J’ai failli acheter deux fois la même Plymouth Reliant K

Il était difficile de résister à l'achat du symbole de l'automobile qu'est le fameux K-car.

Plymouth Reliant K

Plymouth

J’ai toujours eu un faible pour les voitures familiales en général. Mes parents et grands-parents en ont eu quelques-unes et j’ose croire que ce type de voiture m’a marqué au point d’en vouloir une maintenant que j’ai mon permis bien en poche.

Ce n’est pas tout. Posséder une voiture d’une marque qui n’existe plus, ça a quand même un certain cachet. Ça fait partie des choses que j’apprécie de ma Mercury Grand Marquis 1983.

À l’été 2015, j’ai vu une Plymouth Reliant K 1985 à vendre sur un site de petites annonces. Mais elle était nettement trop chère. Quelques semaines plus tard, le prix était bien plus intéressant. Il n’en fallait pas plus pour que mon père et moi allions la voir. En plus, elle était à quelques kilomètres de la maison seulement.

Dans l’annonce, les photos étaient peu attrayantes. La voiture était sale, les pneus dégonflés, etc.

Une fois sur place, ce n’était guère plus glorieux. Le «propriétaire de l’auto» (vous comprendrez plus tard l’utilisation des guillemets) ne peut la démarrer, expliquant un trouble avec la transmission. Quand on le questionne sur l’historique de la voiture, il nous raconte qu’elle appartenait à une vieille dame et qu’elle a très peu roulé.

Bon, ça part bien.

Pas du tout, en fait. 

On procède quand même à une inspection visuelle de la voiture. Elle n’avait aucune rouille. L’intérieur était très propre. Elle n’avait que 33 000 kilomètres. Ça, ça me faisait vraiment capoter. En trente ans d’existence, c’est très peu. Le K du «Reliant  K» était décollé sur la valise, la voûte était pendante et d’autres détails cosmétiques nécessitaient un peu d’attention, mais globalement, la base était très saine. Bref, ce n’est pas peine perdue.

Nous repartons quand même un peu bredouilles à la maison. 

Parce que j’étais un peu (trop?) motivé à acquérir cette voiture qui a participé à la survie du groupe Chrysler au cours des années 80, soulignons-le, j’ai convaincu mon fidèle mécanicien de retourner la voir quelques jours plus tard.

Parce qu’il est pas mal plus habile avec un ratchet que moi, il a soulevé tous les petits défauts. En plus des freins, des pneus et des composantes de la suspension qu’il fallait changer sur-le-champ, il fallait remplacer les joints d’étanchéité qui étaient désormais secs et s’assurer de vidanger les fluides. Sans parler de la transmission qui aurait peut-être eu besoin d’un peu de soin...

Bref, l’estimation des travaux à effectuer a monté rapidement.

Malgré tout, je n’avais pas perdu espoir. J’ai recontacté le vendeur, histoire de négocier un peu. Je me rappelle très bien du moment. N’ayant pas de téléphone cellulaire à cette époque-là, j’avais emprunté celui de mon père pour donner un coup de fil pendant mon heure de dîner au cégep. Il a accepté mon offre. J’étais aussi heureux que quand Patrick Roy a soulevé la Coupe en 1993. 

Le samedi matin suivant, le vendeur et moi, on se retrouve au bureau de la SAAQ de ville St-Laurent. Après avoir patienté pendant ce qui m’a paru être mille ans, on se retrouve devant le commis et c’est à ce moment que j’apprends  que la voiture n’est pas à son nom. Les papiers d’identification du véhicule étaient plutôt au nom de l’ancienne propriétaire qui était alors décédée depuis quelques années.

Vous auriez dû voir la déception dans mon visage. Juste ça, ça devait valoir plus cher que le char lui-même.

Tout ça pour dire que j’ai regardé le monsieur dans les yeux. Je lui ai montré ma liasse de billets afin de lui prouver que j’étais sérieux dans ma démarche et je lui ai demandé de me recontacter.

Une semaine.
Deux semaines.
Un mois.
Pas de nouvelles.

Je suis plutôt persévérant et abandonner n’est pas dans ma nature, mais il ne retournait plus mes appels. Là, je me suis rendu à l’évidence que ce bijou de l’automobile – ok, c’est peut-être un peu fort – n’allait pas se retrouver devant chez moi.

Les mois ont passé. Même une année entière, en fait.

Je n’étais plus au cégep, mais bien à l’université. J’en étais à ma première session. Sur le même site de petites annonces, j’aperçois une Dodge Aries K à vendre. Les photos ne sont pas celles de l’auto elle-même, elles ont plutôt été piquées sur internet. La description est, quant à elle, on ne peut plus succincte. 

Après avoir envoyé un courriel demandant plus d’informations, le propriétaire me donne un coup de fil que j’attrape au vol pendant la pause d’un cours d’économie. On jase un peu. Il me raconte qu’il a acheté la voiture comme minoune d’hiver pour son fils, mais que ce dernier la trouvait trop propre pour la rouler dans le sel et la gadoue. Oh que j’aime ça entendre ça. 

Bref, on se donne rendez-vous quelques jours plus tard.

Un ami débrouillard m’accompagne parce qu’une deuxième paire d’yeux, c’est toujours pratique. En tournant le coin, j’aperçois l’auto stationnée. Et puis j’ai comme un sentiment de déjà-vu.

C’était la même voiture que j’avais failli acheter un an auparavant! Je parie le souper à mon ami qu’il y avait deux autocollants du CAA sur le hayon.

J’avais raison. C’était bel et bien la même voiture.

Avant de me traiter d’innocent, je vous rappelle que dans l’annonce, on pouvait y lire «Dodges Aries K». Pas «Plymouth Reliant K». Quand j’ai questionné le propriétaire sur ce sujet, il m’a répondu, avec désintéressement, c’était tout pareil de toute façon. C’est aussi pareil qu’une Chevrolet Cavalier et une Pontiac Sunfire.

Ouin. Mettons.

Comme l’auto était tout sauf à point, on a pu faire un tour du bloc et c’était tout. Il restait encore beaucoup de travail (lire du temps et de l’argent) à investir.

Avant de quitter, j’ai fait une offre difficile à refuser. Pourtant, elle l’a été.

Une semaine plus tard, la petite annonce est renouvelée et le prix affiché est inférieur à mon offre. Trois lettres me viennent en tête et ça commence par « WT... »

C’était à n’y rien comprendre. 

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Germain Goyer

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