Fred Mercier

Conduire sur l’Autobahn dans une BMW de 365 chevaux

L’Allemagne est aux amateurs d’automobile ce que Jérusalem est aux Chrétiens.

BMW Autobahn

L’Allemagne est aux amateurs d’automobile ce que Jérusalem est aux Chrétiens.

C’est le pays natal de certaines des marques les plus prestigieuses du monde, et pour les fanatiques de vitesse, c’est aussi l’endroit idéal pour aller rincer son moteur. Parce qu’en Allemagne, plus de la moitié du réseau autoroutier n’impose aucune limite de vitesse.

Non, ce n’est pas une légende. Sur les Autobahn allemandes, vous pouvez pousser votre machine à 300 km/h si l’envie vous en prend. Suffit d’être dans une zone où c’est permis... et d’avoir un bolide capable de se rendre jusque-là!

La semaine dernière, j’ai profité de vacances bien méritées pour payer une petite visite à mon frère, qui habite Berlin depuis quelques mois. Et comme on n’est pas en Europe tous les jours, j’ai aussi décidé d’aller voir une amie à Utrecht, aux Pays-Bas.

Distance entre les deux villes: 633 kilomètres.

 

L’Europe étant ce qu’elle est, j’aurais facilement pu prendre un train qui m’aurait mené à bon port en moins de deux. Sauf que ça aurait fait de moi un très drôle de journaliste automobile.

Non, au lieu de ça, je me suis dit que c’était le moment idéal pour m’amuser sur le plus beau des terrains de jeu du monde: le réseau autoroutier allemand.

Et tant qu’à y être, je n’allais pas me rendre à Utrecht en sous-compacte. Oh que non!

C’est plutôt dans une rutilante BMW M2 que j’ai quitté les rues étroites de la Capitale allemande pour retrouver ses légendaires autoroutes.

 

Après un peu de trafic pour sortir de Berlin, mon pied droit ne tenait déjà plus en place. Tout ce que je voulais, c’était enfoncer la pédale d’accélérateur au plancher pour laisser rugir le moteur à six cylindres biturbo de la puissante M2.

 

À lire aussi: Toute la gamme M de BMW réunie sur une piste

 

Puissante, c’est le cas de le dire. Avec 365 chevaux et 343 livres-pied de couple, la M2 est une bombe sur quatre roues. Digne représentante de la division performance «M» de BMW, il s’agit de la variante la plus démentielle de la Série 2. Disons que ça promettait!

 

Sauf qu’en quittant Berlin, mon pied droit a dû prendre son mal en patience. Dans les zones urbaines, les autorités allemandes imposent des limites de vitesse assez strictes sur les autoroutes. En quittant Berlin, j’ai pu progressivement passer de 70 km/h à 100, puis à 120, puis à 130... mais la zone sans limite se faisait toujours attendre.

Puis, après de longs kilomètres à attendre patiemment, j’ai enfin vu ce symbole dont je rêvais depuis des semaines. Un cercle blanc marqué par une ligne oblique. Je ne parle pas allemand, mais ça, c’est universel.

 

Libérée de toutes contraintes légales, ma M2 a finalement pu faire rugir sa mécanique. Une mélodie! Et la vitesse indiquée sur mon tableau de bord s’est mise à grimper. Et vite, à part ça.

150.
180.
200!
220...

Là, ça commençait à brasser. La M2 est une voiture excessivement agile, mais son court empattement finit par se faire sentir à haute vitesse.

Je tenais le volant fermement, prêt à intervenir à tout moment. Quand on circule à cette vitesse sur un réseau routier public, il faut penser aux autres. Tout le temps. La moindre manœuvre hasardeuse d’un autre automobiliste peut s’avérer périlleuse pour vous. Mortelle, même.

Mon champ de vision, rétréci, se limitait à ce qui se passait en avant. Sur les côtés, seulement des arbres qui défilaient et quelques voitures que je dépassais en coup de vent.

On m’avait bien averti que le véhicule était muni de pneus d’hiver qui ne pouvaient supporter une vitesse supérieure à 240 km/h. Soucieux de pousser la machine à la limite, je continue tout de même sur ma lancée.

 

Même à plus de 200 km/h, la M2 en demande encore. Je monte à 230. Puis à 240. Un bip sonore m’indique que je suis rendu à la limite. Pas celle de la voiture, mais bien celle des pneus. Parce qu’à 240 km/h, je sentais que la M2 en avait encore dans le ventre. Plus beaucoup, toutefois, parce que le constructeur annonce une vitesse de pointe de 250 km/h.

Une fois la limite atteinte, j’ai ramené ma vitesse de croisière à 200 km/h. Je suis un gars raisonnable, après tout! Pendant un bon bout de temps, je filais donc vers l’Ouest à cette allure, sans la moindre peur de me faire pincer par la police. Un sentiment de liberté exceptionnel.

À cette vitesse, vous vous imaginez que mon trajet vers Utrecht s’est donc déroulé plutôt rapidement. Seul hic, les arrêts aux puits m’ont coûté pas mal plus cher que prévu. Parce qu’imaginez-vous donc qu’à force de rouler aussi vite, la consommation monte elle aussi en flèche.

 

À mon retour à Berlin, quelques jours plus tard, j’avais accumulé plus 200 Euros de factures d’essence. C’est plus de 300$ d’essence pour un roadtrip d’à peine 1200 kilomètres!

Décidément, le périple m’aurait coûté pas mal moins cher en train. Sauf qu’à bord de la M2, j’ai pu avoir un aperçu de ce que les automobilistes allemands peuvent vivre au quotidien.

Les chanceux!

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