La revanche de la voiture électrique

Aimez-vous les bateaux? Moi aussi. Il me semble d’ailleurs que tout le monde aime les bateaux, à moins de souffrir du mal de mer.

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Aimez-vous les bateaux? Moi aussi. Il me semble d’ailleurs que tout le monde aime les bateaux, à moins de souffrir du mal de mer.

De toute manière, il y en a pour tous les goûts. De la chaloupe au chalutier, de la pirogue au paquebot et du sous-marin au porte-avion, le choix et la variété sont inouïs.

Toutes ces embarcations se rangent toutefois dans deux camps : bateau à moteur ou à voile. Si les Vikings, les pêcheurs basques et les grands explorateurs ont sillonné la planète à bord de voiliers qu’on trouve minuscules aujourd’hui, les moteurs ont peu à peu remplacé le vent comme source d’énergie après les premiers bateaux équipés des machines à vapeur imaginées au début du 19e siècle.

La revanche des électrons

Dans le monde de l’automobile, c’est le contraire qui se produit aujourd’hui. Après un siècle de domination du moteur thermique, la propulsion électrique fait tranquillement son retour. Parce qu’il y avait quelques dizaines de milliers de voitures électriques en Amérique au tournant du 20e siècle. La multiplication des Model T d’Henry Ford et des pompes à essence Standard Oil de John D. Rockefeller les aura fait disparaître.

 

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En fait, les pionniers de la voiture électrique moderne sont des aventuriers. Parce qu’il faut y croire et avoir le goût du risque pour se lancer sur les routes du Québec dans une voiture dont l’autonomie est de 120 kilomètres. Comme la première Ford Focus électrique, par exemple. Surtout qu’un grand froid peut la réduire de presque la moitié.

 

Je connais un inconditionnel qui en est à sa troisième auto électrique en six ans. La première était une Focus et il conduit maintenant une Chevrolet Bolt EV dont l’autonomie est de 383 km. Il s’est équipé en conséquence, avec des chargeurs de Niveau 2 à la maison et au bureau. Parce qu’il faudrait environ 50 heures pour recharger une Bolt sur une prise ordinaire à 120 volts.

 

Un autre est passé à l’électrique après que Volkswagen ait racheté sa familiale Golf TDI, dans le sillage du Dieselgate. C’était la cinquième Volks de suite en trente-sept ans pour ce mordu de Diesel qui s’est senti floué par ce subterfuge, mais surtout choqué par la perte de 350 km d’autonomie constatée après une «mise à niveau» du système antipollution.

Pour ce gros rouleur, c’est maintenant un défi de conduire sa Bolt EV à la limite des contraintes d’autonomie et de recharge qu’il a découvertes depuis qu’il en a pris possession. Et il aime ça, visiblement. Pas pour lui, l’angoisse de la panne. Et pour les autres missions et les plus longs trajets, il conduit une grande camionnette. À moteur Diesel.

Parce que les véhicules électriques s’adressent encore à un type d’automobiliste particulier, prêt à s’adapter aux limites qu’ils imposent. Pas évident quand on habite Homa, le Plateau ou Rosemont et qu’on stationne dans la rue, loin de toute prise électrique.

 

Le meilleur des trois mondes

À l’autre extrême, il y a ceux qui ne veulent rien savoir de se priver une seule seconde de chauffage ou de climatisation pour économiser quelques kilomètres d’autonomie électrique. Ceux qui utilisent une grosse camionnette pour tracter un bateau style Cigarette dont les deux V8 brûlent 160 litres de super aux 100 km à sa vitesse de croisière. Je les entends de chez moi, à quelques kilomètres du fleuve. Beau grondement, quand même. Et vraiment très fort.

 

Performance et efficacité ne sont pourtant pas incompatibles. Les 24 Heures du Mans ont été gagnées par une voiture hybride depuis 2012, comme toutes les courses de F1 depuis 2014. Porsche vient aussi de pulvériser son propre record, vieux de trente-cinq ans, sur la boucle nord du Nürburgring avec une 919 Hybrid Evo, en plus de s’offrir 10 % des actions du constructeur croate Rimac dont la sportive électrique C_Two produit 1 888 chevaux. Ça promet.

 

Et je continue d’être fasciné par les bateaux AC72 qui filaient à 87,9 km/h sans le moindre moteur, perchés sur leurs hydrofoils, lors des régates de la Coupe de l’America en 2013.

Je ne sais pas si vous êtes à voile ou à vapeur, mais moi, je suis aux deux et peut-être même aux trois, comme dans la chanson de Ferland. Rien de tel qu’un V8 à fond sur un circuit. Sauf la poussée silencieuse et stupéfiante d’une Tesla Model S ou le chuintement d’un catamaran qui tranche les vagues, sur un seul ponton, juste avant l’orage.

Chose certaine, les prochaines années ne seront pas ennuyantes, surtout si vous aimez conduire sans scrapper la planète du même coup.
 

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