Nissan Leaf 2018: un pas de plus dans la bonne direction

L’auto électrique la plus vendue du 21e siècle, la Nissan Leaf, s’est refait une beauté.

Nissan Leaf 2018

Fiche d'appréciation

Cote d'ensemble:

8/10

Forces et faiblesses:

  • Système ePedal remarquable
  • Design extérieur et intérieur réussi
  • Habitacle confortable et spacieux
  • Volume du coffre limité
  • Seuil du coffre gênant
  • Pas de CarPlay ni d’Android Auto dans la Leaf S

Cote de l'auteur:

  • Équipement: 8/10

  • Prix: 8/10

  • Apparence: 8/10

  • Confort à l'avant: 8/10

  • Confort à l'arrière: 7/10

  • Comportement: 8/10

  • Performance: 8/10

  • Rangement: 7/10

L’auto électrique la plus vendue du 21e siècle, la Nissan Leaf, s’est refait une beauté. Sept ans après avoir donné ses lettres de noblesse au créneau jusqu’alors marginal des VÉ, cette nouvelle mouture offre une autonomie accrue, une allure plus classique et une façon nouvelle de conduire.

L’affluence observée au Salon du véhicule électrique de Montréal cette fin de semaine démontre l’engouement croissant des Québécois pour l’électrification des transports. Au même moment, une nouvelle Leaf fait ses débuts sur notre marché. Pour Nissan, la coïncidence est parfaite.

Pour apprécier à sa juste valeur cette nouveauté « évolutionnaire », il faut savoir que le créneau des véhicules électriques (VÉ) compte actuellement trois grandes catégories définies par l’autonomie et le prix du véhicule.

Les modèles abordables ont des prix de base étalés de 35 000 $ à plus de 40 000 $ et leur autonomie tourne autour de 200 à 250 km. La nouvelle Leaf en fait partie, Nissan affirmant qu’elle peut parcourir 242 km, soit 70 de plus que sa devancière. La catégorie suivante regroupe les véhicules capables de parcourir 350 à 400 km (Tesla Modèle 3, 354 km; Chevrolet Bolt EV, 383 km), qui sont offerts pour 45 000 $ à 55 000 $ environ. Il y a, enfin, les modèles haut de gamme comme les Tesla S et X, et les futurs produits de Porsche, Mercedes-Benz, Audi, etc. Ils sont généralement commandés avec un équipement étoffé et une batterie permettant de dépasser 550 km et plus, deux particularités expliquant leurs prix exorbitants.

Vocation urbaine

L’automobiliste qui effectue régulièrement le trajet Montréal-Québec n’est pas ciblé par les constructeurs de VÉ abordables. Ils visent plutôt le conducteur se déplaçant en milieu urbain. C’est le cas de Nissan, qui justifie sa stratégie par le portrait de l’automobiliste canadien typique tracé par Statistiques Canada. Il parcourt une quarantaine de kilomètres aller-retour quotidiennement pour son travail. Les 242 km de la Leaf 2018 suffiraient donc amplement pour une semaine d’utilisation, sans compter le fait qu’au retour du boulot, chaque jour (et aussi souvent qu’il le voudrait), cet automobiliste pourrait recharger la batterie.

L’intérêt pour ce genre de VÉ croît lorsqu’on ajoute le coût du « carburant » à l’analyse. Hydro-Québec offre d’ailleurs un outil pratique pour faire ce calcul dans son site Internet. Il démontre que le coût d’utilisation d’une Leaf 2018 pour 100 km serait trois fois moins élevé que celui d’un véhicule à essence consommant 9 L/100 km, avec un litre de régulier à 1,40 $. Imaginez la différence si le litre d’essence coûtait 2 $...

Pensons aussi à toutes ces maisonnées qui possèdent deux ou trois véhicules, dont certains accumulent très peu de kilomètres chaque semaine. Un VÉ comme la Leaf pourrait se substituer à un de ces véhicules au profit de la maisonnée. Le contexte actuel demeure donc favorable à la Leaf.

Fini la grenouille

Les acheteurs sont sans doute heureux, aussi, de découvrir une nouvelle mouture qui a troqué l’allure de grenouille aux yeux exorbités et le tableau de bord à l’allure Star Wars pour un design moderne sans excentricité, signe évident que le constructeur prévoit élargir sa clientèle alors que les VÉ se multiplient. Rappelez-vous qu’en 2011, les Canadiens avaient le choix entre la Leaf et la lilliputienne Mitsubishi i-MiEV. C’est tout. Aujourd’hui, cette Nissan doit rivaliser avec une variété de modèles plus comparables : les Hyundai Ioniq (200 km), Volkswagen e-Golf (201 km), Ford Focus EV (185 km) et Kia Soul EV (179 km).

Sous ses nouveaux traits plus harmonieux, la Leaf 2018 reste cependant proche du modèle qu’elle remplace. Sa carrosserie est marginalement plus longue, plus large et plus haute, et l’empattement reste inchangé. Cette compacte demeure donc aussi accueillante qu’auparavant pour quatre adultes de taille moyenne. Le volume utile du coffre n’a pas changé, pas plus que la forme gênante de son seuil. En revanche, il faut admettre que le constructeur a réussi un exploit en mettant au point une batterie de plus grande capacité (40 kWh plutôt que 30) qui occupe le même espace que l’ancienne.

Le constructeur a aussi pris soin d’améliorer le design de la partie avant de la carrosserie. En la rendant moins inclinée, il évite à l’utilisateur de devoir se pencher autant qu’avec l’ancienne Leaf pour brancher le câble de recharge. Ce détail qui semble insignifiant se révèle très appréciable au quotidien, surtout pour une grande personne.

E-Pedal, une révolution

Face à ses rivales, la Leaf présente donc deux avantages indéniables : l’autonomie la plus importante et une échelle de prix concurrentielle. Mais il y a plus, à commencer par une façon novatrice de conduire.

Pour en faire l’expérience, il faut enclencher l’e-Pedal, un nouveau mode de l’accélérateur électronique qui éclipsera assurément le mode de freinage régénératif « B ». Il permet d’utiliser presque uniquement la pédale d’accélérateur pour conduire. Il suffit d’en moduler la pression : en appuyant, on accélère, alors qu’on ralentit en relâchant la pression. Inutile d’alterner entre les deux pédales d’accélérateur et de freins, même pour immobiliser la voiture, puisqu’en cessant d’appuyer sur l’accélérateur, l’e-Pedal va jusqu’à immobiliser la voiture avec une douceur déconcertante. Très intuitif, on l’adopte rapidement. Des études réalisées par le constructeur le confirment : avec l’e-Pedal, on utilise une seule pédale pour conduire plus de 90 % du temps !

L’e-Pedal rend la conduite de cette Leaf agréable, tout comme sa servodirection précise et sa suspension, qui masque efficacement les défauts du revêtement. Mais on ne s’attend pas à ce que cette compacte « verte », qui se veut abordable de surcroît, soit plus performante qu’une Nissan Altima. Un moteur de 110 kW (plutôt que 80) produisant un couple phénoménal (236 lb-pi) permet à cette Leaf d’abattre les 100 km/h en 8 s, alors qu’une Altima 2018 à moteur 4-cylindres le fait en 8,7 s et l’ancienne Leaf en 10,5 s.

Pour le Canada, le constructeur a constitué une dotation de série relativement complète. Elle comprend des sièges chauffants avant et arrière, un volant chauffant, un chauffe-batterie, mais aussi le système e-Pedal, le câble de recharge de niveau 1 et 2 (120 v et 240 v), et un système de freinage d’urgence assisté. Il ne manque que les systèmes de connectivité CarPlay et Android Auto qu’on réserve aux versions SV et SL plus chères, tout comme une panoplie de dispositifs d’aide à la conduite. Un constat commun à plusieurs modèles rivaux.

Rappelons, enfin, que la nouvelle Leaf est éligible à l’incitatif à l’achat de 8 000 $ du gouvernement du Québec, de même qu’au nouvel incitatif de 2 000 $ proposé par la Ville de Laval à ses résidents. Tout compté, cela fait de la Leaf S, la version d’entrée de gamme, une voiture plus abordable qu’une Altima S, mais surtout nettement plus écoperformante!

 

FICHE TECHNIQUE

• Prix de base — 35 998 $ (S); 39 598 $ (SV); 41 998 $ (SL).

• Transport et préparation — 1 990 $

• Groupe motopropulseur — Moteur électrique synchrone à courant alternatif de 110 kW (147 ch), 236 lb-pi. Batterie au lithium-ion de 40 kWh. Chargeur embarqué de 6,6 kW. Roues avant motrices.

• Particularités — Suspension indépendante aux roues avant; poutre de torsion avec barre stabilisatrice à l’arrière. Freins à disque aux quatre roues. Système ePedal. Antiblocage de série. Pneus : P205/55R16 (S); P215/50R17 (SV et SL).

• Cotes — Empattement : 2 700 mm; longueur : 4 480 mm; largeur : 1 530-1 540 mm; hauteur : 1 560-1 565 mm. Poids : 1 560-1 592 kg. Volume du coffre : 668-850 L. Autonomie optimale (constructeur) : 242 km.

• Concurrence —
Chevrolet Bolt EV
Ford Focus EV
Hyundai Ioniq EV
Kia Soul EV
Tesla Modèle 3
Volkswagen e-Golf
 

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