Formule électrique: Un parfum de scandale

Laissons la voiture électrique s’émanciper avant d’utiliser son auréole pour des projets trop hâtifs sans assises solides.

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Photo d'archives Agence QMI, Joel Lemay

Même si je suis un emblème de la course automobile au Canada et que j’ai été le premier à proposer la tenue d’une course de voitures électriques dans les rues de Montréal, personne ne m’a demandé mon avis sur ce projet que j’avais d’abord élaboré avec un groupe d’investisseurs d’ici.

 

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Il est bon de savoir en premier lieu que l’évènement n’est pas né d’hier et que quelqu’un d’autre que les organisateurs actuels a été impliqué dans son implantation par une compagnie appelée «Green Prix Racing», dont j’étais l’un des intervenants. 

Avec un petit groupe de personnes, nous avons bûché et travaillé comme des dingues pour mettre l’affaire en marche: rencontre avec les représentants de la mairie, recherche de commanditaires, échanges avec le maire de l’époque, M. Gérard Tremblay, recherche de l’endroit le plus souhaitable pour tenir la course. Je répète encore que ce type d’évènement n’existait alors nulle part ailleurs dans le monde.  

Selon notre vision des choses, Montréal allait devenir le pionnier de la course automobile électrique dans le monde et cela sans que la ville ait à verser des sommes d’argent substantielles pour lancer le projet.

Si ma mémoire est bonne, on parlait de 100 000$, pas plus. Les voitures allaient être construites par une firme indépendante secondée par l’École Polytechnique et vendues aux participants par divers commanditaires qui encore là n’auraient pas à payer des sommes colossales pour bénéficier d’une visibilité énorme.

Je me permets de mentionner que la construction d’une voiture électrique n’est pas un mystère et qu’il suffit d’un peu d’expertise pour y arriver.

Une aubaine

Je répète que la ville allait s’en tirer à bon compte, mais on dirait que dès qu’un projet comme celui-là atterrit en haut lieu, il est rejeté du revers de la main.

Évidemment il faut des millions pour que tout le monde prenne sa part du gâteau. Il faut un paquet d’officiels,  de présidents, d’experts de directeurs de ceci et cela, bref une armée de gaspilleurs à grands frais pour que l’évènement ait l’air sérieux.

Comme par hasard et après des mois de tergiversations, notre projet beau, bon, pas cher, s’est écroulé pour soudainement réapparaître, guidé par des intérêts européens. Coïncidences ou rencontres d’idées, je ne saurais dire, mais on peut se poser des questions.    

Madame la mairesse, mon conseil est de ne pas vous encourager à jeter des millions par les fenêtres pour des courses de second rang dont le seul but est de remplir les poches d’une bande de fainéants venus de France ou d’ailleurs.

Laissons la voiture électrique s’émanciper avant d’utiliser son auréole pour des projets trop hâtifs sans assises solides.

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