Fred Mercier

La distraction au volant, c’est plus qu’un téléphone

On parle souvent de vitesse et d’alcool au volant, mais on omet trop souvent de mentionner la distraction quand vient le temps d’aborder la question de la sécurité routière.

Distraction au volant

On parle souvent de vitesse et d’alcool au volant, mais on omet trop souvent de mentionner la distraction quand vient le temps d’aborder la question de la sécurité routière.

Certes, on a parlé en long et en large de l’utilisation du téléphone cellulaire en voiture au cours des dernières années, et avec raison. Sauf que la distraction au volant ne se résume assurément pas qu’à ça.

 

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«Même si la distraction au volant demeure un phénomène difficilement quantifiable, il est possible d’affirmer qu’elle est la cause de plusieurs accidents», admet d’emblée la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) dans un rapport sur la question déposé en décembre 2016.

En analysant des données recueillies entre 2007 et 2015, la SAAQ en est venue à la conclusion que le maniement de la cigarette demeure responsable d’un grand nombre d’accidents impliquant la distraction au volant au Québec. En 2015, elle comptait pour 13% des distractions au volant de la province. En combinant les appels et les textos, le téléphone demeure tout de même le champion des distractions avec une proportion de 17% (7% pour les appels et 10% pour les textos).

 

La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit d’un recul par rapport à 2013, où le téléphone comptait pour pas moins de 24% des distractions au volant. Le texto, toutefois, a gagné un point entre 2013 et 2015, passant de 9% à 10%.

Outre le téléphone et la cigarette, boire et de manger demeurent deux habitudes causant plusieurs distractions dangereuses au volant. Puis, il y a la catégorie «autres», qui est passée de 33% des distractions en 2012 à 57% en 2015.

 

«On remarque que le profil des sources de distraction autres que les quatre principales varie beaucoup d’une version de l’enquête à l’autre. Depuis 2012, une quarantaine de sources de distraction sont définies et codées, pour une meilleure couverture des distractions d’autres sources», note-t-on dans l’étude. «Parmi les autres sources de distraction, on trouve notamment le GPS, les animaux, les autres appareils électroniques et la radio», poursuit-on.

Mais ça, ce n’est que la pointe de l’iceberg. Parmi la quarantaine de comportements recensés, il y en a pour toutes les situations, allant du maquillage aux commandes de l’habitacle en passant par le maniement de la ceinture de sécurité, la coiffure et le nettoyage de ses lunettes.

Des moments plus propices

Toujours selon la SAAQ, les mois durant lesquels il y a le plus d’accidents avec dommages corporels causés par la distraction au volant sont juillet et août.

C’est vers la fin de la semaine, le jeudi et le vendredi, que le nombre d’accidents causés par la distraction est à son apogée. Puis, dans une journée, Les plages horaires de 12h à 14h59 et de 15h à 17h59 seraient celles où la distraction cause le plus d'accidents avec dommages corporels.

Une problématique prise à la légère?

Dans un sondage mené pour le compte de la SAAQ en 2015, 98% des adultes québécois ont affirmé que la distraction au volant est un problème très grave ou assez grave et 89% des d’entre eux ont estimé que les conducteurs du Québec sont très souvent ou assez souvent distraits.

Malgré ces statistiques éloquentes, seulement 9% des répondants au sondage ont avoué être eux-mêmes distraits au volant. Tout un contraste...
 

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Comparaison de la distribution des sources de distraction

SAAQ

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