants à leurs cours et faire les commissions sans jamais avoir peur de tomber en panne», poursuit-il.

Bien entendu, il y aura toujours des cas spéciaux de gens qui doivent parcourir de très longues distances quotidiennement, ou d’autres qui ne peuvent pas faire installer de bornes de recharge à la maison. Mais pour une grande partie des automobilistes du pays, l’utilisation quotidienne de la voiture électrique n’est plus une utopie.

 

Une autre version, éventuellement

Malgré l’assurance des gens chez Nissan quand vient le temps de parler de l’autonomie de la nouvelle Leaf, les hautes instances du constructeur japonais semblent comprendre la crainte de certains consommateurs.

Au cours de la prochaine année, Nissan dévoilera d’ailleurs une version à autonomie prolongée de la nouvelle Leaf. Aucun chiffre n’a été avancé pour le moment, mais on peut s’attendre à quelque chose de similaire aux 383 kilomètres proposés par la Chevrolet Bolt. Le prix, évidemment, sera aussi revu à la hausse.

 

À lire aussi: Chère, la voiture électrique?

 

En attendant cette version à autonomie prolongée, la Leaf 2018 arrivera chez les concessionnaires du Québec au premier trimestre de la prochaine année. À un prix de départ de 35 998$, elle demeure pas mal plus dispendieuse qu’un modèle à essence au format équivalent. Le crédit gouvernemental de 8000$ accordé par Québec aide toutefois à mieux faire passer la pilule.

L’autonomie? C’est loin d’empêcher François Lefevre de dormir le soir. Reste à voir si les consommateurs lui donneront raison.

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