Fred Mercier

Standard Eight: une voiture oubliée ramenée à la vie par un Québécois

Il y a 10 ans, Claude Simard n’avait pas la moindre idée de l’existence de la marque Standard. Aujourd’hui, il en possède un exemplaire excessivement rare qu’il a fait passer d’épave à voiture de collection.

Standard Eight Tourer 1947

Il y a 10 ans, Claude Simard n’avait pas la moindre idée de l’existence de la marque Standard. Aujourd’hui, il en possède un exemplaire excessivement rare qu’il a fait passer d’épave à voiture de collection.

 

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C’est sur Internet que l’homme de Trois-Rivières a trouvé son bolide, un Standard Eight Tourer 1947. Construit en Angleterre, ce véhicule décapotable rarissime s’est mystérieusement retrouvé en Beauce, où il en a fait l’acquisition en 2008.

Même si les quelques photos mises en ligne montraient un véhicule en ruine, Claude Simard assure que le coup de foudre fut immédiat. «Je trouvais que ça avait une drôle d’allure, que ça se démarquait de ce que j’avais vu auparavant, explique l’heureux propriétaire. Je suis allé voir le véhicule en Beauce et j’ai dit au vendeur que j’allais le remonter au complet», poursuit Claude Simard, qui n’était visiblement pas encore au courant de tous les défis qui l’attendaient.

Trouver des pièces, un vrai cauchemar

Ne perdant pas de temps, le nouveau propriétaire a entreprise les démarches pour amorcer la restauration de son véhicule. «J’ai tout démantelé jusqu’à la dernière bolt, lance-t-il fièrement.

Élevé «dans une cour à scrap», Claude Simard ne manquait pas de connaissances pour entamer le démantèlement et la reconstruction du véhicule. Sauf que pour restaurer une voiture dans un état aussi pitoyable, il faut des pièces. Beaucoup de pièces. Et rapidement, M. Simard a réalisé qu’elles étaient à peu près impossibles à trouver en Amérique du Nord.

 

«Je me suis mis à chercher sur eBay et j’ai commencé à échanger quelques messages avec une dame du Royaume-Uni. Son père avait déjà eu une voiture comme la mienne et elle m’a dit qu’elle allait m’aider à la faire revivre», explique Claude Simard, qui ajoute que sa difficulté à s’exprimer en anglais ne faisait rien pour l’aider. 

Quand il avait besoin de pièces qu’il ne pouvait pas trouver, M. Simard pouvait toujours se tourner vers sa complice anglaise, qu’il a fini par baptiser «mon ange». «Elle allait même jusqu’à m’envoyer des pièces par avion quand j’en avais besoin», poursuit Claude Simard, visiblement reconnaissant de toute l’aide apportée par cette dame.

Malgré l’océan qui les sépare, un fort lien d’amitié s’est créé entre Claude Simard et son ange. Si bien qu’encore aujourd’hui, même si la restauration de la Standard est complétée, les deux passionnés ont gardé contact. «Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans elle, laisse tomber M. Simard».

Après «huit ans d’amour» à trouver des pièces et à travailler sur sa Standard, M. Simard a finalement terminé la restauration de son bolide il y a deux ans. Et à voir son allure, on peut difficilement imaginer qu’il s’agissait d’une épave il y a quelques années à peine. 

Une marque oubliée

Fondée à Coventry au début du XXe siècle, Standard a connu ses heures de gloire en Angleterre avant de sombrer dans l’oubli vers la fin des années 50.

Après une réorientation militaire durant la Seconde guerre mondiale, le constructeur automobile prit beaucoup de galon sur l’échiquier automobile anglais en faisant l’acquisition de Triumph.

En 1959, la Standard Motor Company changea officiellement son nom pour Standard-Triumph International. La marque Triumph fut dès lors mise de l’avant et le nom Standard petit à petit abandonné. Sa dernière utilisation en Angleterre se fit en 1963, mais des modèles vendus en Inde continuèrent de porter cette appellation jusqu’en 1988.

Quant au modèle de Claude Simard, le Standard Eight, il fut d’abord commercialisé en 1938 sous le nom «Flying Eight» avant de revivre sous le nom simplifié «Eight» en 1945, juste après la guerre.

 

Faisant référence aux huit chevaux-vapeur de son moteur à quatre cylindres, le nom demeura jusqu’en 1959 avant d’être remplacé par le Triumph Herald. C’était le début de la fin pour la marque Standard.

Avec huit chevaux sous le capot, Claude Simard ne risque pas de recevoir une contravention pour excès de vitesse de sitôt! Sans chaufferette ni radio, il n’a que le volant et le levier de sa transmission manuelle pour l’occuper.

La belle saison étant finalement de retour, Claude Simard entend en profiter en se déplaçant à quelques expositions de voitures anciennes au Québec. Si vous croisez une Standard dans l’un de ces rassemblements, dites-vous que c’est probablement la sienne. «Il n’y en a qu’une seule en état original au Québec, et c’est la mienne», assure fièrement le propriétaire.

Son achat sur un coup de tête, Claude Simard ne l’a jamais regretté. «C’est un défi que je m’étais lancé à l’époque», résume-t-il humblement. En voyant le résultat, il a raison d’être fier.

 

Standard Eight Tourer 1947

Voitures anciennes de Granby

Standard Eight Tourer 1947

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