Kia Stinger: l’inattendue GT coréenne

Kia offre une nouvelle berline offrant la puissance et les qualités routières des berlines grand tourisme allemandes les plus réputées.

Kia Stinger GT 2018

Fiche d'appréciation

Cote d'ensemble:

9/10

Forces et faiblesses:

  • Design extérieur et intérieur réussi
  • Performances enlevantes
  • Superbes sièges baquets
  • Consommation élevée
  • Visibilité arrière médiocre
  • Hauteur libre du coffre limitée

Cote de l'auteur:

  • Consommation: 6/10

  • Équipement: 8/10

  • Prix: 7/10

  • Apparence: 9/10

  • Confort à l'avant: 9/10

  • Confort à l'arrière: 7/10

  • Comportement: 9/10

  • Performance: 9/10

  • Rangement: 8/10

Kia offre une nouvelle berline offrant la puissance et les qualités routières des berlines grand tourisme allemandes les plus réputées. Vous en doutez ? Un essai de la Stinger suffira pourtant à estomper toutes formes de scepticisme à cet égard.

Au Salon de l’auto de Francfort, en septembre 2011, Kia avait fait sensation en dévoilant une voiture-concept remarquable : la GT. Cette berline à propulsion avait tout pour faire rêver les amateurs de performance : une longue carrosserie élégante de formes contemporaines, effilée et athlétique, et un puissant V6 suralimenté entraînant les roues arrière. Naturellement, tout le monde croyait qu’il s’agissait d’un exercice de design sans lendemain servant à épater la galerie. Ce n’était pas le cas.

Après avoir piqué la curiosité avec cette voiture de rêve, le lancement de la Stinger au Salon de Detroit, en janvier 2017, a laissé tout le monde pantois. Jusqu’ici, le nom Kia avait été associé avec des véhicules de grande diffusion comme le Sportage et la Rio. Jamais on n’aurait associé cette marque, qui a fabriqué sa première auto en 1971, aux européennes les plus réputées. De même, un automobiliste envisageant l’achat d’une BMW 340i, d’une Audi S4 ou d’un Mercedes-AMG C 43, ou même d’une puissante Dodge Charger R/T équipée d’un V8 Hemi n’aurait jamais consulté le catalogue de produit Kia. Mais aujourd’hui, ces puissantes berlines comptent parmi les rivales de la Stinger.

Une image «Kia» besoin de changer

L’existence de ce modèle d’exception tient au fait que les dirigeants de Kia veulent changer la perception du public à l’égard de leur marque, en montrant qu’elle peut aussi offrir des produits de grande qualité. Cela explique l’apparition de la Cadenza et de la K900, deux luxueuses berlines haut de gamme offertes au pays depuis peu. Mais il faut admettre que, plus encore que ces deux voitures, la Stinger a ce qu’il faut pour convaincre les consommateurs d’adopter ce nouveau point de vue.

Cette berline se distingue par une silhouette unique rehaussée par de superbes roues en alliage de 19 po, une habitabilité pour quatre personnes et leurs bagages surprenante, un comportement routier rigoureux doublé d’une agilité et d’une puissance généreuse transmise aux quatre roues motrices. Car au Canada, compte tenu de la taille restreinte du marché et des conditions climatiques hivernales, le constructeur a préféré ne pas offrir de versions à propulsion, comme il le fait au sud de la frontière.

Ce choix s’avère parfaitement logique lorsqu’on découvre le V6 biturbo de 3,3 L en soulevant le long capot. Ce moteur Lambda II de 365 ch produit 365 lb-pi de couple dès qu’il tourne à 1 300 tr/min. Nourri de carburant super, il peut catapulter la Stinger de 0 à 100 km/h en 4,8 s, ce qui fait de la Stinger le modèle de série le plus puissant de l’histoire de Kia.

La puissance parvient aux roues motrices par le biais d’une boîte de vitesses automatique à 8 rapports. Conçue par le groupe Hyundai-Kia, elle procure des changements de rapports très réactifs et un rendement énergétique qui se veut optimisé — une qualité qu’il faut relativiser puisque la consommation moyenne dépasse les 11 L/100 km. Cette boîte automatique s’adapte bien aux cinq modes de gestion de la motorisation (Eco, Sport, Custom, Confort et Smart), en plus d’offrir un mode manuel pour passage des rapports qu’on utilise à l’aide de palettes fixées au volant.

Bientôt un 4-cylindres suralimenté

En outre, dès la fin de l’été, la Stinger 2019 sera également proposée avec un 4-cylindres Theta à turbocompresseur. Ce moteur de 2,0 L et environ 250 ch (ses cotes sont encore inconnues) sera jumelé à une boîte automatique à 8 rapports. Il permettra à Kia d’offrir cette voiture à prix plus abordable. Cette stratégie a d’ailleurs été adoptée également pour la G70 2019. Cette cousine de la Stinger fait présentement ses débuts au sein de la nouvelle marque de véhicules de luxe associée à Hyundai. La G70 partage les mécaniques et le châssis de la Stinger, sans toutefois bénéficier d’une carrosserie aussi impressionnante.

Composée à 55 % d’acier à haute résistance, la caisse de la Stinger lui fournit une robustesse qu’on ressent, surtout dans un chemin en lacets. Ce support solide pour les composants de la suspension contribue à réduire les bruits et les vibrations parasites qui, autrement, parviendraient aux occupants de cette voiture à hayon. La suspension avant à jambes de force MacPherson a été conçue pour optimiser les sensations transmises au conducteur, tout en maximisant la stabilité et la réactivité au braquage en conduite sportive. À l’arrière, la suspension multibras favorise la réactivité directionnelle, la barre antiroulis renforcée garantissant une grande stabilité et des vibrations minimisées au niveau de la caisse. La Stinger dispose aussi d’une servodirection électrique bien calibrée et de quatre freins à disques Brembo ventilés, qui sont puissants et endurants. Bref, toute cette quincaillerie justifie parfaitement le qualificatif « grand tourisme » (GT) attribué à cette berline.

Mais encore, c’est parce que l’habitacle aussi est réussi. Dans la Stinger GT, la version d’entrée de gamme, le conducteur dispose d’un volant à jante épaisse gainée de cuir, qui se prend bien en main, et d’un combiné d’instruments analogiques et numériques faciles à consulter. La Stinger GT Limited, par ailleurs, bénéficie d’une dotation plus riche comprenant, entre autres, un système d’affichage « tête haute » et un écran tactile de 8 po plutôt que 7. Le constructeur n’est d’ailleurs pas tombé dans le piège du « tout tactile », comme d’autres l’ont malheureusement fait. Sous l’écran, haut perché au centre du tableau de bord, trois grosses buses de ventilation surplombent une série de commutateurs de conception traditionnelle, mais intuitive. Ils contrôlent la chaîne audio et la climatisation. La connectivité Bluetooth et les systèmes CarPlay d’Apple et Android Auto sont de série.

Gratifiant les occupants d'un luxe et d’un confort de premier ordre, les sièges enveloppants sont revêtus de cuir (un cuir Nappa ultra souple dans la Limited). Un toit ouvrant rehausse l’ambiance intérieure et permet à la lumière du jour de pénétrer généreusement dans l’habitacle tout en améliorant la visibilité vers l’extérieur pour chaque occupant. Il faut cependant se méfier du toit très incliné, qui oblige les passagers prenant place à l’arrière à se contorsionner plus qu’à l’accoutumée lors de l’embarquement. Le coffre, enfin, procure un volume utile important, qu’il est possible de moduler. Toutefois, là encore, l’arrière très incliné de la carrosserie cause un désagrément en limitant sa hauteur libre, à l’arrière surtout. De plus, le renflement du châssis autour des éléments de la suspension réduit la largeur de la surface de chargement au centre du coffre. Mais voilà, c’est le prix à payer pour avoir une esthétique réussie et un comportement routier digne des meilleures berlines grand tourisme allemandes.

 

FICHE TECHNIQUE


• Prix de base — 46 095 $ (GT); 51 895 $ (GT Limited).

• Transport et préparation — 1 785 $

• Groupe motopropulseur —V6 biturbo DACT 3,3 L; 365 ch à 6 000 tr/min, 376 lb-pi à 1 300-4 500 tr/min. Boîte de vitesses automatique à 8 rapports. Transmission intégrale.

• Particularités — Suspension indépendante aux quatre roues. Freins à disque aux quatre roues. Antiblocage de série. Pneus : P225/40R19 (avant), P255/35R19 (arrière).

• Cotes — Empattement : 2 905 mm; longueur : 4 830 mm; largeur : 1 870 mm; hauteur : 1 400 mm. Poids : 1 873-1 889 kg. Volume du coffre : 600-1 158 L. Volume du réservoir : 60 L. Consommation moyenne (RNCan) : 11,3 L/100 km.

• Concurrence —
Acura TLX 4RM
Alfa Romeo Giulia
Audi S4
BMW 340i
Buick Regal GS
Dodge Charger R/T
Infiniti Q50 3.0t
Jaguar XE S
Lexus IS 350
Mercedes-AMG C 43 4Matic
Volkswagen Arteon
Volvo S60 T6

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