Plus de jeunes sont morts sur les routes du Québec en 2017

La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) a annoncé mardi matin une hausse de 63 % des décès de jeunes sur les routes du Québec en 2017, une statistique «préoccupante» pour l’organisme et le ministre des Transports.

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Le ministre des Transports, André Fortin, et la présidente de la SAAQ, Nathalie Tremblay

Photo JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) a annoncé mardi matin une hausse de 63 % des décès de jeunes sur les routes du Québec en 2017, une statistique «préoccupante» pour l’organisme et le ministre des Transports.

Malgré une diminution du nombre d'accidentés global, les jeunes demeurent surreprésentés dans le bilan routier, le nombre de décès chez les 15-24 ans étant passé de 46 à 75.

Le nombre de blessés graves a également augmenté, passant de 353 à 372.

Le ministre des Transports André Fortin a insisté sur l'importance d'améliorer ce bilan dans le futur, estimant que le renouveau du Code de la sécurité routière annoncé par le gouvernement permettrait d'atteindre cet objectif.

«Des mesures comme l'implantation d'un couvre-feu et la limitation du nombre de passagers amélioreront le bilan routier. Nous protégeons de cette façon nos jeunes qui, année après année, sont trop représentés dans ce bilan», a confié le ministre.

Concrètement, ces mesures visent les jeunes apprentis conducteurs et ceux qui détiennent un permis de conduire temporaire. Pour le premier groupe, la conduite automobile sera complètement interdite entre minuit et 5 h, tandis qu’une limitation du nombre de passagers sera imposée aux détenteurs de permis temporaires. Dans les six premiers mois qui suivent l'obtention de son permis, un conducteur ne pourra transporter qu'un seul passager; dans les six mois suivants, il pourra en transporter jusqu'à trois. La mesure ne s’appliquera qu'en cas de conduite nocturne, entre minuit et 5 h.

«Ce sont des mesures qui ont bien fonctionné dans d’autres juridictions, notamment en Ontario, où ça a contribué à réduire d’environ 30 % le nombre d’accidents graves chez les jeunes conducteurs», a précisé le ministre Fortin.

La distraction montrée du doigt

Autre élément inquiétant de ce bilan 2017 de la SAAQ, le nombre d'accidents causés par des distractions. Dans 31 % des accidents mortels survenus en 2017, la distraction a été signalée comme élément déterminant. Du nombre total d'accidents enregistrés l’année dernière, cette proportion passe à 35 %, ce qui fait de la distraction la première cause d’accidents au Québec, devant la vitesse et l’alcool.

«C’est un fléau au même titre que l’alcool l’a été et l’est toujours», lance sans détour la présidente de la société, Nathalie Tremblay.

Pour sensibiliser les conducteurs à ce problème, le nouveau Code de la sécurité routière prévoit maintenant une amende de 300 $ pour une première infraction, puis une amende de 600 $ et une suspension de permis de trois jours dès la deuxième faute.

Le cannabis inquiète

À quelques mois de la légalisation prévue du cannabis, la SAAQ et le ministère admettent s'inquiéter des impacts que ce changement pourrait avoir sur le bilan routier. «Je ne peux prédire l’avenir, mais, oui, c’est préoccupant», a dit André Fortin.

Pour circonscrire les problèmes liés à la légalisation sur les routes, le ministre compte sur la présence de policiers formés pour reconnaître chez les conducteurs fautifs les effets du cannabis. Il attend aussi beaucoup d’une technologie de détection sur laquelle travaille actuellement le fédéral et qui est toujours en attente d’homologation.

Toujours est-il qu’avant même la légalisation, 32 % des conducteurs décédés sur les routes au Québec avaient de la drogue dans le sang en 2017, la plus fréquente étant le cannabis. «Tous les partenaires s’entendent sur le fait que la solution magique n’existe pas. Il faut agir tant sur le plan de la légalisation que sur le plan de la sensibilisation et au niveau du travail de contrôle qui se fait par les corps policiers», indique Nathalie Tremblay, précisant que la SAAQ prévoit d’autres campagnes de sensibilisation à ce sujet dans un avenir rapproché.

 

Les accidents impliquant des 15-24 ans au Québec

Nombre de décès

  • 2012: 103
  • 2013: 79
  • 2014: 63
  • 2015: 55
  • 2016: 46
  • 2017: 75

* Un décès sur quatre survient entre minuit et 4 h

* La vitesse et la conduite imprudente causent 32,8 % des accidents mortels chez les jeunes

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