Les grosses voitures énergivores seront à l'honneur au Salon de l'auto de Détroit

Les gros véhicules consommateurs d’essence auront une place de choix au salon de l'auto de Détroit, même si les véhicules électriques tentent de percer sur le marché.

Jeep Wrangler

Frédéric Mercier

Les gros véhicules consommateurs d’essence auront une place de choix au salon de l'auto de Détroit, même si les véhicules électriques tentent de percer sur le marché.
 
Après des années record, le marché s’essouffle quelque peu aux États-Unis et les constructeurs veulent exposer ce qui se vend le mieux alors que plusieurs d’entre-eux sont menacés de voir leurs marges considérablement réduites si Donald Trump met à exécution ses menaces de quitter l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui unit le Canada, les États-Unis et le Mexique.

 

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Lors de sa campagne et encore après son arrivée au pouvoir il y a un an, le président américain avait exhorté les grands groupes automobiles à produire davantage aux États-Unis sous peine de sanctions. L’ALENA permet de produire des voitures au Mexique, où la main d’oeuvre est bon marché, et de les revendre sans taxes en Amérique du nord.

M. Trump s’en était également pris aux «belles allemandes» (Audi, BMW, Mercedes-Benz et Volkswagen), responsables en partie selon lui du déficit commercial desÉtats-Unis vis-à-vis de l’Allemagne.

Le salon démarre avec les journées dédiées à la presse, qui s’étaleront de dimanche à mardi et seront suivies de visites des professionnels.

Les portes du Cobo Center, salle d’expositions située au centre de Détroit près de la rivière-frontière avec le Canada, s’ouvriront au public à compter du 20 janvier et ce jusqu’au 28. Quelque 700 000 personnes sont attendues.

En dépit de l’enthousiasme autour des véhicules autonomes et électriques, les stars de cette grand-messe seront encore les grosses voitures qui ont constitué près des deux-tiers des 17,23M  de véhicules vendus en 2017 aux États-Unis.

«Cela va être rempli de pickups et de VUS», résume Joe Wiesenfelder, journaliste au site spécialisé cars.com. Près de la moitié des nouveaux modèles qui vont être dévoilés seront des grandes consommatrices de carburant.
Fiat Chrysler devrait présenter la nouvelle camionnette à plateau Ram 1500, tandis que GM va dévoiler la nouvelle Chevrolet Silverado en fibre de carbone.

 

Outre une édition limitée de la super voiture de sport GT Mustang Bullitt, Ford devrait ressusciter la Ford Ranger, un VUS plus vu depuis 2011 et Nissan le nouveau 4X4 de ville Rogue, un de ses meilleurs vendeurs sur le marché américain.

De grands absents

Détroit va aussi marquer la première nord-américaine du VUS Urus de Lamborghini, présenté comme le plus rapide au monde et vendu au prix de base de 200 000 $US.

 

«Tant que le prix de l’essence sera à 2 dollars le gallon (3,78 litres), je ne vois pas de gros nuages à l’horizon pour ces gros véhicules», explique Maryann Keller, experte au cabinet MK&A.

D’autant, ajoute-t-elle, que le coût de production de ces grosses voitures n’est pas beaucoup plus élevé que les berlines et citadines alors même qu’elles sont beaucoup plus rentables.

La plupart des berlines moyennes coûtent environ 17 000 $US à produire et sont vendues par la suite au consommateur autour de 25 000 $US. Un pickup peut coûter entre 20 000 et 22 000 $US à construire mais peut être vendu aux alentours de 45 000 $US, détaille l’experte.

Dans une présentation aux investisseurs en 2016, Itay Michaeli, un analyste de la banque Citigroup, avait avancé que chaque pickup de GM générait un bénéfice d’environ 11 000 $US. A l’inverse, le géant de Détroit perdait, selon lui, des centaines de dollars sur des berlines et citadines.

«Détroit met en exergue les véhicules qui sont le pain et le beurre des constructeurs», souligne Matt DiLorenzo, chez Kelley Blue Book.

Il ne devrait pas y avoir de grande annonce concernant les voitures autonomes malgré une section du salon dédiée à l’autonomie, s’accordent les experts, ajoutant que les informations sur les technologies futures sont désormais réservées au salon de l’électronique de Las Vegas (CES) qui ouvre ses portes ce week-end au grand public.

L’absence d’un nombre important de constructeurs tels Volvo, Porsche ou encore Jaguar ne va pas manquer d’alimenter le débat en cours sur l’avenir de Detroit au moment où la Silicon Valley veut prendre le volant du secteur.

«La plupart des constructeurs choisissent de dévoiler leurs produits et technologies futurs au CES (...) et se tournent vers Detroit pour présenter ce qu’ils vendent actuellement», résume Matt DiLorenzo.

La star des véhicules électriques, Tesla, ne fait d’ailleurs même pas le déplacement à Detroit pour y présenter ses produits.

Chevrolet Silverado 2019
Lamborghini Urus

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