Fred Mercier

Skyactiv-X: le moteur à essence n’a pas dit son dernier mot

Dans la guerre aux émissions de CO2, les constructeurs automobiles semblent tous prêts à se tourner vers la même solution: l’électrification. Sauf que toute règle a son exception.

Mazda Skyactiv-X

Mazda

Dans la guerre aux émissions de CO2, les constructeurs automobiles semblent tous prêts à se tourner vers la même solution: l’électrification. Sauf que toute règle a son exception.

Dans l’industrie automobile, cette exception s’appelle Mazda. Relativement petit sur l’échiquier automobile mondial, Mazda est l’un des rares constructeurs à n’offrir aucun modèle hybride ou électrique au Canada. Et on ne semble pas pressé d’en venir là.

Au lieu de ça, les ingénieurs de Mazda estiment qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour réduire la consommation et les émissions polluantes des moteurs à essence traditionnels. Et c’est exactement ce qu’on veut faire avec le nouveau Skyactiv-X.

Pour fonctionner, un moteur à combustion interne a besoin d’un mélange d’air et d’essence. Puis, une bougie d’allumage se charge de créer une étincelle qui déclenche l’«explosion». Ça fait plus de 100 ans que ça fonctionne comme ça.

Avec son nouveau moteur Skyactiv-X, Mazda veut que ça change. Un peu, du moins. En augmentant le ratio de compression de son moteur à 16:1, le constructeur japonais a tenté de créer un moteur qui, à la simple force de sa compression, est capable de créer une explosion sans même avoir besoin d’une bougie.

 

Ça, c’est en théorie. Toutefois, dans la vie de tous les jours, une multitude de facteurs font en sorte que la combustion par compression ne survient pas toujours au même moment. La température extérieure et le niveau d’humidité, par exemple, peuvent venir changer la donne.

En pratique, le nouveau moteur de Mazda utilise donc quand même des bougies qui, à l’aide d’une petite étincelle, permettent de faciliter la combustion par compression et, surtout, de s’assurer que celle-ci survient au bon moment. Puis, quand le besoin ne se fait pas sentir, les bougies prennent une pause et laissent la compression travailler seule.

Ce nouveau moteur signé Mazda se démarque aussi en réussissant à fonctionner avec un mélange air/essence très pauvre. En gros, on utilise donc moins d’essence et plus d’air, du moins dans certaines situations.

En comparaison avec le moteur de 2,0 litres qui équipe actuellement la Mazda3, Mazda assure que le Skyactiv-X pourrait améliorer la consommation d’essence jusqu'à 20% tout en offrant un couple supérieur. Mieux encore, on assure que la consommation de carburant à 3000 tours/minute est à peu près la même qu’à 2000 tours/minute. On peut donc pousser la machine un peu plus sans avoir à en payer le prix à la pompe.

 

Un prototype à l’essai

Le moteur Skyactiv-X est encore en développement et il ne fera pas son arrivée dans un modèle de production avant l’année prochaine, au plus tôt. Mais celui-ci est assez avancé pour qu’on ait pu le mettre à l’essai. Au centre de recherche et développement de Mazda, à Irvine en Californie, on a pris place à bord d’un prototype qui en était équipée. Sous la carrosserie d’une Mazda3 2018, le véhicule à l’essai faisait appel à une nouvelle plateforme qui, éventuellement, deviendra le squelette de la prochaine génération de la Mazda3.

 

Après une centaine de kilomètres parcourus à bord de ce prototype encore en développement, force est d’admettre que le motuer Skyactiv-X a tout pour connaître du succès.

Autant avec la transmission automatique qu’avec la manuelle, on sent la mécanique très dégourdie, prête à réagir au moindre caprice de notre pied droit. Il fonctionne et sonne comme un moteur ordinaire.

 

Malheureusement, aucun ordinateur de bord ne nous a permis de calculer la consommation d’essence. Pour le moment, il faut donc se fier aux dires de Mazda. Mais si la prochaine génération de la Mazda3, par exemple, réussit à réduire sa consommation de 15% ou 20% par rapport au modèle actuel, on pourra réellement parler d’une petite révolution.

Mazda n’apas non plus voulu confirmer (ni infirmer) que les transmissions manuelle et automatique à six rapports qui sont actuellement jumelées au prototype seront utilisées dans la version de production.

Pour un maximum d’efficacité énergétique, le constructeur pourrait être tenté d’opter pour une transmission à variation continue (CVT). Toutefois, Mazda a rappelé que le plaisir de conduire demeure l’une de ses priorités et que la CVT n’est pas nécessairement une bonne option pour ça. Pour l’instant, on laisse planer le mystère.

Mazda entend entamer la commercialisation de ce nouveau moteur dès l’année prochaine. Rien n’a encore été confirmé, mais il ne serait pas surprenant de voir le Skyactiv-X être offert en option sous le capot de la Mazda3.


 

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Frédéric Mercier

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Frédéric Mercier

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