Une voiture à 14 ans, et pas n’importe laquelle!

Pourquoi un jeune de 14 ans s’est-il intéressé à cette voiture bizarroïde, au point de se la procurer deux ans avant même de pouvoir en prendre le volant?

Une voiture à 14 ans

Lorsque j’avais 14 ans, il ne se passait pas une journée sans que je feuillette un magazine automobile, un Guide de l’Auto ou même le défunt hebdomadaire d’Auto Hebdo.

Du plus loin que je me souvienne, ma passion pour l’automobile a toujours été présente. Et il est évident qu’à l’âge adolescent, je comptais les jours qui me séparaient de l’obtention de mon permis de conduire. Je m’imaginais alors prendre le volant d’une Mustang 5.0, d’une Golf GTI ou d’une Mazda RX-7, trois de mes trop nombreuses voitures de rêve de l’époque. Toutefois, il ne me serait à cet âge jamais venu à l’idée de faire l’achat d’une voiture. C’est pourtant ce qu’un autre Antoine, 14 ans et lui aussi passionné de voitures, à récemment fait. Et devinez quelle a été l’élue de son cœur? 

 

 

American Motors?

Oui, une Pacer d’American Motors. Un bolide controversé, issu d’un constructeur racheté par Chrysler en 1987, et disparu depuis ce jour. Quinze années séparent ainsi la mort d’AMC et la naissance d’Antoine, littéralement en amour avec son bolide. Plus précisément, il s’agit d’une AMC Pacer 1976 hatchback de couleur «Golden Jade», équipée d’une boîte automatique et d’un six cylindres en ligne de 232 pouces cubes (3,9 litres). Alors, la grande question que tous se posent: pourquoi un jeune de 14 ans s’est-il intéressé à cette voiture bizarroïde, au point de se la procurer deux ans avant même de pouvoir en prendre le volant? 

 

 

À cette question, on peut évoquer l’influence de son grand frère qui, lui aussi à cet âge, s’est procuré une AMC. Oui oui! Une Hornet 1971, qui devait alors servir de base à la construction d’un puissant bolide d’accélération. Ce jour n’est pas hélas pas encore arrivé, ce qui n’a toutefois pas empêché Antoine de réaliser lui aussi son rêve, il y a quelques mois à peine. Selon ses dires, il n’avait que quatre ans lorsqu’il a pointé du doigt une photo de ladite Pacer, dans un livre dédié à la marque AMC. Notre futur automobiliste n’avait alors jamais eu vent de l’existence de cette voiture, qui a notamment connu ses heures de gloire dans le film Wayne’s World.

C’est avec l’aide de son père qui, lui aussi, se passionne pour la mécanique, qu’Antoine pourra remettre sa voiture en état de bon fonctionnement d’ici à ce que la SAAQ lui décerne un permis de conduire valide.  En attendant, ce jeune passionné revêt chandail et casquette à l’effigie de la marque AMC et amasse tout ce qui, de près ou de loin, peut avoir un lien avec sa voiture. Des objets datant de la fin des années soixante-dix, quelques documents concernant son bolide, ainsi que plusieurs modèles réduits. Ceux-ci viennent d’ailleurs décorer en partie le coffre de sa voiture, transformé en petit musée.

 

La Pacer, vous vous rappelez?

Lancée en 1975 et retirée du marché cinq ans plus tard, la Pacer devait révolutionner le monde des voitures compactes. Sa robe aérodynamique, son habitacle spacieux et son style audacieux lui ont d’ailleurs valu les éloges de plusieurs publications automobiles de l’époque, et ce même si la Pacer de production était bien différente du modèle initialement imaginé.

En effet, cette compacte devait initialement faire appel à un moteur rotatif développé par Wankel (notamment utilisé chez Mazda), lequel aurait aussi été utilisé dans plusieurs modèles General Motors.

C’est d’ailleurs GM qui devait fournir cette motorisation à AMC, ce qui n’a finalement jamais été fait. Le géant américain avait choisi en 1974 d’abandonner le projet, principalement pour des questions de durabilité et de coût d’outillage. AMC s’est donc retrouvée, à quelques mois du lancement de son modèle, sans moteur. Il n’était cependant pas question de laisser le véhicule à l’abandon, ce pour quoi AMC a dû piger dans sa propre boîte à outils afin de motoriser celle qu’on allait ultérieurement baptiser l’aquarium. Conséquemment, la Pacer est alors née équipée d’un six cylindres en ligne qui n’avait évidemment pas les vertus d’un moteur frugal, mais qui avait au moins l’avantage d’être fiable et durable.

 

Parmi les caractéristiques inusitées de la Pacer, on dénotait une fenestration comptant pour 37% de la surface globale de la carrosserie. Disponible en version hatchback ou familiale, on lui greffait également une portière droite plus longue de 10 cm par rapport à celle du conducteur, question de faciliter l’accès aux passagers arrière. Parmi les nombreuses éditions produites, mentionnons un modèle équipé de l’ensemble Levi’s, lequel était pourvu de sièges revêtant du denim. En 1978 et 1979, AMC offrait même un moteur V8 de 5,0 litres en option, lequel n’allait certainement pas permettre au constructeur de rivaliser avec les Datsun, Honda et Volkswagen de l’époque.

Chose certaine, cette curieuse automobile qui faisait déjà tourner les têtes au moment où elle était commercialisée est aujourd’hui encore plus inusitée. Et elle fera assurément le bonheur d’un jeune qui l’exposera avec fierté dans le stationnement de son école secondaire. Reste à voir si cette dernière lui permettra d’attirer l’attention des jeunes filles, une histoire à suivre...

 

 

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